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Concours 1999

2003 - 5ème Concours de Patois

RÉSULTATS DU CONCOURS
CRUSEILLES le 30 août 2003


Quand les patoisants écrivent...

...ils écrivent bien...

Et ils sont nombreux à avoir été récompensés pour leur talent.

En effet, en ouverture de la Fête Internationale du Patois, le Centre de La Culture Savoyarde proclamait les résultats du 5ème concours de Patois, devant un public attentif réuni au collège de Cruseilles le 30 août dernier.

En décembre 2002, il était proposé à tous les patoisants de “l’aire francoprovençale”, territoire ainsi défini par les linguistes, qui englobe, outre les deux départements savoyards, la Bresse, le Lyonnais le Val d’Aoste, les vallées francoprovençales du Piémont, les cantons de Vaud, fribourg et Valais, d’envoyer un ou plusieurs textes en patois. Le sujet était libre, de même que la graphie, c’est à dire la manière d’orthographier les mots, lorsque les sons n’existent pas en français. L’important étant de rester le plus fidèle possible à la transmission de la langue de son village.

Ainsi, soixante-douze participants, de tous âges, de la doyenne de 102 ans au jeune homme de 30 ans, ont proposés plusieurs textes, pour la plupart inédits, ce qui est une nouveauté. La grande qualité du travail a permis au jury, placé sous la présidence de Gaston Tuaillon, professeur émérite de l’Université de Grenoble, d’établir plusieurs classements ; la moisson était riche, depuis les recherches ethnographiques fouillées et documentées, en passant par les récits de situations vécues cocasses ou dramatiques, et les poèmes sensibles vibrant d’une émotion sincère. Quelques groupes ont également fourni un travail collectif.

Les textes ont été examinés avec patience de manière à récompenser les productions les plus conformes à la véracité de la langue : il y a grande différence entre un texte patois traduit en français et un texte français traduit en patois. Il est facile de savoir si l’auteur pense en patois ! Le souci du mot juste, de la grammaire exacte et surtout de la tournure de phrase ont été pris en compte car point n’est besoin d’être savant ou érudit pour manier avec dextérité la langue de ses ancêtres. Parler patois et transmettre le patois, c’est ne pas oublier ce qui fait la richesse et la particularité d’une langue locale.

Pour le Centre de la Culture Savoyarde, ce souci de transmettre le patois est présent depuis que, voilà 25 ans, pour la première fois, quelques savoyards rencontraient les valdôtains et les Suisses Romands à la fête du Patois à St Nicolas en Val d’Aoste. Dès lors, les liens n’ont pas cessé de se resserrer dans un travail commun pour mieux comprendre que ce patois est notre langue, une langue que nous ne voulons pas voir mourir. Après la mise en place, dès 1983, d’une graphie (connue depuis sous le nom de graphie de Conflans) facilitant la transmission écrite du patois, l’organisation des concours a été une priorité, c’est aussi un moyen de permettre au patois, disons au francoprovençal pour employer un terme plus savant, de continuer à vivre.

Les meilleures productions sont publiées, un premier livre paraît en 1993, intitulé “Quand les Savoyards écrivent leurs patois”, suivi d’un deuxième en 1997 et bientôt, nous mettrons en chantier la réalisation du 3ème volume avec les textes de 1999 et 2003.

Le 5ème concours a vu sa conclusion, mais, comme le soulignait déjà Gaston Tuaillon il y a quatre ans pour le 4ème concours, les centaines de pages recueillies nous ont surtout rappelé quel attachement les patoisants ont pour la langue de chez eux, cette langue dans laquelle ils pensent, ils pleurent ou ils rient, dans laquelle ils se souviennent et qui leur permet de dire sans forfanterie et sans honte, tout simplement, : “je suis d’ici, je parle comme ça, dans la langue de mon village, fribourgeois, valaisan, bressan, valdôtain ou savoyard.”

Juliette Châtel


LAURÉATS

(72 participants)

· Recherches - Ethnographie

Mention spéciale: Anne Gabrielle Bretz Héritier, Savièse (VS), Anne Marie Bimet, Hauteville Gondon (73)

1er prix: Michel Villien Gros, Macôt-La Plagne (73)

Félicitations: Joseph Porret, La Giettaz (73), Suzanne Ouvrier Buffet, St Nicolas La Chapelle (73), Paul Sonnerat, Marlens (74), Gilbert Dussauge, Senoy (74), Alfred Morand, Megève (74), Léonie Francaz, Chambéry (73), Jean Berclaz de Nicolas, Venthone (VS), Gérard Varcin, Essert Blay (73)

· Récits

1er Prix: Raymond Brasset, Faverges (74)

Félicitations: Janine Blanc, Arêches Beaufort. (73), Jean Revet, Puvelin Chatte (38), Marie louise Sierroz, Hérémence (VS), Fernande Rey Bellet, Champéry (VS)

· Poésie

Mention Spéciale: Fernand Tavernier, Cusy (74)

1er Prix: Louis Esseiva, Neyruz (FR)

Félicitations: Jean Michel Chamberod, St Alban d’Hurtières (73), Emile Guerraz, Lescheraines (73), Paulette Dumont, Rumilly (74), André Lagger Borgeat, Ollon (VS), Eliane Aréthens, Faverges (74), Françoise Hug, Louis Messerly, Reignier (74), Yvonne Forestier, Nâves Parmelan (74), Guy Ruffieux, Villarvollard (FR), Marie France Volland, Pers Jussy (74), Olga Remondaz, Morgex (AO), Louis Nardin, Ecole en Bauges (73)

Travaux de Groupes

1er Prix: Le Patois Bôju, Lescheraines (73)

Félicitations: Groupe de l’Amitié, Champagny en Vanoise (73), Amicale des Patoisants de la Motte Servolex (73), La Béd’à Rénée, Groupe patois d’Annecy (74)

Théâtre

1er Prix: Leuz Epyotus, Billième (73)

Félicitations: Martial Ançay, Fully (VS)


Mentions Spéciales

Patoisants du Valromey (01) (livre), Georges Léard pour l’ensemble de son oeuvre en patois de Jarrier (73).



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