VOLTAIRE

EPIGRAMMES

******************

E-TEXT

BIBLIOTHEQUE NIELROW

E-MAIL : nielrow@aol.com

******************

CONTRE FRERON

L'autre jour, au fond d'un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron.
Que pensez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.


******************

SUR LE FRANC DE POMPIGNAN

Savez-vous pourquoi Jérémie
A tant pleuré pendant sa vie ?
C'est qu'en prophète il prévoyait
Qu'un jour Le Franc le traduirait.

******************

A MESSIEURS MES ENNEMIS

Oui, messieurs, c'est ma fantaisie
De me voir peindre en Apollon ;
Je conçois votre jalousie ;
Mais vous vous plaignez sans raison :
Si mon peintre, par aventure,
Tenté d'égayer son pinceau,
En Silène * eût mis ma figure,
Vous auriez tous place au tableau :
Messieurs, vous seriez ma monture.

* Silène : demi-dieu ; compagnon de Bacchus ; il est représenté sous les traits d'un vieillard ivre monté sur un âne.


******************

SUR L'ESTAMPE

Le Jay vient de mettre Voltaire
Entre La Baumelle et Fréron :
Ce serait vraiment un calvaire,
S'il s'y trouvait un bon larron.

Note : le libraire Le Jay avait mis en tête d'un commentaire sur la Henriade le portrait de Voltaire entre ceux de La Baumelle et de Fréron.

******************

SUR LE BUSTE DE L'ABBE DE SAINT-PIERRE

N'a pas longtemps, de l'abbé de Saint-Pierre
On me montrait le buste tant parfait,
Qu'onc ne sus voir si c'était chair ou pierre,
Tant le sculpteur l'avait pris trait pour trait.
Adonc restais perplexe et stupéfait,
Craignant en moi de tomber en méprise.
Puis dis soudain : "Ce n'est là qu'un portrait,
L'original dirait quelque sottise."

******************

SUR M. DE FONTENELLE

D'un nouvel univers il ouvrit la barrière ;
Des mondes infinis autour de lui naissants,
Mesurés par ses mains, à son ordre croissants,
A nos yeux étonnés il traça la carrière ;
L'ignorant l'entendit, le savant l'admira :
Que voulez-vous de plus ? Il fit un opéra.


******************

Retour  à la page principale.