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Jean-Baptiste Cotelier (1627-1686)
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Nouvelles de la République des Lettres, August 1686, pages 977-978:
M. l'Abbé Galois si fameux par son Journ. des Sçavans avoit été fait Professeur en Mathématique à la place de feu M. Blondel, mais il vient de quitter ce poste pour celui de Professeur en Langue Gréque qui étoit vacant depuis le 12. de ce mois par la mort du Sçavant M. Cotelier, Licentié en Théologie de la Maison & Société de Sorbonne. Il étoit de Nimes, & fils d'un Ministre qui changea de Religion. On voit dans le Procés verbal de l'Assemblée du Clergé de 1641. que cet Ex-Ministre presenta ce fils à l'Assemblée, & que le jeune garçon âgé d'environ 12. ans expliqua facilement la Bible en Hebreu à l'ouverture du livre, & rendit raison des difficultéz qui lui furent formées tant sur la construction de la Langue que de ce qui dépendoit des usages des Juifs. Il expliqua couramment le N. T. Grec, & fit quelques démonstrations de Mathématique, sur quoi il fut résolu que la pension de son Pere qui n'étoit que de 600. livres seroit augmentée de 400. francs, & qu'on lui payeroit comptant la somme de 100. écus pour l'aider à acheter les Livres nécessaires.Comments:
Voici les livres que M. Cotelier a fait imprimer en divers temps. Joh. Chrysostomi homiliae 4. in Psalmos & interpretatio Danielis. Paris. apud Lud. Billaine 1661. in 4.
Opera sanctorum Patrum qui temporibus Apostolicis floruerunt. Paris. apud Petrum le Petit 1672. 2. vol. in fol.
Ecclesiae Graecae Monumenta. Paris. apud Franc. Muguet 1677. 1681. 1686. 3. vol. in 4.
Journal des sçavans du Lundy 2. Septembre M.DC.LXXXVI., page 274-275:
JOURNAL ECCLESIAE GRAECAE MONUMENTA. tomus tertius, Aut. Ioh. Bapt. Cotelerio Soc. Sorb. &c. à Paris chez Fr. Muguet. 1686.Comments:
La perte que la Rep. des Lettres vient de faire de cet Auteur nous oblige de laisser, à cause du peu d'espace qui nous reste, le detail des pieces rares qu'il publie dans ce volume, pour parler de ses bonnes qualitez & rendre justice à sa memoire, à son sçavoir & à son merite.
ELOGE DE M. COTELIER.
Jean Bapt. Cotelier avoit pris naissance dans la ville de Nismes en Languedoc. Il estoit fils d'un Ministre de ce pays qui s'estant converti à la foy Catholique prit un soin particulier de l'élever dans l'étude des langues & des sciences afin de le rendre capable de servir un jour l'Eglise. Il répondit si heureusement à ces soins que dés l'âge de 12. ans ayant esté introduit dans la salle de l'Assemblée generale du Clergé de France qui se tenoit à Mante en 1641. il expliqua facilement la Bible en Hebreu à l'ouverture du livre. Il rendit en mesme temps raison des difficultez, qu'on luy forma tant sur la construction de la langue Hebraïque que sur ce qui dépendoit des usages des Juifs. Il expliqua aussi couramment le nouveau Testament Grec, & fit ensuite quelques demonstrations de Mathematique en expliquant les definitions d'Euclide : ce qui le regarder dés lors comme un prodige, & luy acquit l'estime & l'affection de tout le Clergé.
Depuis ce temps là il a fait de si grands progrez dans les sciences par la nouvelle application qu'il y a donnée, qu'on l'a regardé comme un des plus sçavans hommes du temps. Il fut élevé il y a quelques années à la charge de Professeur Royal en langue Grecque ; & il s'est tellement perfectionné dans la connoissance de cette langue qu'il ne cedoit ni aux Budez, ni aux Turnebes, ni aux Toussains, ni aux Danés, ni aux Estiennes, ni aux Chrestiens, ni aux Casaubons, ni aux Petaus, ni enfin aux Valois que tout le monde sçait avoir esté là dessus de fort grands hommes.
On a veu des preuves dans les livres qu'il a fait imprimer en divers temps, s'occupant entierement à éclaircir les antiquitez Ecclesiastiques. Les 4. Homelies de S. J. Chrisostome sur les Pseaumes & son interpretation du Prophete Daniel furent le premier de ces ouvrages. Il les publia en 1661. avec leurs traductions latines en un volume in 4. Onze ans apres sçavoir en 1672. il nous donna 2. vol. in fol. de pieces de la primitive Eglise sous le titre de Opera sanctorum Patrum qui temporibus Apostolicis floruerunt. Celles qui ont esté reconnuës & autorisées par l'Eglise, accompagnées de notes fort sçavantes & fort judicieuses, comme l'a reconnu hautement M. du Cange dans la preface de son Glossaire de la basse latinité. Le merite de l'Auteur, joint au malheur qu'a eu le Libraire de perdre une partie de cette Edition dans l'embrasement du College de Montaigu a fait que cet ouvrage est devenu fort rare.
Nous avons encore de luy les pieces ou Monumens de l'Eglise grecque dont ce volume est le 3. Les 2. premiers ont esté imprimez en 1677. & en 1681. On voit dans les uns & dans les autres des corrections & des notes qui marquent un profond sçavoir, & qui renferment un grand nombre de belles observations critiques sur les matiéres & sur les auteurs de ces piéces, aussi bien que sur la langue grecque.
Mais ce qui rend l'érudition de M. Cotelier encore plus recommandable, c'est que c'estoit un homme d'une probité digne des premiers temps, sans faste, sans ostentation, & rempli d'une modestie surprenante. Il l'a fait paroistre également dans toutes ses actions & dans ses écrits ; & il n'y a pas de doute que des qualitez si rares ne fassent revivre à jamais sa memoire parmi les sçavans. Il mourut en cette ville le Lundy 12. du mois dernier & il fut inhumé dans l'Eglise de S. Benoist sa Parroisse.
Letter from François Graverol to Louis de Rechignevoisin de Guron, bishop of Comenge, at the beginning of Sorberiana sive excerpta ex ore Samuelis Sorbiere, Toulouse, 1694.
Voila, Monseigneur, tout ce que j'ai pû aprendre des Ouvrages & des particularitez de la vie de Sorbiere. Je vous en dirai beaucoup moins de Jean Baptiste Cotelier, qui étoit un homme d'une vie exemplaire & d'une profonde érudition, parce que le Journal des Sçavans du second du mois de Septembre de l'année derniere où l'on voit son éloge, sans que la complaisance ou la flaterie y soient entrés pour rien, en a dit autant qu'il faut pour le faire bien connoître. Je diray seulement qu'il étoit Docteur en Théologie, de la maison & Societé de Sorbornne, mais fort bon Théologien, Professeur Roial en langue Greque, & que les ouvrages qu'il a publiez font beaucoup d'honneur à sa mémoire.Comments:
Le premier qui parut en l'année 1661. contient quatre Homelies sur les Pseaumes & l'interprétation de la Prophetie de Daniel, qu'il atribuë également à saint Jean Chrisostome, quoi que plusieurs sçavans ne veuillent pas bien reconnoître le stille de cét ancien Pere de l'Eglise dans cette interprétation, qui en éfet ne porte pas son nom dans le manuscrit qui se trouve en la Bibliotéque de l'Escurial, Ces quatre Homelies, qui ne sont qu'une partie des sept que l'on voit dans ce manuscrit, avoient été déjà publiées, aussi bien que cette interprétation de Daniel, par un Religieux du Monastére de saint Laurens de l'Escurial, nommé Frére Gabriel de saint Hierôme ; mais sa version latine fut faite avec tant de précipitation & avec tant de negligence, tout sçavant Theologien qu'il étoit, que cela porta Monsieur Cotelier d'en donner une de sa façon qui est parfaitement bien faite. Il est même certain que si l'ami qu'il avoit employé pour transcrire les autres vingt-trois Homelies ne fut pas mort, il les eut aussi données au public comme il l'avoit fait esperer.
En l'année 1672. il fit imprimer en deux Volumes in folio les oeuvres des saints Péres qui avoient fleuri du tems des Apôtres, tant celles qui avoient été publiées, que celles qui ne l'avoient pas été, & tant les véritables que les suposées : Ainsi l'on voit dans ce beau recueil les oeuvres atribuées à Barnabé, à Clement, a Ignace, à Policarpe & à Hermas, qui est le même que celui que saint Paul saluë dans son Epitre aux Romains : Ces deux Volumes sont devenues assez rares depuis l'incendie qui arriva chez Petit qui les avoit imprimez, & qui consuma une bonne partie des exemplaires qui avoient été tirez.
Enfin Cotelier commença de publier en l'année 1677. ses monumens de l'Eglise Greque, dont le second Tome parut en l'année 1681. & le troisiéme en l'année 1686. On a eu raison de dire que la seule liste des piéces qui sont contenuës dans ce recueil en fait connoître le prix ; & il est certains qu'on n'avoit jamais tant veu de piéces rares & curieuses unies ensemble, comme dans ce beau recueil qui est un véritable trésor des monumens de l'Eglise Greque.
Les notes qui acompagnent tous ces Ouvrages pour servir d'éclaircissement, sont toutes si judicieuses & en même tems si sçavantes, qu'il est aisé de comprendre que celui qui les a faites devoit être en ce genre de literature un des premiers hommes du siécle.
Il mourut âgé de cinquante-huit ans le I du mois d'Août de l'année derniere, c'est à dire fort peu de tems aprés qu'il eut donné au public le dernier des Ouvrages dont je viens de parler, & j'ai apris avec plaisir que le Docte Monsieur Baluze veut travailler à sa vie ; mais peut-être ignore-t-il une circonstance qui est fort singuliere & qu'il faut, Monseigneur, que je vous communique aux mêmes termes que je l'ai marquée dans une Lettre que j'écrivis il y a environ deux mois à un de mes amis de Roterdam, & dont j'ai bien voulu conserver une copie contre ma coutume, en vûë de m'épargner un peu de peine en cas quelque autre de mes amis me demandât des nouvelles de la personne dont j'ai l'honneur de vous entretenir ; cette circonstance singuliere consiste en ce que Cotelier étant né dans cette vile de Nismes durant la peste de l'année 1629 son pére & sa mére furent obligez de se retirer à une maison de campagne, qui est prez de la petite Vile de saint Gilles. Sa nourrice étant morte du mal contagieux & ne s'en trouvant aucune qui voulut l'alaiter, on fut reduit à la nécessité de lui donner une chevre pour nourrice : Le mal s'étant ensuite un peu relaché, on lui présenta une femme pour continuer de l'alaiter le tems qui étoit nécessaire, mais il la rejeta & ne voulut jamais plus goûter de lait de femme ; de sorte que la chevre continua de la nourrir.
De la vient sans doute qu'il a toujours été fort mélancolique & fort valétudinaire, & que depuis les prémiéres années de sa vie jusques fort avant aprés sa majorité, il n'a preque jamais été sans fiévre. Sur quoi je vous prie, Monseigneur, de vouloir vous souvenir, quand ce ne seroit que pour la justification de Pline, de ce passage du plus docte des Romains, je veux dire Varon, capras sanas sanus nemo promittit (parlant de la vente de cette sorte d'animaux) nunquam enim sine febre sunt.
Je ne dois pas au reste oublier de vous dire que la plus grande partie des manuscrits de Monsieur Cotelier ont été mis dans la Bibliotéque du Roi & qu'ils sont en fort grand nombre. Entre autres il y a neuf Volumes infolio, qui sont des extraits des Péres, & des Auteurs Eclesiastiques reduits en lieux communs avec des observations : parmi ces volumes il y en a un entier sur saint Basile, & un autre sur les oeuvres d'Eusebe. il y a aussi un gros Volume infolio sur les Conciles généraux & particuliers, qui est de quelque importance, & qui serviroit utilement à ceux qui voudroient travailler à une nouvelle édition des Conciles, ou aux personnes qui les voudroient étudier. On voit encore parmi ces manuscrits huit porte feuilles remplis des études du defunt sur les bons Auteurs ; il y en a un qui a pour titre Observationes Sacra, qu'il estimoit beaucoup ; un autre contient des observations sur toutes sortes d'Auteurs Eclésiastiques ; il y en a même deux remplis des piéces sur lesquelles il travailloit actuellement, lors qu'il fût ataqué de sa derniere maladie, & qu'il disposoit pour les faire entrer dans le quatriéme Tome de Monumenta Ecclesiae Gracae, qui auroit été bien-tôt publié si la mort ne l'eut pas prévenu ; & je ne dois pas oublier un petit Volume qui contient les diferentes leçons & restitutions des Homelies de saint Chrisostome sur saint Paul, & qui avoit été trouvé dans la Bibliotéque du sçavant Tusanus, qui connoissoit si bien toutes les beautés & toutes les finesse de la langue Greque. Cotelier n'en avoit pas une moindre connoissance, & je trouve que parmi plusieurs Epitaphes qui furent faits pour honorer sa mémoire, on eut raison d'en finir une par un vers qui disoit qu'Athenes pouvoit regarder avec envie ce grand Homme que France avoit produit.
........... Athena Invideans, tali quo Gallia gaudes alumno.
Mais à propos d'Epitaphe, je m'imagine, Monseigneur, que quoi que cette Lettre soit fort longue, vous serez sans doute bien aise que je vous fasse part d'une inscription qui sert d'Epitaphe à un ancien tombeau nouvellement découvert dans le terroir de la Vile de Capouë : la voici.
STALLIVS GAIVS SEDES HAVRANVS TVETVR EX EPICVREIO GAUDI. VIGENTE CHORO. Cét Epicurejus gaq. gaudivigens chorus, qui donne une parfaite idée d'une troupe Bachine) & qui me fait souvenir que cét Auteur Romain, dont j'ai parlé en dernier lieu apelle fort plaisamment le vin hilaritatis dulce Seminarium) est à mon gré une expression aussi tout à fait plaisante, & qui marque bien que Capouë doit avoir été de tout tems une Vile de plaisirs, de bonne chere & de delices. Je suis toujours avec un parfait atachement & avec respect, MONSEIGNEVR, Vôtre tres humble & tres obeïssant serviteur. GRAVEROL.
A Nimes le 5. de Janvier 1687..
Adrien Baillet, Jugemens des sçavans, vol. V, pages 101-102:
MR COTELIER n'étant plus de ce monde, nous a laissé pas sa mort la liberté de parler de lui. Mais je ne puis vous dire autre chose de lui, sinon que son Pere, après l'avoir parfaitement bien instruit dans les Langues, les Belles Lettres & les Mathématiques, vint le présenter à l'Assemblée du Clergé de France l'an 1640. pour le faire connoître, & pour engager les Prélats de l'Eglise Gallicane à lui faire du bien 1. L'enfant n'avoit alors qu'environ douze ans, & l'on donna commission à quelqu'un de "lui faire faire ses preuves d'érudition. Il expliqua facilement la Bible en Hébreu à l'ouverture du Livre, & rendit raison des difficultés qui lui furent formées tant sur la construction de la Langue que de ce qui dépendoit des usages des Juifs. Il expliqua couramment le Nouveau Testament Grec, & fit quelques démonstrations de Mathématique" 2. C'est ce qui fut cause que l'Assemblée ordonna que la Pension de son Pere qui n'étoit que de 600. livres seroit augmentée de 400. francs, & qu'on lui payeroit comptant la somme de cent écus pour l'aider à acheter les Livres nécessaires. Mr Cotelier étoit né vers l'an 1628. 3 d'un Pere qui étoit Ministre à Nimes en Languedoc, & qui se convertit depuis. Il devint Licentié en Théologie de la Maison & Société de Sorbonne, & il fut Professeur en Langue Grecque à Paris. Il y mourut le douziéme jour d'Août de l'an 1686.Comments:
note 1: Proc. Verb. de l'Assembl. de 1641.
note 2: Bayl. Nouvell. de la Rep. des Lett. du mois d'Août 1686. pag. 977.
note 3: Au commencement de Décembre 1627, il fut batisé le 5. à Beaucaire. D'où il s'ensuit qu'il étoit dans la 59. année de son âge, & non pas comme porte son Epitaphe dans la 58. lorsqu'il mourut le 12 Août 1686. Voyés Ancillon dans ses Memoires sur la Vie de Jean Baptiste Cotelier.
Excerpts from Le grand dictionnaire historique de Moréri, Paris, 1759, vol. 4, page 185:
Ce qu'il y a de plus considérable dans cet ouvrage [SS. Patrum...], ce sont les notes recherchées & pleines d'érudition, tant sur les termes grecs, que sur diverses matieres d'histoire, de dogme & de discipline, dans lesquelles il rapporte en peu de mots, ce qu'il y a de plus curieux & de plus singulier sur chaque sujet, & insere les remarques nouvelles, qu'il avoit faites sur les peres dans tout le cours de ses études, ayant soin de ne mettre que ce qu'il croyoit n'avoir point encore été observé par les autres.
Il auroit continué, si la mort ne l'eût pas enlevé le 12 août 1686, dans un âge qui n'étoit pas encore fort avancé, mais cassé d'infirmités & atténué de travail: car il peinoit beaucoup en faisant ses ouvrages, ayant toujours le texte grec & la version à côté de sa main, lorsqu'il écrivoit, ne citant rien dans ses notes, qu'il ne vérifiât sur les originaux, & étant quelquefois plusieurs jours à chercher un passage.
nous sommes obligés de remarquer, pour rendre entiérement justice à son mérite, qu'il étoit d'une probité, d'une simplicité & d'une candeur digne des premiers temps, sans faste, sans ostentation, & d'une modestie surprenante. Il vivoit dans une grande retraite, ne faisoit & ne recevoit presque point de visites, se communiquant peu, & à peu de gens ; paroissoit mélancolique & reservé, mais étoit dans le fond bon & familier. Voyez sa vie écrite par Etienne Baluze, qui est à la tête des Patres Apostolici, de l'édition d'Amsterdam. * Mémoires du temps. Du Pin, biblioth. des auteurs eccles. du XVII siécle.
Excerpts from Michaud, Biographie universelle, Paris, 1813, vol. 10, page 64-65:
COTELIER (Jean-Baptiste), d'une ancienne famille noble de Nîmes, naquit dans cette ville en 1627. Son père, savant ministre protestant qui, avant de se convertir, avait été déposé dans un synode national, présida lui-même à son éducation.
le jeune Cotelier ayant pris le degré de bachelier en Sorbonne, ne voulut pas aller plus loin, et voua sa vie entière à l'étude des lettres. Il fut un des huit savants chargés de prononcer sur l'auteur de l'Imitation de J.-C.
Son exactitude allait jusqu'au scrupule; il ne citait rien dans ses notes qu'il n'eût vérifié sur les originaux, et il était quelquefois plusieurs jours à chercher un passage.
Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française, Paris, 1961, vol. 9, page 821:
COTELIER (JEAN-BAPTISTE). Il était fils de Jean Cotelier, calviniste de Nîmes. Celui-ci, qui étudiait la théologie en 1602, se consacra à la prédication de l'Evangile, fut pasteur de S.-Fortunat, puis de Nîmes en 1613. Haag le charge de tous les péchés d'Israël, comme il a coutume de faire pour les apostats. Interdit le 13 févr. 1619, censuré en synode de Mauguio, pour avoir continué à prêcher bien qu'on le lui eût défendu, rétabli au synode d'Uzès mais prié de quitter le Languedoc, Jean Cotelier fut enfin déposé par le synode national d'Alès en 1620 et fit retour au catholicisme dans les deux mois qui suivirent. Il reçut du clergé de France une pension de 600 livres.
Jean-Baptiste naquit en 1629, fut élevé par son père à S.-Gilles et présenté à l'Assemblée nationale du clergé de Mantes le 30 avr. 1641. On admira sa modestie et son savoir, et la pension de son père fut portée à 1 000 livres. Bachelier en Sorbonne en déc. 1648, Jean-Baptiste accompagna Mgr d'Aubusson de La Feuillade dans son diocèse d'Embrun en 1654, mais le quitta dés qu'il le put (1658) pour fuir l'ennui provincial. Il fut présenté à Colbert par Chapelain en 1665, comme l'homme de France qui connaissait le mieux le grec. Placé à la Bibliothèque du roi, Cotelier fut chargé de seconder Du Cange dans son travail de classement des manuscrits grecs, aux appointements de 1200 livres, qui lui furent versés de 1667 à 1681. En 1676 il fut en outre chargé d'enseigner le grec au Collège royal. Il mourut à Paris le 12 août 1686 et fut enseveli dans l'église S. Benoit. On conserve son épitaphe. Il a publié : Ecclesiae graecae monumenta, 1677-1686, 3 vol. et des traductions de S. Barnabé, de S. Clément, pape, de S. Jean Chrysostome, de S. Nil. Le dép. des Mss. de la Bibl. nat. possède des copies de sa main.
Haag. - Michaud. - Colbert, Lettres, instruct., v. - Ménard, Hist. de Nîmes, VI, 267, bibliographie.
ROMAN D'AMAT.
Galland, in Menagiana, (e.g. in the edition of 1693, page 81) reports that Gilles Ménage said:
Lorsque la Gazette, après la mort de M. Cotelier, parla de luy avec éloge, je dis que j'en étois bien aise, qu'elle fesoit honneur aux Lettres en la personne d'un homme qui le méritoit, & qu'elle n'en fesoit pas tant pour un Conseiller au Grand Conseil.
See also the article about Cotelier in The Catholic Encyclopedia, Volume IV.
Comments: This is a good article but the dates of his birth and death are incorrect.
See also the article about Cotelier in Kirchenlexikon.
Comments: This is a good article.
I have written that page because, by chance, I have found the little biography of Cotelier in Sorberiana, which is not available on the internet (if I'm not mistaken), and because several sites erroneously presume he was born in 1629 instead of 1627.