Mohammed Racim Miniaturiste Algérien
CULTURE ALGERIE
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Biographie de Mohammed Racim (1896 / 1975)
Ceux qui ont eu l’occasion de visiter le vieil Alger, ont certainement emprunté
la célèbre ruelle des Racim et admiré à l’ombre des auvents de tuiles vertes,
la maison natale du célèbre miniaturiste algérien.
C’est en effet dans cette demeure que Mohammed RACIM est né
le 24 Juin 1896 dans une famille d’artistes qui lui a légué
une tradition d’art et le nom « Er Racim » qui, en arabe,
signifie peintre.
Son père Ali excellait dans l’art de sculpter et peindre le
bois des appliques, des cadres et des coffres de mariées.
Il savait créer des miniatures et des enluminures sur verres
qui décoraient alors les intérieurs des familles algériennes.
Son oncle comme son frère aîné Omar ont aussi exercé
ce métier délicat dans l’atelier familial.
C’est là également que Mohammed Racim reçut les premiers
enseignements du métier et les multiples secrets
de l’art de la miniature.
Il révèle, dés son enfance, des qualités exceptionnelles:
une remarquable maîtrise dans l’exécution, un sens inné
du dessin et de la couleur et une imagination pleine de
grâce et d’élégance.
A l’école des Beaux-Arts d’Alger et au Cabinet de Dessin de l’Académie, il confirme la
technique transmise par son père.
Sa première oeuvre magistrale est la réalisation pour l’Edition Piazza de l’ornement de la
« vie de Mahomet » que Dinet avait illustré.
Racim peut alors se rendre à Paris, travailler au département des manuscrits de la
Bibliothèque Nationale. Plus tard, une bourse lui permet de visiter l’Espagne et de
connaître les vestiges musulmans de Cordoue et de Grenade.
En Angleterre, Sir Denison ROSS, maître des étude iraniennes, lui facilite l’accès des musées
et des collections de Londres.
Ses chefs-d’oeuvre sont alors exposés à Paris, au musée Galliéra et la galerie Ecalle,
au Caire, à Rome,Vienne, Bucarest, puis Oslo, Stockholm, Copenhague, Tunis, Alger, Varsovie.
De 1924 à 1932, il est choisi comme ornemaniste des « Mille et une Nuits » de MARDRUS
pour lesquelles il compose avec une harmonie et une richesse prestigieuse, les mille et un
bandeaux couronnant les chapitres de leurs guirlandes d’entrelacs, de lacis, de fleurs
stylisées où la fantaisie et l’élégance reflètent la maîtrise de l’artiste.
Il s’agit d’une oeuvre gigantesque qui a nécessité huit années d’effort et une patience inouïe
pour réaliser ce subtil chatoiement de couleurs et de tons.
Il continue pour l’Edition Piazza l’ornementation de Khadra de Dinet, le jardin des Roses de
Saadi, le Coran de Frantz TOUSSAINT, la Sultane Rose de MARAVAL-BERTHOIN et les
Chants de la Caravane de S.OUDIANE.
Le prestigieux talent de l’artiste est universellement reconnu avec l’obtention en 1924 de la
Médailles des Orientalistes et en 1933 du Grand Prix Artistique de l’Algérie. Il est nommé
cette même année, Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts d’Alger.
C’est alors qu’il commence à travailler avec le grand spécialiste de l’art musulman
Georges Marçais qui parmi les premiers a su découvrir et apprécier les dons exceptionnels
de Racim qu’il a surnommé le « chantre d’Alger ».
« Algérois, il a le culte de sa ville natale, il en aime le passé d’hier et de jadis,
il restitue ce passé héroïque ou familier à l’aide de ses souvenirs encore vivants
autour de lui ».
Pour marquer le succès des expositions de Racim dans les trois capitales des pays scandinaves,
la «Société Royale d’Angleterre des miniaturistes et peintres» l’élit en 1950, membre honoraire
Dés 1957, Mohammed Racim entreprend avec G.Marçais, l’édition de la « Vie Musulmane d’hier »
qui paraît en 1960 aux éditions des « Arts et Métiers Graphiques » de Paris.
Une pléiade de jeunes peintres s’adonnent alors
à l’enluminure et à la miniature, conquis par son
exemple et son enseignement.
Ainsi cet art connaît grâce à Racim une véritable
renaissance et prend alors un essor surprenant.
Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, Mohammed Racim
continue à oeuvrer pour l’épanouissement de la miniature,
notamment en continuant de former les jeunes générations
qui accèdent à l'Ecole des Beaux Arts d'Alger.
Il encourage ses disciples, leur dispense de précieux
conseils, et oeuvre dans le cadre des commissions de
sauvegarde des sites et monuments historiques,
notamment, de la Casbah d'Alger.
Il décède ainsi que son épouse en 1975.
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