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La première victime est le révérend Snyder, agent recruteur et lieutenant au 2nd colored regiment. Un jeune couple, John Donelly et Sally Young, est ensuite pris à partie. Donelly parvient à fuir, Miss Young est capturée, elle va servir de guide et toute la matinée, conduira de petits groupes de guérillas vers les maisons appartenant aux hommes qui figurent sur la liste. Les cavaliers rebelles envahissent les rues. Quantrill ordonne la halte vers le milieu de la ville, il envoie Holt et ses hommes couvrir le coté est, Blunt et les siens vers l'ouest. Un groupe dévaste le petit campement des 24 recrues blanches du 14th Kansas regiment. 7 sont tués, 5 blessés. La cible suivante est le camp du 2nd colored regiment. Les soldats noirs fuient , ils savent qu'ils n'ont aucun espoir de résister et que c'est une mort certaine qui les attend si ils sont capturés. La majorité est abattue. Les guérillas chargent à travers les rues en tirant de tous cotés. L'hotel de la ville est envahi, ses résidents sont épargnés mais ils sont poussés dans les escaliers et dépouillés. Les chambres sont pillées. Ici et là, des maisons commencent à bruler, y compris les bureaux des journaux hais, le « Republican » et le « Kansas Tribune ». les saloons et les magasins sont forcés, le whisky coule généreusement et plus d'un bushwacker est bientôt ivre. Quatorze hommes de la ville se rendent dans la maison Johnson, ils sont conduits dans les rues puis soudain, froidement abattus. Une scène qui se répète à plusieurs reprises. Les guérillas promettent aux hommes qui font mine de résister qu'ils seront simplement rassemblés à un endroit donné, quand ils se sont rendus, ils sont exécutés. Ainsi messieurs Thorpe, sénateur du Kansas, Griswold, trask et Baker, les deux derniers récemment mariés, sont-ils assassinés sous les yeux de leur épouse (seul Baker survivra) ;
En fait, il ne semble pas que les guérillas aient d'abord eu l'intention de tuer tous les hommes en age de porter les armes contre le sud, mais plutôt la volonté de « liquider » tous les citoyens importants de la ville, toujours en suivant la liste pré-établie. Rapidement, pourtant, l'affaire dégénère et les bushwackers abattent tous les hommes qu'ils rencontrent au moindre prétexte. Ici on demande un verre d'eau et on tue l'homme qui vient le servir. Là, un habitant de la ville sauve sa vie et sa maison pour 1 000 $, son voisin en fait autant, le rebelle l'épargne mais le suivant le tue ! Un petit garçon de douze ans est abattu d'une balle en pleine tête car il porte une veste de soldat de l'Union que sa mère lui a confectionné pour jouer… Aucune logique ne préside plus aux opérations, chaque guérilla, livré à lui-même, fait à peu près ce qu'il veut selon son degré de sadisme ou de bonté, et son état d'ébriété plus ou moins avancé. On pourrait raconter une multitude d'histoire à propos du raid de Lawrence, chaque meurtre étant en soi une anecdote particulière ou se mêlent cruauté et violence. A noter que Quantrill lui-même, installé dans un buggy volé, ne prit aucune part à l'action, se contentant d'observer.
Tout en haut de la liste des hommes à abattre figure bien sûr le nom de Jim Lane. Dès les premiers coups de feu, celui-ci avait bondi de son lit, et pieds nus et en chemise, il avait traversé un champ de maïs avant de se réfugier dans un petit ravin. Il parviendra à une ferme ou il trouvera vêtements et monture et tentera de constituer une troupe de volontaires pour s'opposer aux sudistes. Lane échappe donc à Quantrill qui se contente d'incendier sa superbe demeure, quant à Mrs Lane, elle est traitée avec toute la courtoisie possible. Un fait est établi et absolument irréfutable, pendant toute la durée du raid, aucune habitante de Lawrence ne sera molestée par les bushwackers. Non seulement aucun cas de viol ne sera à déplorer, mais les femmes de la ville ne seront même jamais menacées sérieusement. Elles seront parfois injuriées et on leur dérobera tous leurs bijoux jusqu'à leur alliance, mais aucun cas de mauvais traitement ne sera signalé. On a vu que Quantrill ne plaisantait pas à ce sujet. Juste avant l'attaque de la ville, il avait encore répété à tous ses hommes qu'en aucun cas ils ne devraient toucher à une femme, qu'elle soit noire ou blanche, et il faut reconnaître que les guérillas, même ivres, respectèrent scupuleusement cette règle de conduite. On peut spéculer sur leur prétendu sens de l'honneur ou sur la crainte d'un implacable chatiment de la part de leur chef, en tous cas, le fait est là. Le gouverneur du kansas, Charles Robinson, dira même que Quantrill était meilleur que Lane car il préservait les femmes de toute violence « ce que Lane ne faisait pas lors de ses expéditions au Missouri . Pendant tout le temps que dure le raid, les femmes de Lawrence se montrent remarquablement courageuses. Elles sauvèrent bon nombre d'hommes, en les déguisant parfois avec leurs vêtements ou en les cachant dans des caves, il résulta même deux mariages de ces périlleuses histoires ! Elles s'opposèrent autant que possible aux guérillas, s'interposant parfois entre leurs hommes et les révolvers ennemis, elles luttèrent également de toutes leurs forces contre les incendies… Alors que son époux, le juge Riggs, fuyait devant un bushwacker à cheval, sa femme Kate, se jeta au devant de l'animal et se saisit des rènes. Le cavalier tenta de l'ignorer et la traîna ainsi pendue aux brides. Quand il voulut ajuster le juge de son arme, Mrs Riggs tira de toutes se forces, le coup fut manqué et le juge parvint à s'échapper. Il est remarquable que le guérilla ne pensa pas un seul instant à se débarasser de cette femme d'un seul coup de révolver ou même à la frapper pour lui faire lâcher prise …
Les femmes de Lawrence ne furent pas les seules personnes à se montrer courageuses et humaines au cours de ce tragique 21 aout. Un jeune homme, probablement un des fermiers qui avaient rejoint la troupe juste avant le raid, avoua à une femme, Mrs Gordon Grovenor, qu'il était malade de ce qui se passait. Mrs Grovenor raconta « il me dit qu'il n'était venu que pour récupérer quelques chevaux volés et qu'il n'avait tué personne ou incendié aucune maison … »… La plupart des recrues du colonel Holt, et même certains bushwackers, ne prirent aucune part au carnage, montrant aux habitants leurs armes qu'ils n'avaient pas utilisé de la journée et s'excusant pour ce qui arrivait. Quelques-uns intervinrent pour empécher des meurtres, on dit par exemple que Cole Younger sauva une douzaine d'hommes, ou aidèrent les femmes à éteindre les incendies ou sauver leurs biens. Certains bushwackers étaient franc-maçons et plusieurs résidents de la ville furent épargnés par l'emploi de signes secrets destinés à leurs « frères ».
La retraite
Peu après 9 heures du matin, une petite colonne de cavalerie fédérale ayant été signalée dans le lointain, Quantrill ordonne le ralliement au sud de la ville. Il fait ramasser les traînards par William Gregg. Des traînards , il y en a beaucoup, la plupart ivres mort, qui continuent à incendier et tuer. Alors que les bushwackers s'éloignent déjà de la cité en flammes, le dernier, un certain Larkin Skaggs, s'attarde trop à piller une maison, il est rattrapé, abattu et littéralement mis en pièces… A l'exception de Skaggs, trois bushwackers furent blessés pendant l'attaque. Le lendemain, un nommé Tom Corlew, qui avait eu le tort de faire quitter Lawrence à sa famille la veille du raid, est condamné et pendu par un jury improvisé en tant « qu'espion de Quantrill » ! La ville panse ses plaies. 182 édifices dont 100 demeures privées, sont en ruines. Toutes les maisons ont été largement pillées. D'après les meilleures estimations et les plus récentes, le total des morts s'élève à 193, laissant 85 veuves et 250 orphelins. Une trentaine de blessés survécurent. La valeur des biens détruits ou volés fut estimée à 2 millions de dollars de l'époque. Pendant plusieurs jours, Lawrence va vivre sous le choc et dans l'angoisse d'un retour des bushwackers. D'ailleurs une véritable panique va s'emparer de la population quand un cri venu d'on ne sait ou retentira dans la nuit « ils reviennent ! », fausse alerte bien sûr, mais il faudra plusieurs jours pour que les survivants se calment et que les hommes, crispés sur leurs fusils, abandonnent leurs postes dans les champs. Bientôt, les dons vont affluer pour la reconstruction. Un grand bal de charité est donné à Kansas -City au bénfice de Lawrence. Les fermiers des environs apportent des provisions. Les cités de Leavenworth, Wyandotte et Topeka envoient vivres et vêtements. Signalons qu'aucun dédommagement ni pension ne seront jamais versés aux invalides, veuves et orphelins du raid par l'état du Kansas ou le gouvernement fédéral. Ce n'est que le 5 mai 1887 que la chambre des représentants du Kansas adoptera l'arrêté « du raid de Quantrill » fixant le remboursement des propriétés perdues à la somme forfaitaire de 1 500 $ par plaignant !!! A la fin de la guerre civile , Lawrence aura retrouvé sa spendeur , et être un « survivant du massacre » sera considéré comme une distinction jusqu'à la fin du XIX° siècle. Avoir « vécu le raid de Quantrill » vous classant dans les citoyens de marque de la ville.
Pour en revenir à Quantrill, il peut sembler très surprenant qu'une force de 450 cavaliers n'ai pas été répérée au cours de sa progression à travers un territoire hostile. En fait, dans la nuit de 20 aout, un fermier avait signalé les bushwackers à un campement fédéral situé à Aubry. Son commandant, le capitaine Pike avait bien envoyé des messages aux autres postes militaires ainsi qu'au quartier-général d'Ewing à Kansas-City, mais il n'avait lui-même qu'une centaine d'hommes sous ses ordres (il dira plus tard que seul 21 étaient aptes au service ce jour là !), dans ces conditions, toute action aurait été suicidaire contre une force aussi importante (le fermier ayant même estimé les raiders à 800 !). Pike aura pourtant bien des ennuis pour son inaction ce jour là …
La poursuite s'organise après le raid. Le capitaine Coleman rejoint Aubry avec 80 hommes et prend le commandement des forces de Pike. Peu après, il est rejoint par le major Plumb, le chef d'état-major d'Ewing, à la tête de …30 fantassins montés, les seules troupes qu'il a pu rassembler ! la colonne hétéroclite, moins de 200 hommes, se lance derrière les bushwackers. Nous avions laissé le sénateur Lane tentant de regrouper des volontaires. Il était parvenu à rallier quelques dizaines de fermiers armés et montés de toutes les façons possibles , et essayait à présent de rejoindre les guérillas. Ceux-ci avaient des montures plus fraiches et de bien meilleure qualité que leurs poursuivants. Cependant, Plumb et Lane, joignant leurs forces, parviennent à serrer de près l'arrière-garde de Quantrill. Menée par George Todd, celle-ci réussit à stopper l'élan des nordistes. A plusieurs reprises, Quantrill tient en respect les troupes qui le talonnent. Plumb ne lâche pas prise et reçoit le renfort de 150 fermiers sur des chevaux frais. Il en confie la direction au lieutenant Leland qui va harceler la colonne rebelle. Le retraite de Quantrill est un jeu de « combat-repli-combat » incessant. Il y a des pertes des deux cotés et malheur au bushwacker blessé qui tombe entre les mains des yankees ! Les trois blessés de Lawrence, transportés dans une voiture, sont rattrapés, abattus et …scalpés !!! Quantrill commence à disperser ses hommes et une véritable chasse au guérilla, ou supposé tel, se déclenche sur la frontière. Les gens du Kansas ne font pas de prisonniers, pas plus que les redlegs ou même certains officiers de l'Union. Le 27 aout, Ewing rapporte au général Schofield que 80 hommes on déjà été tués « je pense que cela fera largement plus de 100 tués très bientôt, aucun prisonnier n'a été fait et aucun ne sera fait . » Les fédéraux affirment qu'ils ont abattus au moins 150 des raiders de Lawrence, mais les opérations de guérillas de Quantrill reprennent de plus belle après le « retour au pays » comme si la bande n'avait pas souffert de l'opération . Il est plus probable que ceux qui furent tués par les nordistes étaient surtout des recrues du colonel Holt ou des fermiers du Missouri, voir des hommes sans relation aucune avec l'attaque de la ville et qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.
L'ordre N°11
Le 28 aout 1863, des espions signalent que Quantrill, Younger et la majorité de leurs hommes, sont en sécurité de l'autre coté de la « ligne » et les troupes qui menaient la chasse abandonnent une à une . Trois jours plus tôt, le général Ewing, en concertation avec le sénateur Lane, émettait son ordre général N° 11 par lequel il décrétait la déportation de toute la population des comtés de Jackson, Cass, Bates et Vernon au Missouri, une mesure concernant 20 000 personnes ! L'exode se déroule dans des conditions épouvantables, les Missouriens déplacés étaient majoritairement des femmes, des enfants, des viellards, et le peu qu'ils possèdaient leur avait déjà été enlevé au cours des multiples raids commis par les uns et les autres depuis des années. Bien sûr, au cours de ce déplacement de population, les Jayhawkers, menés par Doc jennison et les autres redlegs, ne se privèrent pas d'incendier, piller et assassiner. Moins de six mois plus tard, le 24 janvier 1864, l'ordre N°11 était tempéré et toute personne non « déloyale de façon active » autorisée à rentrer chez elle. Le 28 février , Ewing était muté dans le Colorado, mais ses amis hauts placés intervinrent et il échoua finalement dans le district de St Louis ! Privés de nombre de leurs soutiens et en but aux attaques incessantes des nordistes, les guérillas connurent un hiver difficile. Cependant, en mai 1864, le colonel Ford, à la tête des troupes fédérales du comté de Jackson, avouait que le pays était toujours infesté de bushwackers et que « leurs amis dans tout le pays les ravitaillent… » Inique et impopulaire, l'ordre général N°11 s'était, de surcroît, montré parfaitement inéfficace !
Le déclin de Quantrill
Après Lawrence, Quantrill connut encore le succès, notamment à Baxter Springs ou il manqua de justesse de liquider le général Blunt , puis il passa au Texas ou les autorités confédérées lui confièrent la mission d'arrêter les déserteurs de leur armée, une tâche dont Quantrill ne s'acquitta que très imparfaitement. De plus, sa bande commençait à se désintégrer. Les « meilleurs » éléments, les plus sincères dans leurs convictions en tous cas, étant de plus en plus choqués par la violence aveugle et le relachement général de la discipline. Ainsi s'en allèrent William Gregg et Cole Younger. Les choses s'envenimèrent tellement entre Quantrill et le général McCulloch au Texas que les bushwackers rentrèrent au Missouri. Là, Anderson et Todd, formèrent leurs propres bandes. Supplantant Quantrill, ils furent très actifs au cours de l'été 1864, « Boody » Bill Anderson se distinguant particulièrement par ses atrocités (massacre de Centralia, le 26 septembre ). En fait, la grande époque de Quantrill était passée. Les bushwackers rejoignirent les forces confédérées du général Price au cours de son invasion du Missouri, invasion ponctuée de nombreux pillages, meurtres et violences diverses (et même de viols, signe d'une dégradation nouvelle de la discipline). Todd est tué en octobre et c'est Dave Pool qui prend le commandement. Anderson tombe à son tour vers la fin de la campagne qui voit la défaite définitive de Price et la fin de toute résistance sudiste dans la région . Les bushwackers s'étant largement impliqués dans cette campagne sont pratiquement éliminés du Missouri. C'est à ce moment que Quantrill, qui n' a suivit les opérations que de très loin, décide de partir vers l'est. On lit encore souvent que son objectif était d'aller assassiner le président Lincoln, il semble plutôt qu'il voulait absolument gagner la Virginie ou il avait l'espoir d'effectuer une reddition en règle en rejoignant l'armée du général Lee. Il savait très bien qu'il n'avait aucune chance en restant au Missouri ou dans l'ouest. Plusieurs des hommes qui le suivirent jusqu'au bout confirmèrent cette intention de se rendre en Virginie quand ils furent capturés peu après leur arrivée au Kentucky. Trente trois hommes accompagnaient Quantrill dans son ultime chevauchée, dont les frères James. Après un périple semé de multiples embûches, embuscades et pillages, au cours desquels la petite troupe s'amenuisait peu à peu, quantrill fut finalement blessé le 10 mai 1865 dans un accrochage à la ferme Wakefield. Paralysé par une balle logée dans sa colonne vertébrale, il fut transporté à Louisville ou il s'éteignit le 6 juin. Il avait 28 ans.
En guise de conclusion
Militairement parlant, le raid de Lawrence est une splendide opération dans le sens ou la chevauchée en territoire ennemi et le retour furent pleinement réussis avec un minimum de pertes. Seulement le raid ne peut justement pas être considéré comme une opération militaire mais comme un acte de vengeance, largement conduit dans la perspective d'un riche butin. On pourrait presque dire que, comme au XVII° siècle le fit Morgan avec ses flibustiers, Quantrill conduisit ses « pirates » à l'assaut d'une ville ennemie. Pourtant, le raid sur Lawrence est plus que cela, c'est incontestablement un acte de guerre, mais une guerre qui n'a rien à voir avec les champs de bataille de l'est , ni même avec la « marche vers la mer » qu'accomplira Sherman un an plus tard. Quantrill a porté la terreur chez ses adversaires, comme ceux-ci l'ont fait tant de fois dans un Missouri abandonné par la Confédération. Seule l'ampleur de cette revanche en fait un événement « remarquable », 450 hommes détruisant une ville de plus de 2 000 habitants, on n'avait encore jamais vu cela dans le coin ! Bien sûr le massacre de près de 200 hommes, la plupart désarmés, reste inexcusable, tout comme le sont les crimes commis à Osceola, Baxter Springs et ailleurs. Le nombre des victimes est impressionnant, mais l'horreur est-elle moins grande quand un seul fermier est exécuté par des jayhawkers sous les yeux de sa famille ? Quantrill fut considéré comme un bandit sans foi ni loi, des membres de sa bande devinrent effectivement des bandits après la guerre, mais un Lane ou un Jennison valaient-ils mieux qu'un Quantrill ou qu'un James ? Les deux premiers cités sont dans le camp des vainqueurs, les deux autres dans celui des vaincus, à eux donc le mauvais rôle…
P.Ailliot (cet article est paru dans le N°47 du « Courrier de la Guerre d'Amérique » revue interne du Club Confédéré et Fédéral de France) CCFF2001
Sources :
« The devil knows how to ride, the true story of William Clarke Quantrill and his confederates raiders » Edward E.Leslie "Gray Ghosts of the Confederacy, guerrilla warfare in the west 1861-1865" Richard S.Brownlee "William Clarke Quantrill" Albert Castel "Spies , scouts and raiders, Time Life Books "Civil war on the western border, 1860-1865"James Monaghan "The vengeful war of W.C.Quantrill" A.Castel dans "Civil war" janv/fev 1992 "Quantrill's Lawrence Kansas raid" D.E.Stinson jr dans CWTI dec 1963
Les films sur le raid de Lawrence:
« dark Command » 1940 de R.Walsh « The woman they almost lynched » 1953, A Dwan "Quantrill's raiders" 1958 E.Brend « Kansas raiders » 1950 « the desperados » 1969, I Allen et "Ride with the devil" 1999, de loin le plus credible historiquement !!!
Signalons également les BD de la « jeunesse de Blueberry » : « les démons du Missouri » et « Terreur sur le Kansas » par Charlier et Wilson qui traitent de Quantrill et de Lawrence en prenant d'énormes libertés avec l'histoire et en présentant une version des faits très personnelle dénuée de toute véracité. Quand à l'album des Tuniques Blueues : « Quantrill » de Lambil et Cauvin , il n'a aucune valeur historique mais ce n'était certainement pas son objectif…
Brève biographie des deux « meilleurs ennemis » de Quantrill :
James Henry Lane (1814-1866)
Démocrate, ex-lieutenant gouverneur de l'Indiana, il sert avec distinction pendant la guerre du Mexique avec le grade de colonel. Il n'est en rien abolitionniste mais rejoint le parti du « Kansas état libre » en 1856 par pur opportunisme. Il se distingue par ses raids brutaux dans l'est du Kansas et l'ouest du Missouri par lesquels il libère de nombreux esclaves. Cependant il votera plus tard la loi interdisant aux noirs de résider dans l'état ! Elu sénateur républicain en 1861, ardent supporter de Lincoln, Lane et ses « frontier guards », une bande de gars du Kansas , servent de gardes du corps au président , à Washington, dans les jours troublés du printemps 1861. En remerciement, il obtient le grade de brigadier-général de volontaires en juin et le soutien quasi inconditionnel de Lincoln. De retour au Kansas, il lève une brigade qui combat les confédérés de Price et pille le Missouri. En janvier 1863, il est l'un des premiers à organiser un régiment noir. Après Lawrence, Lane est sévèrement discrédité et lors des élections de 1864, il est accusé de corruption et d'inaptitude. « Homme à femmes » , de nombreuses rumeurs circulent sur ses « inconduites », il est même cravaché en pleine rue à Washington pour avoir fait d'indécentes propositions à une dame ! Malgré tout, sa participation à la campagne qui défait price en 1864 lui vaut sa rééelection au sénat. Ayant perdu son protecteur avec l'assassinat de Lincoln, Lane se commet avec le nouveau président , Johnson, et perd le soutien des radicaux. Cette fois, sa carrière est brisée. Après une première tentative de suicide manquée, il se tire une balle dans la bouche le 5 juillet 1866 et agonise pendant dix jours. « Lane a terminé sa carrière de la façon qui convenait à ce qu'avait été sa vie » écrira un journal du Kansas…
Charles r. Jennison dit « Doc » (il a été médecin), (1834-1884)
Abolitionniste convaincu, il chevauche avec James Montgomery, un autre « jayhawker », pendant la période du « Kansas sanglant ». Au début de la guerre, ses pillards deviennent compagnie de milice du Kansas, puis unité de cavalerie de l'armée de l'Union (7th kansas vol.). Le capitaine Palmer de l'US army le décrit comme « Un couard et un meurtrier commandant à peine plus qu'une bande armée ». Jennison ne fait aucune distinction entre unionistes et pro-confédérés quand il pille, vole etc… « Les hommes de Jennison ne sont qu'une bande de voleurs… ils déshonorent le nom et l'uniforme du soldat américain et conduisent des unionistes dans les rangs sécessionnistes. Leur conduite pendant les six derniers mois nous a couté 20 000 votes dans l'état » , rapporte le général nordiste Halleck. Le 10 avril 1862, jennison démissionne et incite ses hommes à la désertion, il est emprisonné mais libéré sur intervention de ses amis abolitionnistes. On le retrouve combattant Price en octobre 1864. Il est mis en déroute à Byram's ford le 22 par les hommes de Shelby. Malgré cette défaite, il obtient la considération du général Blunt pour sa férocité dans l'action mais commet une bévue en accusant un officier de ce même Blunt. Jennison passe en court-martiale pour ses crimes pendant la campagne et est démis de ses fonctions le 20 mai 1865. Après la guerre il exerce divers métiers et se fait remarquer par ses positions contre le vote des noirs et la corruption des républicains. Très malade, il s'éteint le 21 juin 1884.
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