HISTOIRE
Tout d'abord , voici quelques dates importantes pour vous situer dans le temps :

1540 : Les Espagnols arrivent au Nouveau-Mexique
1682: Cavelier de la Salle prend possession de la Louisiane pour le roi Louis XIV
1764: Les français fondent Saint- Louis
1776 : Indépendance des Etats- Unis
1806: Expédition Lewis et Clark de Saint-Louis au Pacifique.
1807- 1840 : Epoque de la fourrure dans le Grand Ouest.
1822- 1846 : Epoque du commerce de Santa Fé
1836: Massacre de la garnison de l'Alamo, à San Antonio ( Texas)
1847: Les Mormons ouvrent la piste des chariots pour l'Ouest et fondent Salt Lake City (Utah)
1848 : Découverte de l'or en Californie.
1849 Ruée vers l'or de la Californie et fondation de San Francisco
1852 - 1862 Création de compagnies de diligences.
1860 -1861 Epoque du " Pony Express"
1863 - 1869 : Construction du premier chemin de fer transcontinental
1866- 1890: Epoque du cow-boy
1870-1890: Le fermier s'installe dans l'Ouest
1862- 1890: Epoques des guerres indiennes: Ces trente années disent , de manière répétée, des histoires de traités rompus unilatéralement par les Tuniques Bleues, d'embuscades et de tueries expéditives, voire de carnages parmi les populations " civiles " indiennes femmes, enfants et vieillards.
Les traités qui président  au rachat des terres ne sont pas respectés: les Indiens sont parqués dans des réserves où le sol et le gibier sont pauvres. Quant aux vivres, marchandises, dédommagements financiers prévus par le gouvernement de Washington, ils sont systématiquement détournés par les agents du Bureau des Affaires Indiennes.
1889- 1901 :Ruées vers les terres de l'Oklahoma.
 



" Le jour  où la première botte espagnole a foulé notre sol, notre mère nourricière, tout a changé. C'était la condamnation de notre peuple".

Le manque de cohésion entre les différents peuples indiens va faire faciliter la tâche des consquitadors espagnols qui pénètrent dans les terres, à la recherche de mines d'or et d'esclaves pour les exploiter.
Rien ne pouvait arrêter les Espagnols dans leur oeuvre de destruction. Nombreux et bien armés , ils n'ont pas trop de mal à soumettre les Indiens armés de flèches et de massues. Mais l'ambition des envahisseurs est plus large. Après avoir dépouillé les Indiens, ils sont décidés à sauver leurs âmes en les convertissant au catholicisme.
Persuadés de leurs bons droits, ils tuent ceux qui refusent . Les Espagnols empêchent les Indiens de pratiquer leurs rites. Certains sont emprisonnés pour sorcellerie ou pendus.
Les cérémonies se pratiquent alors en cachette la nuit.

Pour les Européens qui la colonisèrent, l'Amérique du Nord était le "Nouveau Monde"; mais en réalité, cet immense continent était aussi vieux que l'Europe. Au XIVe et XVe siècles, il se présentait comme une succession de montagnes enneigées, de forêts sombres, de déserts brûlants et de plaines infinies, abritant des plantes et des animaux inconnus en Europe : tabac, pommes de terre, grizzlis, coyotes et dindons sauvages.
En 1492, lorsque Christophe Colomb débarqua aux Bahamas, il y fut accueilli amicalement par les Arawaks. Convaincu d'être aux Indes, Colomb leur donna le nom d'"Indiens".
Ce vaste continent était peuplé depuis 25 000 ans au moins par des tribus venues d'Asie par vagues successives. Colomb était au service de la reine Isabelle d'Espagne, et les Espagnols furent donc les premiers à s'établir sur le continent.
Ils explorèrent toute la côte Ouest, à la recherche d'El Dorado, un pays légendaire aux rues pavées d'or.
En 1776, " La Nouvelle Espagne " s'étendait jusqu'à San Francisco, en Californie.

Lorsqu'à la fin du XVIIIe siècle, l'Espagne cède la Californie au Mexique, la population indienne a déjà diminué des deux tiers. Mais le coup final va venir de l'expansion américaine.
 



A partir de 1840, les colons affluent à la recherche de nouvelles terres et en 1847, ils parviennent à arracher au Mexique, le Texas, la Californie et le Nouveau - Mexique.
Moins d'un an après la première pépite d'or est découverte dans la petite ville de Maïdon.
Les colons n'avaient qu'une visée se développer, construire un pays à leur image même ceux qui n'étaient pas hostiles aux Indiens ne pouvaient pas renverser l'ordre des choses.

"Il n'y aura aucune négociation avec les Indiens. Tous les hommes seront tués. Les femmes et les enfants seront faits prisonniers" dit le Général James Carlton.
Ce sont les premiers affrontements d'une longue guérilla.
" Si nous voulons vaincre, il n'y a qu'une solution. Il faut que les Peaux -Rouges s'unissent et revendiquent leurs droits. Depuis toujours  nous avons partagé la terre de nos ancêtres. Il ne faut pas laisser l'ennemi blanc nous diviser. Aucune tribu n'a le droit de vendre la terre indienne ni à ses frères ni à l'étranger. Vous voulez vendre notre pays pourquoi ne pas vendre l'air, les nuages ou la grande mer dans ce cas".

Pendant près de quarante ans, les tribus indiennes vont mener un combat désespéré pour sauver leurs terres. "C'est le formidable choc de deux races , de deux cultures que rien n'avait préparées à une confrontation pacifique. La victoire du plus fort. Récits répétitifs où, le plus souvent, les Indiens manifestent aux Européens leur hospitalité , et en retour, répétitifs aussi, les massacres perpétrés par les Blancs.
Citons seulement le massacre des Sauks et des Fox, du chef Black Hawk en 1832, celui des Cheyennes du chef Black Kettle en 1864, à Sand Creek au Colorado, le massacre des Sioux de Sitting Bull en 1890 à Standing Rock Reservation et l'assassinat de Sitting Bull lui-même, et enfin le massacre le plus tristement célèbre, en 1890 toujours, à Wounded Knee dans le Dakota du Sud.
Bien sûr , il y eût  des Blancs pour tenter d'arrêter le carnage, on ne peut taire le nombre impressionnant des grands tueurs, parmi lesquels, Juan Ponce de Léon en Floride, Hernando de Soto, Custer, Le colonel Chivington. On ne peut oublier non plus la terrible litanie des grandes déportations des Cinq Tribus civilisées vers l'Oklahoma et celle des Cherokees  de leur Géorgie natale vers l'Oklahoma encore, de toutes les déportations la pire d'entre elles est connue dans l'histoire  sous le nom de " Piste des larmes". Les soldats à cheval forcèrent à marcher, pendant 1750 kilomètres jusqu'à l'épuisement, 15 000 Indiens, hommes, femmes et enfants: 4000 d'entre eux devaient mourir en route.
Les grands chefs de la résistance indienne, tous martyrs, le roi Philip, Joseph Brant, Black Hawk, Cochise, Géronimo, Chief Joseph, Crazy Horse, Sitting Bull.
A ce noir tableau, il faut rajouter la liste des maladies apportées par les Blancs.
En fin un dernier énoncé: celui des tribus disparues, victimes d'un génocide plus ou moins conscient et organisé. L'un des plus grands chefs de la résistance indienne Tecumseh, un Shawnee, s'écriera un jour et sa lamentation est passée à l'histoire: " Où sont aujourd'hui les Pequots? Où sont les Narragansett, les Mohicans, Les Pokanoket et tant d'autres tribus de notre peuple, autrefois si puissant? " Tant d'autres tribus : des centaines."
 



Sur la piste des larmes , vers les années 1830, une colonne de Cherokees accablés fait route vers l'Ouest, gardée par des soldats des Etats - Unis, en tuniques bleues. Chassés de leurs territoires montagnards par le gouvernement fédéral , les Cherokees et les principales tribus du Sud- Est furent contraints à émigrer vers une région faiblement peuplée du territoire indien, l'Oklahoma actuel. Pendant des années, les Cherokees combattirent devant les tribunaux fédéraux la politique de déplacement des Indiens, mais en vain. La marche vers l'Ouest fut marquée de nombreuses souffrances; cependant les survivants réussirent à refaire leur vie sur le nouveau territoire en Caroline du Nord.

Le 25 Juin 1876: affrontement à la Little Big Horn dans le Montana: le Général Custer, responsable du massacre de Washita en 1868 y trouve la mort avec tous ses hommes.

En Décembre 1890, le massacre par l'armée américaine des Sioux de Sitting Bull  dans le Dakota marque la fin des guerres indiennes.
Lles Indiens disparaissent alors de l'histoire. Ils deviennent les grands oubliés de l'Amérique.

"Tant que nous avons eu des fusils et de la poudre nous nous sommes battus et s'il nous en restait nous continuerions à nous battre. Mais nous sommes épuisés, nous n'avons plus de  provisions et plus de raison de vivre. Vos soldats sont partout, vous nous avez chassés de nos montagnes, nous n'avons plus le coeur à vivre".

 C'est en 1924 que les Indiens sont devenus citoyens américains. En 1930, de grandes réformes reconnaissent officiellement l'existence des territoires indiens, les structures tribales sont renforcées pour que les Indiens continuent à garder leur intégrité.
Un grand nombre d'Indiens sont revenus du front après la deuxième guerre mondiale avec la détermination de vouloir affirmer leur rôle dans la société américaine contemporaine.
Malheureusement, les années 50 sont une mauvaise période pour eux parce-qu'on voulait dissoudre leurs territoires et supprimer leurs réserves. Ils allaient devenir des citoyens américains comme tout le monde. Les Indiens ont  lutté pour la défense de leur territoire, de leur souveraineté c'est une façon d'affirmer leur identité qui soudain se trouvait niée.

En 1968, création du qui A. I. M ( American Indian Mouvement) est un mouvement de contestation Il se manifesta à de nombreuses reprises.


 



Les Réserves

En 1887, on créa les réserves en attribuant des terres aux Indiens. Mais leur espace progressivement grignoté au cours d'opérations de colonisation ou de représailles contre les attaques des trains des premiers transcontinentaux. Il fallut attendre 1950 pour que soit entreprise une politique d'intégration.
Francis Jeffard, Directeur de la Collection Paroles d'Indiens chez Albin Michel nous en parle: " Si on repart de la fin des guerres indiennes en 1890, on a une mosaïque indienne puisque l'Amérique contient pas moins de 500 Nations dont certaines sont en voie d'extinction surtout dans l'Est des Etats-Unis où parfois, il reste 30 ou 50 ou 100 membres. On a là une population qui est en véritable état de choc, dont on a détruit le style de vie, le mode de vie, l'existence. Dont les fils barbelés, c'est-à-dire la propriété telle que les Blancs l'entendent, a complètement brisé la structure de son environnement et ont installé les Indiens sur des réserves.
On a en France, une mauvaise idée de ce qu'est une réserve. A savoir que c'est un territoire réservé. Encore actuellement, il y a trois cents réserves qui sont reconnues par le gouvernement fédéral aux Etats-Unis et ce sont des endroits où à part les crimes de sang, l'Amérique n'intervient pas ou en étroite collaboration avec un gouvernement tribal.
A savoir que les Indiens dirigent eux-mêmes leurs réserves, que la justice est indienne, et que tout ce qui est administratif, santé et éducation, est contrôlé par un organisme qui a été pendant longtemps l'adversaire des Indiens, LE B. I .A, le Bureau des Affaires Indiennes."

A  la fin du siècle dernier, les Américains obligent les Indiens à aller à l'école, loin de leur famille. L'objectif : que le savoir-faire et la culture indienne peu à peu disparaissent.
Relégués au fond de réserves, les Indiens en sont réduits à monnayer leurs services auprès des touristes ou à fabriquer de l'artisanat pour survivre.
Toutefois peintures, masques, objets témoignent de l'originalité et de la qualité de leur art traditionnel qui s'est adapté à de nouveaux motifs et de nouvelles modes.
    Il y a actuellement un peu plus d'un demi - million  de personnes reconnues comme Indiens par les lois fédérales: 547 tribus sont reconnues.
Les réserves se trouvent principalement en Oklahoma, en Arizona et au Nouveau Mexique.
Des réserves moins importantes sont disséminées sur tout le territoire des Etats-Unis:
800 000 Indiens y vivent.
Le système politique dans les réserves est sous une double autorité: celle du gouvernement fédéral et celle d'un conseil tribal.
Leurs religions : le christianisme, culte composite à coloration chrétienne chez les Iroquois de l'état de New - York; culte peyolt, d'origine mexicaine.
L'espérance de vie est de 46 ans alors que celle des Américains se situe au-dessus de 70 ans.

La mentalité indienne
" Ces hommes ( qui ne bâtissaient ni pyramides, ni cathédrales) avaient trouvé leur juste place dans le cosmos, au sein d'une nature qu'ils respectaient et adoraient. Ils  ne cherchaient pas à accumuler richesses et bien-être, mais à se forger une âme forte en harmonie avec le monde. Savoir s'intégrer respectueusement à l'univers des forêts ou des plaines, savoir reconnaître l'étincelle du sacré dans chaque parcelle de vie ...Voilà l'essentiel de leur philosophie."

"On est face à des gens qui ont encore gardé un sens de la communauté très, très fort. Où l'individualisme attire presque la honte et les reproches.
On se fait bien voir aux yeux des siens en étant quelqu'un de généreux et de désintéressé, où l'argent n'est qu'un vecteur d'échange et où il y a plus d'honneur à le distribuer, à le donner qu'à l'amasser.
Quand on a une culture fondée sur le respect des enfants, des vieux, sur la solidarité, sur le sentiment de faire véritablement parti d'un groupe. Il n'est pas facile de vivre dans un univers où l'individualisme et le matérialisme forcené sont rois et où les problèmes de sociétés engendrent des laisser- pour - comptes"

Les Indiens aujourd'hui:

Les Indiens ont toujours apporté le plus grand soin à l'éducation de leurs enfants. Pour eux, la vie est un relais que l'on se passe de génération en génération.
Tant qu'il y aura un enfant pour écouter une légende, pour assister à une cérémonie, pour répéter les gestes ancestraux, la nation indienne continuera à vivre.

"Etre reconnu non seulement comme un américain à part entière mais aussi comme les héritiers d'une culture qui a le droit de vivre. C'est la grande revendication des Indiens d'aujourd'hui."

" Notre passé vit en nous, nous n'avons pas le droit de l'oublier même si notre époque est difficile à vivre, il nous faut marcher ensemble vers l'avenir".

" La spiritualité est la seule chose sur laquelle nous pouvons compter.C'est quelque chose d'aussi précieux et délicat qu'une braise.Allons-nous souffler dessus pour qu'elle continue à brûler ou allons-nous, nous en débarrasser. Notre culture, notre langage, notre histoire ressemble à un feu qu'on aurait éteint de force.
Après la nuit a régné pendant deux cents ou trois cents ans. Notre rôle quelque soit la façon dont nous décidons de vivre , est de sauvegarder ces braises, de les rassembler et de souffler sur elles. Alors peut-être qu'une flamme jaillira autour de laquelle nous pourrons tous nous réchauffer."

"Les tribus succèdent aux tribus, les nations succèdent aux nations comme les vagues de l'océan. Ainsi va la nature, rien ne sert de s'en plaindre.
Notre déclin n'est peut-être pas pour demain mais il viendra, car même le visage pâle qui a parlé et marché avec Dieu comme avec un ami, ne pourra échappé à la destinée des hommes ".
Nous finirons sûrement par être frères un jour, cher Seattle.
 

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