Pour vivre et prospérer il suffisait aux Indiens de respecter la nature.
" Le monde est une bibliothèque dont les livres sont les pierres, les feuilles, l'herbe, les ruisseaux et les animaux."
Cette relation avec la nature a influencé l'art des Indiens.
Si les premières représentations qu'ils conçoivent
sont figuratives, très vite leur art va devenir hautement stylisé.
Pour eux, tout est symbole dans l'univers et l'art est une façon
de capter les formes éternelles qui se camouflent sous l'apparence
des objets et des êtres.
Chaque figure, chaque couleur qui ornent les habitations et les
visages des Indiens ont une signification très précise:
Dans le bleu, il y a l'eau et le ciel, dans le vert, la chaleur
qui fait épanouir la prairie.
Les oeuvres d'art n'ont pu être daté qu'à partir de 1850 car la plupart des ouvrages plus anciens sont tombés depuis longtemps dans l'oubli soit délabrés, soit détruits par la nature ou la main de l'homme.
Le plus grand talent de l'Indien était son habileté
à s'adapter rapidement au milieu dans lequel il se trouvait et de
tirer le plus grand avantage esthétique des ressources de
cet entourage.
Il n'existe presque pas de domaine dans lequel il n'ait pas réussi
à s'accommoder.
L'Indien avait l'ambition de mener une vie agréable et le
souhait de satisfaire son besoin de paix spirituelle, de sécurité
familiale et d'enrichissement de l'âme.
Pour réaliser ces oeuvres d'art, l'Indien utilisait différents
matériaux: bois, os, métal, ivoire, textiles. L'ivoire dont
la beauté est reconnue, était considéré comme
un matériau précieux et sculpté en formes multiples.
Certaines créations sont incrustées de nacre ou de
métal et ornées de dessins. Ces réalisations ont un
but représentatif. A l'origine, elles accentuaient la richesse ou
le rang social de leurs propriétaires.
L'usage d'un grand nombre de masques au cours des cérémonies,
soit à des fins religieuses courantes, soit afin de souligner la
puissance sociale ou le prestige est fort connu.
Ils représentaient souvent des personnages légendaires
ou personnifiaient des êtres mythologiques.
Dans la région du Nord-Ouest,
la création la plus célèbre fut celle des grands mâts
totémiques peints et sculptés dont certains atteignent une
hauteur de 24m.
La plupart date de 1825.
La profusion d'arbres grands et droits, dont le bois était
propice à la sculpture a permis aux Indiens de sculpter l'histoire
de leurs familles. Ils combinent l'histoire des ancêtres, la lignée
du clan et les narrations historiques en une seule représentation
artistique.
A notre époque, la vannerie est surtout pratiquée par
les Hopis, les Apaches et les Pimas.
C'est dans le domaine de la céramique que furent crées
et que demeurent les oeuvres les plus remarquables. Le décor possède
une certaine ressemblance avec l'appliqué, technique également
employée pour la décoration des poupées Katchinas,
si connues et si appréciées par les collectionneurs du monde
entier.
Tous les arts du Sud-Ouest offrent une richesse de mouvement, de
vie et de couleur, exprimée d'une façon absolument individuelle,
et ils ont pour la plupart une longue tradition qui remonte généralement
jusqu'à la préhistoire.
Plus récemment s'est développée l'école
contemporaine de l'aquarelle. Mais dans le Sud-Ouest, la coutume de peindre
en couleurs mates sur une surface d'argile remonte à des temps préhistoriques.
Collection L'ART DU MONDE " L' Amérique précolombienne"
de Ferdinand Anton et Frederick J . Dockstader.
Editions Rencontre - Lausanne.
" Pour nous l'art est sacré. Nous respectons les objets que
nous faisons. Nous ne les faisons pas pour les vendre. C'est la même
chose pour nos statuettes Katchinas, elles sont destinées à
éduquer nos enfants.
Grâce à elles, ils peuvent comprendre notre religion.
Les Blancs nous ont transformé dans notre art. Il est devenu
décoratif. Nous ne savons faire que ce qu'on attend de vous. "
La paroi des pots en argile est façonnée uniquement
à la main ( par plaques ou boudins assemblés ). Lorsque le
vase est sec. Le potier gratte la surface puis applique l'engobe fait d'un
mélange d'argile et d'eau pour donner la couleur et enfin ponce
avec un silex .
Les motifs traditionnels sont peints à l'aide d'un pinceau
en fibre de yucca.
Chaque tribu a sa couleur.
Quand le vase est achevé, il est cuit dans un four
constitué d'un tas de bouses de vache et de mouton. Tout est recouvert
de bouses. Le feu est allumé le matin quand le vent est faible pour
que les flammes ne soient pas trop fortes.
La cuisson dure seulement une heure et demie.
Quand il ne reste que des cendres, elles sont écartées
et le vase dégagé refroidit.
Il servira probablement à transporter du maïs, de la
farine, de l'eau.