ERMINA


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vue générale de la Chartreuse de Durbon
 
 

 

 

Projet Collectif de Recherches

Mines et métallurgie du fer de Provence et des Alpes du Sud.


Etude diachronique des vestiges d'exploitation minière et de métallurgie du fer en région Provence, Alpes, Côte d'Azu

Pour la quatrième année consécutive, le PCR se poursuit sur plusieurs zones tests. En 2004, l'équipe ERMINA dirige ses recherches dans le Nord du département des Hautes Alpes. Les travaux portent sur le site de la Chartreuse de Durbon et sur ses marges.

Deux opérations de prospection et une opération diagnostic sont programmées sur la forêt domaniale de Durbon.


La chartreuse de Durbon (commune de Saint-Julien-en-Beauchêne, canton d'Aspres les Veyres, Hautes Alpes) était propriétaire de plusieurs mines de fer, de cuivre et de plomb, exploitées dès le début du 16e siècle qui alimentaient des martinets étrangers à l'abbaye. Dans le courant du 17e siècle, elle créa le haut fourneau de Rioufroid et les martinets de Rioufroid et de Recours, ainsi que d'autres établissements, approvisionnés par ses propres bois. Les prospections entreprises dans le vallon de Rioufroid (Commune de Saint Julien-en-Beauchêne) ont permis de retrouver les vestiges de plusieurs de ces établissements métallurgiques parmi lesquels un haut fourneau et un martinet.
L' exploitation du haut fourneau de Rioufroid connaît des fortunes diverses au 18e siècle, mais décline, pour s'éteindre par suite d'un incendie quelques années avant la Révolution. Dans les fonds d'archives sont évoqués le martinet, la martinette et la forge à la catalane abandonnés, l'abondance de hêtres, la qualité et la proximité de mines abondantes et très estimées dans le pays. Pourtant, à en croire certaines sources, le marché du fer n'eut jamais une grande envergure. Il alimentait surtout les artisans et marchands de fer régionaux. L'abbaye concentrait son activité économique vers le marché des bois destinés à la marine. Ces fonds sont constitués de baux de mines et d'usines, d'enquêtes sur les usines (inventaires de mobilier, coûts), et d'interventions dans les mines de Lus (26), de Mens (38), de Trescleoux (05) et des environs.
Le complexe métallurgique de la Chartreuse de Durbon constitue un site de grande importance dans le domaine de l'histoire des techniques métallurgiques. La qualité des différentes sources documentaires et de terrain collectées offre une exceptionnelle complémentarité précisant la chaîne opératoire de la sidérurgie ancienne. Les recherches historiques inclinent à penser en effet que l'exploitation minière est plus ancienne, de même que la sidérurgie régionale, sous la conduite de propriétaires voisins plus entreprenants. Le dépouillement des archives et les premières études de terrain suggèrent l'envergure limitée de la métallurgie du Haut-Buëch, mais font apparaître une grande complémentarité - de la mine à la forge - des établissements industriels cartusiens dans cette région des Alpes Dauphinoises.

 

Région : Rhône-Alpes
Commune : Mens
Lieudit : les Mines
Les mines de Mens (38)
Prospection Thématique dans le cadre du PCR
"Mines et Métallurgies du fer en Provence et dans les Alpes du Sud"

D'après les archives, les mines de Mens (38), dans le Trièves, avec celles de Durbon, constituaient l'une des principales sources en minerai pour approvisionner la métallurgie des chartreux et en particulier le haut fourneau de Rioufroid.
La prospection des haldes a permis de cerner l'extension des principaux travaux sans toutefois pouvoir en préciser l'importance. Dans un encaissant de marnes sombres et de calcschistes, plusieurs gîtes minéraux sur filons et amas minéralisés ont été reconnus. Ils sont associés à un système complexe de failles méridiennes. Les haldes des anciens travaux ont livré les minéralisations suivantes : galène, blende, malachite, cuivre gris, oligiste et sidérite dans une gangue de calcite.
J. Sarrot-Reynauld (1956) signale des entrées de galeries dans les assises du Trias qui, à l'Ouest, butent par faille contre les couches de l'Aaléno-Bajocien (Jurassique moyen), cette description concerne probablement l'entrée supposée d'une galerie située dans le talus au nord de la RD 34 D à l'aplomb de la maison dite les Mines.
Dans les secteurs du Thaud et de Serre-Vulson (Mens et Cornillon - en Trièves 38), les anciens travaux composés de tranchées remblayées ont fourni les minerais suivants : sidérite, limonite, oligiste, cuivre gris, malachite, azurite, calamine, bournonite et galène dans une gangue calcaire. Les traces d'excavations sur la colline de Serre-Vulson sont atténuées par l'érosion. Localement des restes de haldes renferment un peu de sidérite. En 1831 et 1844, Gueymard avait signalé la sidérite dans les bancs de calcaires de Laffrey, qui forment l'arête de la montagne du Thaud (J. Sarrot-Reynauld (1956). Le Thaud est encore évoqué par Lory en 1860. Deux des anciennes galeries situées sur le flanc est de cette colline auraient montré que la faille qui affecte le bord est du Thaud, concernerait non seulement la couverture secondaire mais encore la " gratte de base " du Westphalien D (Houiller) (J. Sarrot-Reynauld (1956).
Dans le cadre d'une problématique archéométrique sur la relation entre minerai et scorie (coefficient de partage des éléments entre le métal et la scorie), en partie à l'origine de ces travaux de recherches et axée sur l'analyse de la chaîne opératoire, des prélèvements minéralogiques ont été effectués sur les affleurements. L'utilisation de minerais suffisamment typés du point de vue de leur composition peut être révélée en effet par une teneur élevée de certains éléments dans les scories (A. Ploquin, Ph Dillman).
Au-dessus d'une certaine teneur, des éléments peuvent être considérés comme des traceurs. Ces considérations font appel à la notion de coefficient de partage des éléments du minerai entre le métal réduit et la scorie : celle-ci piège la plupart des éléments aux dépens du fer métallique.
Les travaux d'analyse en cours, sur ces différents paramètres, devraient contribuer à mieux connaître les principales composantes des fers produits par les moines et au-delà de mieux cerner les techniques métallurgiques utilisées.

 

Programme 2004

Les recherches s'orientent désormais sur le massif du Mercantour en haute altitude. Une expédition de plusieurs jours est programmée en août 2004

 

D. Morin, P. Rosenthal, A. Ploquin, M . Philippe
UMR 5060 CNRS

 

Composition de l'équipe du PCR
- Responsable du programme:
Denis MORIN,
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Coordination : Denis MORIN et Patrick ROSENTHAL
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Géologie - gîtologie: Patrick ROSENTHAL
Département de Géosciences, Univ. de Franche-Comté,
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Paléométallurgie des sites de réduction anciens: Hélène BARGE,
Conservatrice SRA chargée de mission interrégionale sur les mines et la métallurgie anciennes
- Archives: Michel PHILIPPE :
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Minéralurgie: Hélène MORIN - HAMON
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Prospection Alpes de Haute-Provence:
Myette GUIOMAR, Réserve Géologique de Haute Provence
- Prospection Alpes Maritimes: Mathieu COURGET , Olivier MESSMER - ERMINA
- Prospection Hautes Alpes: Bruno ANCEL, CCSTI L'Argentières et Marie - Pierre ESTIENNE - ERMINA
- Prospection Var - Alpes Maritimes: Mathieu COURGEY, ERMINA et Denis MORIN
- Prospection Vaucluse - Bouches-du-Rhône: Yves IMBERT, Jacques OLIVIER - ERMINA
- Inventaire des lingots de fer : Véronique MERLE et Valérie PICHOT - ERMINA
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Dendrochronologie: Frédéric GUIBAL,
Institut Mediterraneen d'Ecologie et de Paleoecologie, CNRS ERS 6100, Marseille
- Analyses métallurgiques: Philippe FLUZIN,
Directeur de l'
UMR 5060 Institut de recherche sur les archéomatériaux
- Analyses minerais-scories: Alain PLOQUIN,
Centre Recherches Pétrographiques et Géochimiques UPR CNRS A 6821
- Anthracologie: Michel THINON,
Laboratoire de botanique Historique et Palynologie U.R.A. 1152 CNRS de Marseille
- Datations C.14 : Michel FONTUGNE,
Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement CNRS Gif sur Yvette

 


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