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L'usage de drogues en milieu carcéral :
une approche épidémiologique.
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sommaire:
Michel Rotily, Claire Delorme, Marc-Karim Ben Diane et le
réseau européen de prévention du VIH et
des hépatites en prison
ORS PACA - INSERM U 379 - 23 Rue Stanislas Torrents 13006
Marseille. Tel : 04 91 598 901. Fax : 04 91 371 175. Mail :
rotily@marseille.inserm.fr
L'usage de drogues a pris une ampleur
considérable dans la société
contemporaine. Du fait de l'illégalité de
certaines substances et de la délinquance qui y est
souvent associée, l'usage de drogues, en particulier
celui de l'héroïne et de la cocaïne,
représente un motif direct ou indirect
extrêmement fréquent d'incarcération. La
proportion d'usagers de drogue par voie intraveineuse (UDVI)
ayant un vécu d'incarcération est
estimée à 40-45% ; 60% des UDVI
incarcérés à un temps donné, ont
déjà été
incarcérés (1,2) . Ces
données mettent en évidence la forte
association entre usage de drogues intraveineuse et
incarcération. Par ailleurs de très nombreuses
études ont souligné les interactions entre
usage de drogues IV et infections virales (Sida,
hépatites B et C), qu'il s'agisse des modes de
contaminations, de l'histoire naturelle de ces maladies ou
de leurs prises en charge. Au sein d'un groupe de
toxicomanes séropositifs au virus de
l'immunodéficience humaine (VIH) suivis dans des
services spécialisés dans la prise en charge
de l'infection à VIH, 45% d'entre eux
déclaraient avoir déjà
été incarcérés (3).
En outre, il faut rappeler la prévalence
élevée des maladies transmissibles au travers
de l'usage de drogues chez les personnes entrant en milieu
carcéral. Une récente étude a
montré que la proportion d'UDVI contaminés par
le VIH et le virus de l'hépatite C était en
1995 respectivement de 21% et de 91% (4,5)
. Il existe donc une forte interaction entre infections
virales, usage de drogue par voie intraveineuse et milieu
pénitentiaire.
Bien que l'extrême difficulté
d'infléchir les comportements toxicomaniaques ait
été largement démontrée, l'usage
de drogues en milieu pénitentiaire est le plus
souvent nié. La stricte interdiction des substances
dans le milieu pénitentiaire et le contrôle
très étroit de la population semblent se
traduire pour la grande majorité des acteurs du
système par l'absence du problème. L'usage de
drogues en milieu pénitentiaire est un sujet que les
intervenants, qu'ils travaillent pour le Ministère de
la Justice ou de la Santé ou qu'ils soient
détenus, préfèrent le plus souvent
éviter de mentionner, et donc de débattre.
Ceci s'explique principalement parce que l'usage de drogues
est une pratique interdite par le règlement
intérieur des établissements
pénitentiaires, et que la reconnaissance d'une telle
pratique tend alors à mettre en cause le
système de valeur des acteurs, qu'ils soient
surveillants, travailleurs sociaux ou médecins ;
cette reconnaissance est à l'origine d'un sentiment
d'échec qui rend difficile, voire impossible,
l'analyse du problème.
Il faut donc dépasser la seule dimension de
l'échec pour considérer la question sous un
angle plus pragmatique, et se poser une série de
questions orientées différemment. L'usage de
drogues existe-t-il en milieu pénitentiaire ? Peut-on
le quantifier et comment ? Pourquoi et comment certaines
personnes poursuivent-elles l'usage de drogues en prison ?
Si en milieu libre, aucune politique ni aucune
législation n'ont fait la preuve de leur parfaite
efficacité et ne parviennent à prévenir
complètement une pratique largement diffusée
dans la population, pourquoi un système, le plus
performant soit-il, y parviendrait-il ? Bien que l'usage de
drogues soit illégal, des dispositifs de
prévention et de traitement ont été mis
en place en milieu libre. Quelles sont les conditions qui
leur permettent d'exister et de fonctionner, et partant
comment permettre de tels dispositifs en milieu
pénitentiaire ? Comment gérer une pratique
illégale qui paraît incontournable ? Il est
donc nécessaire que les acteurs s'interrogent sur
l'existence de ces pratiques, sur les moyens à mettre
en uvre pour d'une part réduire cette pratique
et d'autre part faire en sorte que les dommages qui lui sont
associés soient minimisés. Il faut donc
dépasser une approche idéologique pour
parvenir à un questionnement objectif.
L'épidémiologie, science de la mesure de
l'état de santé se voulant par
définition objective, est un des instruments à
notre disposition pour aborder cette difficile question.
L'objectif de cet article sera donc d'examiner l'usage de
drogues en milieu pénitentiaire sous cet angle afin
d'imaginer des solutions avec le plus grand pragmatisme.
Nous nous intéresserons plus spécifiquement
aux pratiques d'injections intraveineuses de drogues du fait
de leur impact majeur sur l'épidémiologie des
maladies transmissibles qui nous a conduit à ce
questionnement.
La méthodologie : comment estimer la
prévalence de l'usage de drogues par voie
intraveineuse en milieu pénitentiaire ?
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La consommation de drogues illicites ou de produits toxiques
détournés de leur usage normal est très
difficilement repérable en population
générale (6). Bien que les
drogues posent de graves problèmes de santé
publique, non seulement par l'intermédiaire des
maladies transmissibles auxquelles elles sont très
étroitement associées mais aussi en terme de
mortalité immédiate -overdoses- ou
différée, leur fréquence d'utilisation
est relativement faible dans la population
générale. Si les enquêtes
réalisées en population permettent d'estimer
la prévalence de la consommation de certaines
drogues, elles ne permettent pas d'appréhender
précisément les pratiques, en particulier pour
des drogues comme l'héroïne ou le crack. Toutes
les enquêtes réalisées en milieu libre
se heurtent d'une part au biais de sélection des
échantillons interrogées - les personnes
auprès desquelles l'information est recherchée
sont-elles bien ciblées par l'enquête ?-, et
d'autre part au problème de la fiabilité de
l'information recueillie -les réponses données
sont-elles fiables ?-. Les enquêtes en milieu
pénitentiaire se heurtent exactement aux mêmes
difficultés. Au caractère socialement
indicible de l'usage de drogue, viennent s'ajouter les
conséquences d'une répression plus
évidente et plus immédiate. Lorsqu'un UDVI
répond à un questionnaire administré en
face à face ou par téléphone, par une
personne soumise au secret médical ou professionnel,
celui-ci peut bénéficier d'un niveau suffisant
de garantie pour avouer des pratiques socialement et
légalement condamnées. Interroger ces
mêmes personnes en milieu pénitentiaire,
fermé par excellence, avec des conséquences
directes et négatives immédiates en cas de
rupture de la confidentialité, pose des
difficultés supplémentaires. On peut donc
s'attendre, même en fournissant les meilleures
garanties d'anonymat et d'indépendance des
investigateurs épidémiologiques, que cette
pratique reste sous-déclarée. De même,
il est probable que des UDVI tendent à se soustraire
à l'investigation, en refusant d'emblée de
participer à une enquête
épidémiologique de ce type. Ceci explique
d'une part que devant de telles difficultés
méthodologiques, peu de chercheurs se soient
risqués à conduire des études de ce
type et que les données soient extrêmement
rares, et d'autre part que les études
réalisées sur la question sous-estiment
probablement la prévalence de l'usage de drogues par
voie intraveineuse et des pratiques associées -
trafic de drogues, prostitution, tatouage...
L'usage de drogues par voie intraveineuse dans les
prisons françaises.
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Le Haut Comité de Santé Publique évalue
entre 15% et 20% la proportion de détenus
concernés par la toxicomanie, soit entre 7.900 et
10.500 personnes (7). En 1993, le Casier
Judiciaire National a évalué à 12.461
le nombre annuel de condamnations sanctionnant au moins une
infraction d'usage de stupéfiants, dont un tiers pour
usage seul (8). La proportion d'usagers
de drogues incarcérés varie en fait beaucoup
selon les régions et en fonction de la
définition de l'abus de drogue (injection ou non,
nature du produit). A l'entrée en milieu
carcéral, les toxicomanes peuvent soit être
signalés par les services médicaux, soit se
signaler directement auprès des antennes toxicomanies
à l'intérieur d'un établissement
pénitentiaire. Le dispositif de surveillance mis en
place par l'INSERM-U302 dans les services
médico-psychologiques régionaux et les
antennes toxicomanies permet de suivre
régulièrement l'évolution du profil des
toxicomanes vus par ces services (9). Ce
dispositif a montré que la population d'UDVI tendait
au vieillissement, était caractérisée
par des récidives de plus en plus nombreuses et par
une forte proportion de migrants et de sans domicile fixe ;
au total, cette population d'UDVI tendait à une plus
grande précarité. Malgré son
intérêt et la qualité du travail de
terrain et d'analyse, ce dispositif présente deux
lacunes. D'une part, il ne peut prétendre à
une exhaustivité des données puisqu'il ne
prend en compte que les toxicomanes signalés. Environ
16% des toxicomanes (dont 80% par voie intraveineuse) ont
été signalés en 1992 au centre
pénitentiaire de Marseille, alors que d'autres
enquêtes réalisées sur le même
site ont observé des taux plus élevés
(20% en ne comprenant que les usagers de drogue IV)
(10) [Rotily, 1994] ; le centre
de dépistage anonyme et gratuit intervenant dans le
même site observe lui aussi des valeurs de 20%
uniquement pour les UDVI. D'autre part, on peut supposer que
seuls sont signalés ou se sont signalés
auprès des antennes toxicomanies les détenus
présentant des problèmes de dépendance
plus grave. Il existe donc une incertitude et une possible
sous-estimation des statistiques sur les usagers de drogue
entrant en milieu pénitentiaire.
Toutes les études menées
auprès des UDVI montrent que le taux de
prévalence de l'infection à VIH est
particulièrement élevé dans ce groupe,
entre 20 et 30% actuellement (11). La
prévalence des hépatites B et C, bien que
moins bien documentée, a été
estimée respectivement à 30% et 80% par une
étude française qui ne peut cependant pas
être considérée comme
représentative de la population française des
UDVI (12). En ce qui concerne la
séroprévalence du VIH et des virus des
hépatites virales B et C en milieu carcéral,
plusieurs données sont disponibles pour confirmer la
prévalence élevée de ces marqueurs
sérologiques chez les détenus. Sur l'ensemble
de la population carcérale, la
séroprévalence du VIH estimée à
5,8% en 1990, a diminué pour atteindre 2,3% en 1995
(13). Cependant nous ne disposons pas
de données sur la baisse de la
séroprévalence du VIH chez les détenus
UDVI. Une enquête que nous avons
réalisée en 1992 montrait que la
prévalence était de 40% dans un
échantillon représentatif de détenus au
centre pénitentiaire de Marseille (14).
Cette prévalence était plus
élevée que celle estimée par l'antenne
toxicomanie à la même époque
auprès des toxicomanes « signalés »
et que celle estimée en 1995 suivant une
méthodologie très proche (21%) (15).
La séroprévalence du VHC a été
estimée à 91% dans un échantillon
d'UDVI entrant au centre pénitentiaire de Marseille
(16).
L'étude réalisée en
1992 à Marseille (17) a
également montré que la prévalence de
l'infection à VIH chez des détenus ayant
déjà été
incarcérés était six fois
supérieure à celle chez des détenus
incarcérés pour la première fois
(Tableau 1). Cette observation
était toujours valide après ajustement sur
l'âge, le sexe, l'usage de drogue par voie
intraveineuse, la déclaration de partenaires sexuels
usagers de drogue par voie intraveineuse au cours des douze
derniers mois, les antécédents de maladies
sexuellement transmissibles et d'hépatite B.
Deux hypothèses, non exclusives
l'une de l'autre, ont été émises pour
tenter d'expliquer ces résultats. La première
hypothèse est que les comportements à risque
des détenus ayant été
incarcérés plusieurs fois sont plus
fréquents que chez ceux n'ayant été
incarcérés qu'une seule fois. Il est possible
que ces détenus aient plus des pratiques plus
à risque - une consommation de drogue plus
importante, un taux plus élevé
d'échange de matériel d'injection, de
comportements sexuels plus à risque, et de
transfusions de produits sanguins à la suite
d'accidents. Ces comportements ont été
investigués à la prison de Marseille. Nous
n'avons cependant pas noté de différences
significatives de comportements toxicomaniaques entre les
UDVI multi-incarcérés et ceux
primo-incarcérés ; ces résultats ne
plaident donc pas pour la première hypothèse.
On ne peut toutefois écarter totalement certaines
difficultés méthodologiques, notamment la
petite taille des échantillons (22 UDVI
primo-incarcérés versus 108 UDVI
multi-incarcérés) ou un relatif manque de
sensibilité des questions concernant les pratiques
à risque. Nous avons pu montrer dans cette même
étude que la participation des UDVI à des
programmes de substitution par la méthadone avant
l'incarcération était plus fréquente
chez les détenus primo-incarcérés que
chez les multi-incarcérés (48% vs 10%)
-après ajustement sur le sexe et la statut
sérologique (18). On peut donc
faire l'hypothèse que les UDVI mieux pris en charge
à l'extérieur font moins souvent
l'expérience de l'emprisonnement ; cette association
peut également être le reflet de pratiques
à risque moins fréquentes chez les UDVI
impliqués dans les programmes de substitution par la
méthadone.
La deuxième hypothèse pour
expliquer l'excès d'infections à VIH chez les
détenus multi-incarcérés est que
certains détenus ont été
contaminés durant une précédente
incarcération, à la suite de partage de
seringues, de rapports sexuels non protégés ou
de viols. Nous ne nous discuterons pas ici des pratiques
sexuelles en prison mais nous nous attarderons plutôt
sur l'usage de drogues par voie intraveineuse.
L'étude de faisabilité que nous avons conduite
auprès d'un petit échantillon de
détenus dans un établissement pour peine du
sud-est de la France (125/175 ; taux de participation : 70%)
montre que 15% (4/27) des UDVI ayant répondu à
un questionnaire auto-administré strictement anonyme
déclaraient avoir pris de la drogue par voie
intraveineuse en milieu carcéral (19).Parmi
les quatre UDVI ayant déclaré s'être
injecté de la drogue lors d'un séjour en
milieu pénitentiaire, deux déclaraient avoir
partagé leur matériel d'injection.
Une autre étude plus importante
conduite au centre pénitentiaire de Marseille selon
une méthodologie similaire quant au respect de
l'anonymat -conforme à l'avis de la Commission
Nationale Informatique et des Libertés, du Conseil
National du Sida et du Ministère de la Justice- a
montré que 13% des UDVI actifs (9/68), c'est à
dire s'étant injecté des drogues par voie IV
au cours des 12 derniers mois, s'était injecté
des drogues -et non des médicaments ou des produits
de substitution détournés de leur usage- au
cours des trois premiers mois de leur incarcération
(20). Il est à noter
également que, parmi les UDVI actifs, les femmes
étaient significativement plus nombreuses à
rapporter un usage de drogues IV en prison que les hommes
(42% vs 7%, p=0,006). Enfin, il faut souligner que lorsque
des pratiques d'injection en milieu pénitentiaire
étaient déclarées, c'était
quatre fois sur neuf avec un partage de matériel
d'injection.
Ces deux études, les seules réalisées
à notre connaissance en France sur la question de
l'usage de drogues IV en milieu pénitentiaire,
rapportent donc des pratiques d'usage de drogues par voie IV
à risque de contamination virale et sont conformes,
comme nous ne le verrons dans le prochain chapitre, aux
résultats des autres enquêtes
réalisées dans d'autres pays. Il est
nécessaire de poursuivre ce travail d'enquête
dans d'autres prisons françaises.
L'usage de drogues par voie intraveineuse dans les
prisons étrangères.
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Dans les prisons étrangères,
l'usage de drogues est aussi relativement méconnu,
notamment en ce qui concerne les drogues non injectables. Il
est cependant relativement bien établi, notamment en
Écosse, que l'usage de drogues par voie intraveineuse
est souvent rapporté chez les détenus, et
qu'en particulier les UDVI consomment d'autres produits en
dehors du produit principal (21). Des
études ont été menées
principalement dans les prisons écossaises et
anglaises (22,23,24,25,26,27,28,29,30,31)
. Il est intéressant de noter que toutes les
études réalisées dans ces pays
rapportent une consommation de drogue par voie intraveineuse
en prison (21-67 %) et que la prévalence du partage
des seringues est élevée (50-100%). Une
étude allemande conduite auprès d'UDVI ayant
été incarcérés au cours de leur
existence obtient des résultats similaires (32).
Les résultats sont cohérents quelle que soit
la méthodologie considérée : anciens
détenus ou détenus, face-à-face ou
auto-questionnaire (Tableau 2).
Dans la mesure où les études sont encore trop
rares à l'échelon international ou
européen, on ne peut en toute rigueur écarter
l'argument selon lequel l'usage de drogue par voie
intraveineuse varie en fonction de la prison, que seules ont
été investiguées des prisons dans
lesquelles l'usage de drogue est une réalité
et qu'à l'inverse cette pratique n'existe pas dans
les nombreuses autres prisons n'ayant pas fait l'objet
d'enquêtes. Dans la mesure où le choix des
prisons enquêtées n'a pas été
réalisé de manière aléatoire, on
ne peut réfuter avec force cet argument. Bien qu'il
soit très probable que les prisons
étudiées aient été choisies
essentiellement pour des raisons de faisabilité, dans
les articles relatant les résultats, le choix des
établissements n'est pas explicité. Dans la
mesure où, actuellement, il n'est pas possible de
réaliser une étude avec tirage
aléatoire des prisons et des détenus, il est
nécessaire de reproduire ces études dans
d'autres sites et de documenter le choix des
établissements enquêtés.
Ces études apportent d'autres
informations. Un auteur souligne que l'usage de drogue en
prison est probablement plus fréquent dans les
maisons d'arrêts (détention préventive)
où le nombre de personnes incarcérées
est plus important ainsi que le nombre de contacts avec
l'extérieur (33). Pour cet
auteur, la période qui suit immédiatement la
libération peut être à risque pour les
UDVI. Il a également été montré
que la proportion de décès par overdose au
cours des deux semaines suivant la libération est
extrêmement élevée (1/1000 UDVI
libérés) (34) ; ces
éléments plaident pour une préparation
à la sortie qui intègre ces dimensions. Il
faut enfin souligner que c'est paradoxalement dans les pays
où la prévalence du VIH est la plus
élevée chez les UDVI (France, Espagne, Italie)
qu'il existe le moins de données.
Les pratiques à risque en milieu carcéral
associées à l'usage de drogues par voie
intraveineuse.
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Bien que le plus souvent les UDVI
infectés par le VIH aient été
contaminées au travers de l'échange de
matériel d'injection, il demeure possible que
certains UDVI aient été contaminées par
d'autres voies, notamment sexuelles. En outre, en ce qui
concerne l'hépatite C, il a été
montré que la pratique du tatouage était
à risque de transmission du virus (35).
Il est donc nécessaire de se demander si l'usage de
drogues en prison est lui même associé à
d'autres pratiques à risque. Nous avons pu
montré que le tatouage en prison, rapporté par
9 % des détenus au centre pénitentiaire de
Marseille au cours des 3 premiers mois de
l'incarcération, était significativement plus
souvent déclaré par les UDVI (14% vs 6% des
non UDVI, p=0,009), en particulier ceux qui
déclaraient aussi s'être injecté des
drogues en prison (44% vs 12% des non injecteurs en prison,
p=0,03). Nous avons également montré au cours
de l'étude de faisabilité
réalisée en 1996 dans six prisons
européennes dont la France, que la pratique du
tatouage était extrêmement fréquente en
milieu carcéral, notamment chez les usagers de drogue
par voie intraveineuse ; 29% déclaraient s'être
tatoués en prison versus 16% chez les non usagers de
drogues (36). Les conditions de
réalisation de ces tatouages étaient mauvaises
et le plus souvent sans aucune désinfection des
instruments. Cette question mérite une investigation
plus approfondie.
Une analyse réalisée
à partir des résultats des études
écossaises a montré que les UDVI
déclaraient plus souvent que les non-UDVI des
rapports homosexuels en prison (37).
Ces résultats qui méritent d'être
confirmés, pourraient s'expliquer par le fait que
l'obtention de la drogue peut passer par la prostitution en
milieu pénitentiaire.
Quelques preuves sur le risque de contamination du VIH
et des hépatites virales en prison.
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suivante
Une équipe américaine a
rapporté un taux de séroincidence du VIH
(38) de 0,4% par personne-année
dans l'institution carcérale du Maryland (39).
Une autre équipe australienne a elle rapporté
un taux de séroincidence de 21% par
personne-année pour l'hépatite B chez des UDVI
réincarcérés pendant l'année ;
ce taux était de 41% par personne-année pour
l'hépatite C (40). Un dernier
argument confortant les hypothèses sur le risque
élevé de contamination de l'infection à
VIH et des hépatites virales en prison est la
survenue d'une « épidémie » dans une
prison Écossaise (41). Cette
étude a été menée pour
répondre à une épidémie
d'hépatites B et à deux cas documentés
de contaminations par le VIH. Des conseils et des tests ont
été offerts à tous les détenus
pendant une période de deux semaines en juillet 1993.
Des informations étaient recherchées sur
l'injection de drogue, sur les comportements sexuels et sur
les résultats des précédents tests VIH.
Des témoignages basés sur les résultats
séquentiels de tests de dépistage et de
biologie moléculaire ont certifié huit cas de
transmissions du VIH à l'intérieur de la
prison de Glenochil durant les six premiers mois de
l'année 1993.
Quelles stratégies mettre en oeuvre pour faire
face à l'usage de drogues par voie intraveineuse en
milieu pénitentiaire ?
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suivante
Une fois démontré l'usage de
drogues intraveineuses en milieu pénitentiaire, il
est nécessaire de se demander quels sont les
éléments devant nous encourager à
trouver des solutions. Tout d'abord, si nous reconnaissons,
quelque soit notre niveau d'intervention, de notre devoir
d'endiguer l'épidémie d'infections à
VIH et des hépatites virales, nous devons nous
engager à mettre en oeuvre des stratégies
à l'intérieur comme à
l'extérieur. En terme de santé publique, il
est nécessaire de se demander si le risque de
contamination en prison est élevé, voire plus
élevé qu'à l'extérieur, s'il est
faisable d'entreprendre des actions et si ces actions sont
efficaces et efficientes. Il est aujourd'hui impossible de
hiérarchiser de manière quantitative la
probabilité de contamination par le VIH ou le virus
de l'hépatite C d'un UDVI en milieu
pénitentiaire par rapport au milieu libre. Certains
argumentent en disant que le nombre d'injections est un
élément déterminant du risque et qu'en
milieu pénitentiaire, même si certains
détenus s'injectent des drogues, le risque de
contamination y est plus faible du simple fait que le nombre
d'injections y est plus limité. Cet argument est- et
sera- d'autant plus fragile que les pratiques se sont
améliorées et que les échanges de
matériel ont diminué en milieu libre (42),
et qu'en milieu carcéral l'injection de drogues est
le plus souvent réalisée avec un partage du
matériel. Il faut également souligner que des
UDVI rencontrent en prison d'autres UDVI qu'ils n'auraient
pas rencontrés s'ils n'avaient pas été
incarcérés, et que l'ouverture de tels
réseaux fait courir des risques
épidémiques. Dans la mesure où des
politiques de réduction des risques se sont mises en
place à l'extérieur, il devient
également plus difficile de diffuser des messages
dissonants à l'intérieur des
établissements pénitentiaires -pas
d'accès aux programmes d'échanges de
seringues, accès restreint au programmes de
substitution-. Cette dissonance qu'on tente de
réduire en matière d'accès aux soins en
milieu pénitentiaire, peut non seulement
altérer les effets de la politique de
réduction des risques en milieu libre mais constituer
également un frein à la réinsertion
sociale que peut constituer un bon état de
santé (43). Certains ont
placé cet écart entre la prévention
à l'intérieur et à l'extérieur
des murs dans le domaine de la législation en
avançant l'égalité de traitement entre
l'intérieur et l'extérieur de la prison
(44) mais aussi le risque de plaintes
de la part de détenus contaminés lors d'une
incarcération qui invoquent l'impossibilité
dans laquelle ils ont été placés en
milieu pénitentiaire, de se prémunir comme
à l'extérieur face au risque de contamination
virale (45).
Un ensemble de stratégies peuvent
être imaginées pour prévenir les effets
délétères de l'usage de drogue IV en
prison, qu'il soient d'ordre sanitaire, social ou
organisationnel. La récente décision
française qui est en voie
d'opérationnalité devrait permettre
l'accès des détenus à de l'eau de Javel
diluée à 12°. Non directement
destinée à la désinfection du
matériel d'injection, cette mesure devra être
fortement accompagnée et évaluée si
l'on souhaite qu'elle produise les résultats
escomptés. Le service des prisons écossaises a
montré l'exemple en mettant à disposition des
détenus des tablettes de Javel et des messages
éducatifs destinés aux UDVI sous forme de
fascicules et de cassettes vidéo diffusées
dans les établissements. D'autres pays ont
opté pour des unités sans drogue à
l'intérieur des prisons afin de réduire la
consommation de drogues et d'éviter les effets
sanitaires délétères associés
à la prise de drogue dans de très mauvaises
conditions (Écosse, Pays-Bas, Portugal), enfin
d'autres ont mis en place des programmes très actifs
de substitution par la méthadone (Espagne, Portugal).
L'évaluation du dispositif expérimental
d'échange de seringues dans une prison suisse a
permis d'entrevoir les difficultés et les obstacles
mais aussi ouvert la voie, si ce n'est d'une telle
politique, d'une réflexion avancée (46).
D'autres dispositifs d'échanges de seringues sont en
place également en Espagne (Pamplona, Bilbao) et en
Allemagne (Hamburg, Lingen et Vechta en Basse-Saxe).
L'instauration de politiques de réduction des risques
et des dommages en milieu pénitentiaire ne se pose
pas seulement en termes légaux et ne résulte
pas d'une « simple » évolution de la
législation et de la réglementation. Une telle
évolution placerait seulement les acteurs de
l'administration comme de la santé, en contradiction
avec leurs logiques du fait de la proximité de deux
législations en conflit d'intérêt
apparent : d'un coté, une législation
réprimandant l'usage de drogues qui est en outre
très souvent à l'origine de
l'incarcération, et de l'autre, une
législation permettant l'injection de drogues dans
des conditions d'hygiène satisfaisante. Toute
modification du dispositif législatif et
réglementaire ne pourra être efficace que si
les acteurs acceptent ce changement dans leur dimension
psychologique et sociale. Dans d'autres situations où
l'on avait pu penser que les pratiques évolueraient
rapidement et sans heurts, des réticences d'ordre
psychosocial ou organisationnel ont émergé
-disponibilité du matériel d'injection et des
produits de substitution dans les pharmacies, prescription
des tests de dépistage et des médicaments,
notamment de substitution, chez les médecins
libéraux ou publics-. Tout débat sur l'usage
de drogues en milieu pénitentiaire ne pourra donc pas
faire l'économie d'une réflexion en profondeur
sur la place de la prévention dans ce même
milieu et du rôle de l'emprisonnement chez les usagers
de drogues. On voit donc que toute politique de santé
publique en milieu pénitentiaire ne peut se
réduire à celle menée par les
professionnels de santé, que l'administration
pénitentiaire a un rôle majeur à jouer
dans ce domaine et que des collaborations sont absolument
nécessaires, tant dans le domaine des études
que celui de l'action et de l'évaluation des actions
innovantes qu'il est nécessaire de mettre en
oeuvre.
Remerciements : Nous remercions vivement pour leur
soutien aux études mentionnées dans cet
article la Commission Européenne, DGV, la direction
Générale de la Santé, la
Ministère de la Justice, l'Agence Nationale de
Recherche sur le Sida, le Conseil Général des
Bouches du Rhône.
Ni la Commission Européenne, ni aucune personne
agissant en son nom n'est responsable de l'usage qui
pourrait être fait des informations
suscitées.
Tableau 1 : Principaux
résultats extraits d'une étude menée
à la Prison de Marseille ; modèle de
régression logistique ajusté sur l'âge,
le sexe, l'usage de drogue IV, le partage de seringue, la
déclaration de partenaires sexuels multiples et de
partenaires sexuels usagers de drogue, les
antécédents de MST et d'hépatite B
[Rotily & al, 1994].
RETOUR AU TEXTE
|
|
VIH+
|
VIH-
|
Odds Ratio
|
p
|
|
Réincarcérations
Oui
|
30 (20%)
|
121 (80%)
|
6.4
|
0.003
|
|
Non
|
9 (4.4%)
|
196 (95.6%)
|
L'Odds Ratio s'interprète comme une
probabilité - ici 6,4 - plus élevée
d'être contaminé par le virus du Sida chez les
détenus ayant déjà été
incarcérés avant l'incarcération en
cours.
Tableau 2 : Principaux
résultats des études réalisées
sur l'usage de drogues en milieu pénitentiaire
à l'étranger.
RETOUR AU TEXTE
|
PAYS
|
ANNEE
|
AUTEUR
|
EFFECTIF
UDVI
|
%UDVI
EN
PRISON
|
%PARTAGE
EN PRISON
|
COMMENTAIRES
|
|
AUSTRALIE
|
1988
|
GAUGHWIN
|
?
|
36%
|
?
|
Ex-détenus
Plusieurs produits
Ex-détenus
# 20 injections
En prison
Non représentatif
Court terme ++
En prison
Auto-questionnaire
Représentatif 9 prisons
Face à face
Plusieurs produits
Risque perçu inf.
Ex-détenus
Ex-détenus ayant connu la
prison
Faca à face
1/2 plus de 50 inj.
En prison
Auto-questionnaire
Auto-questionnaire dans
deux prisons.
Auto-questionnaire dans
deux prisons
Détenus en préventive à la
prison de Liverpool
Pour 22% IDU en prison :
première injection.
En prison
Auto-questionnaire
Non représentatif
Deux prisons
Questionnaire face à face
|
|
ANGLETERRE
|
1989
|
CARVELL
|
50
|
66%
|
78%
|
|
ANGLETERRE
|
1990
|
TURNBULL
|
164
|
27%
|
75%
|
|
ANGLETERRE
|
1991
|
DYE
|
43
|
67%
|
76%
|
|
ECOSSE
|
1992
|
BIRD
|
66
|
47%
|
?
|
|
ECOSSE
|
1992
|
POWER
|
154
|
28%
|
74%
|
|
ECOSSE
|
1992
|
BATH
|
67 (IDU/non IDU)
|
21%
|
50%
|
|
ALLEMAGNE
|
1993
|
MULLER
|
418
|
48%
|
75%
|
|
ECOSSE
|
1993
|
BIRD
|
75
|
59%
|
?
|
|
ECOSSE
|
1997
|
BIRD
|
169
|
62%
|
?
|
|
ECOSSE
|
1997
|
GORE
|
82
58
|
85%
57%
|
?
?
|
|
ANGLETERRE
|
1997
|
BELLIS
|
260
|
16%
|
9%
|
|
ECOSSE
|
1993
|
TAYLOR
|
76
|
40%
|
100%
|
|
GRECE
|
1996
|
MALLIORI
|
544
|
69%
|
69%
|
UDVI : Usager de drogue par voie intraveineuse.
Références du tableau 2
- BATH (G.E.), DAVIES (A.G.), DOMINY (N.J.), PETERS
(A.), RAAB (G.), RICHARDSON (A.M.), Imprisonment and HIV
Prevalence, The Lancet p. 1368 27 novembre 1993.
- BELLIS (M.), WEILD (A.), BEECHING (N.), MUTTON KJ,
SYED (Q.) Prevalence of HIV and injecting drug use in men
entering Liverpool prison. BMJ n°7099, Vol 315,
pp.30-31 1997
- BIRD (A.G.), GORE (S.M.), JOLLIFFE (D.W.), BURNS
(S.M.), Anonymous HIV surveillance in Saughton Prison,
Edinburgh, AIDS n°6, pp. 725-733 1992.
- BIRD (A.G.), GORE (S.M.), JOLLIFFE (D.W.), BURNS
(S.M.), Second anonymous HIV surveillance in Saughton
Prison, Edinburgh : prisoners give a lead to other
heterosexuals on being HIV tested, AIDS n°9, Vol 7,
pp. 1277-1279 1993.
- BIRD (G.), GORE (S.M.), HUTCHINSON (S.J.), LEWIS
(S.C.), CAMERON (S.), BURNS (S.), Harm reduction measures
and injecting inside prison versus mandatory drugs
testing : results of a cross sectional anonymous
questionnaire survey, BMJ No 7099, Vol 315, PP 21-24, 5
juillet 1997.
- CARVELL (A.L.M.), HART (G.J.), Risk behaviours for
HIV Infection among drug users in prison, Brit Med J
1990;300:1383-1384.
- DYE (S.), ISAACS (C.), Intravenous drug misuse among
prison inmates : implications for spread of HIV, British
Medical Journal Vol. 302, pp. 1506-1508 22 juin 1991
- GAUGHWIN (M.D.), DOUGLAS (R.M.), LIEW (C.), DAVIES
(L.), MYLVAGANAM (A.), TREFFKE (H.), EDWARDS (J.), ALI
(R,) HIV prevalence and risk behaviours for HIV
transmission in South Australian prisons, AIDS, n°7,
Vol 5, pp. 845-851 1991.
- GORE (S.M.), BIRD (A.G.), BURNS (S.), ROSS (A.J.),
GOLDBERG (D.), Anonymous HIV surveillance with
risk-factor elicitation : at Perth (for men) and Cornton
Vale (for women) prisons in Scotland, Int J STD AIDS,
8(3) :166-175, Mars 1997.
- MALLIORI (M.), SYPSA (V.), PSICOGIOU (M.) et al. A
survey of bloodborne viruses and associated risk
behaviours in Greek prisons. Addiction n°2, Vol 93,
pp243-251 1998.
- MULLER (R.), STARK (K.), GUGGENMOSS-HOLZMANN (I.) et
al., Imprisonment : a risk factor for HIV infection
counteractin education and prevention programmes for
intravenous drug users, AIDS 9, pp 183-90 1995.
- POWER (K.G.), MARKOVA (I.), ROWLANDS (A.), McKEE
(K.J.), KILFEDDER (C,) Inmates self-perceived risk of HIV
infection inside and outside Scottish prisons, Health
Education Research Vol. 9, n° 1, pp. 47-55
1994.
- TAYLOR (A.), GOLDBERG (D.), FRISCHER (M.), EMSLIE
(J.), GREEN (S.), McKEGANEY (N.), Transmission of HIV in
prison. Evidence of risk, British Medical Journal Vol.
307, p. 623 4 septembre 1993.
- TURNBULL (P.J.), STIMSON (G.V.), DOLAN (K.A,)
Prevalence of HIV infection among ex-prisoners in
England, BMJ, Vol 304, pp. 90-91 january 1992.
Bioskecth de Michel Rotily :
Michel Rotily est médecin
épidémiologiste, directeur des études
à l'Observatoire Régional de la Santé
Provence-Alpes-Côte d'Azur et chercheur associé
à l'unité 379 INSERM
d'épidémiologie et de sciences sociales
appliquées à l'innovation médicale. Il
conduit depui 1992 des études
épidémiologiques dans les
établissements pénitentiaires de la
région PACA sur l'infection à VIH, les
hépatites virales et la tuberculose. Il coordonne un
réseau européen de recherche sur l'infection
à VIH et les hépatites virales en prison qui a
pour objectif de collecter des données dans tous les
pays de la Communauté Européenne, d'organiser
des séminaires de réflexion et de
réaliser des études multicentriques.
Résumé:
retour au sommaire-partie
suivante
Après avoir souligné la forte interaction
entre infections virales, usage de drogue par voie
intraveineuse et milieu pénitentiaire, les auteurs
insistent sur la nécessité d'une approche
pragmatique de la question de l'usage de drogues par voie
intraveineuse en prison. Deux études
épidémiologiques réalisées dans
des établissements du Sud-Est de la France rapportent
que respectivement 15% et 13% des détenus usagers de
drogue (UDVI) déclarent s'être injecté
des drogues en prison au cours de leur vie et au cours des 3
premiers mois de leur incarcération ; en outre, une
proportion élevée d'entre eux déclarent
également s'être tatoués en milieu
carcéral. Ces résultats corroborent ceux de la
littérature internationale qui rapporte que dans la
quasi totalité des prisons où ont
été conduites des enquêtes, des
injections de drogue ont été
fréquemment rapportées par les détenus
usagers de ces substances. Il est urgent de renforcer la
politique de réduction des risques destinée
aux usagers de drogues en milieu carcéral (produits
de susbstitution, eau de javel) et de tester des solutions
dèjà à l'oeuvre à titre
expérimental dans d'autres pays (unités sans
drogue, programmes d'échanges de seringues). Les
auteurs concluent que toute perspective d'une modification
réglementaire devra également intégrer
les composantes organisationnelles et les resistances
d'ordre psychosocial; le débat sur l'usage de drogues
en milieu pénitentiaire ne fera pas l'économie
d'une réflexion en profondeur sur la place de la
prévention dans ce même milieu et du rôle
de l'emprisonnement chez les usagers de drogues. La
politique de santé en milieu pénitentiaire ne
peut se réduire à celle menée par les
professionnels de santé ; l'administration
pénitentiaire a un rôle majeur à jouer
dans ce domaine où des collaborations sont absolument
nécessaires, tant dans le domaine des études
que celui de l'action et de l'évaluation des actions
innovantes qu'il est nécessaire de mettre en
oeuvre.
REFERENCES:
retour au sommaire
1. FACY (F.),
Toxicomanes consultant dans les institutions
spécialisées en 1991-1992., INSERM U
302.
2. ROTILY (M.), GALINIER-PUJOL (A.),
OBADIA (Y.), MOATTI (J.P.), TOUBIANA (P.), VERNAY-VAISSE
(C.), GASTAUT (J.A.), HIV testing, HIV infection and
associated risk factors among inmates in South-Eastern
French prisons, AIDS, 1994, Vol8, n°9, pp.
1341-1344.
3. CAVAILLER (P.),
OBADIA (Y.), ROTILY (M.), MOATTI JP. Pratiques à
risque chez les usagers de drogues intraveineuses
séropositifs. Epidémiologie et
évaluation en toxicomanie. 25-26 septembre 1997,
Lausanne, Suisse
4. VERNAY-VAISSE
(C.), ROTILY (M.), GALINIER-PUJOL (A.), ROUSSEAU (S.),
BOURLIERE (M.), OBADIA (Y.), Epidémiologie des
hépatites virales B et C : évaluation d'un
programme de dépistage et de vaccination au centre
pénitentiaire de Marseille, Rev Epidemiol
Santé Pub. 1997;45-Suppl 1:S42-43.
5. ROTILY (M.), VERNAY-VAISSE (C.),
BOURLIERE (M.), GALINIER-PUJOL (A.), ROUSSEAU (S.), OBADIA
(Y.), HBV and HIV Screening, and hepatitis B
immunization programme in the prison of Marseille,
France, International J STD & AIDS 1997a
8:753-759.
6. Observatoire
Français des Drogues et Toxicomanies, Drogues et
toxicomanies : indicateurs et tendances, Edition
1996.
7. Haut Comité
de la Santé Publique (HCSP), Santé en
milieu carcéral, Haut Comité de la
Santé Publique 68 p. ENSP Collection Avis et Rapports
du HCSP janvier 1993.
8. Observatoire
Français des Drogues et Toxicomanies, Drogues et
toxicomanies : indicateurs et tendances, Edition
1996.
9. FACY (F.),
Toxicomanes consultant dans les institutions
spécialisées en 1991-1992., INSERM U
302.
10. ROTILY (M.),
GALINIER-PUJOL (A.), OBADIA (Y.), MOATTI (J.P.), TOUBIANA
(P.), VERNAY-VAISSE (C.), GASTAUT (J.A.), HIV testing,
HIV infection and associated risk factors among inmates in
South-Eastern French prisons, AIDS, 1994, Vol8,
n°9, pp. 1341-1344.
11. Observatoire
Français des Drogues et Toxicomanies, Drogues et
toxicomanies : indicateurs et tendances, Edition
1996.
12. LUCIDARME (D.),
FOUTREIN (P.), CREUSY (C.), FORZY (F.) et col,
Prévalence des marqueurs des hépatites C, B
et D et aspects histopathologiques dans un groupe de
toxicomanes intraveineux, Gastro. Enterol. Clin. Biol.
1994, 18 : 964-8.
13. BOURDILLON (F.).,
BONNEVIE (M.C.), MARTINEZ (R.), Enquête un jour
donné, en milieu pénitentiaire, sur
l'infection par le VIH. Principaux résultats,
Ministère des Affaires Sociales, de la Santé
et de la Ville, Direction des Hôpitaux - Mission Sida,
Ministère de la Justice - Direction de
l'Administration Pénitentiaire 1995.
14. ROTILY (M.),
GALINIER-PUJOL (A.), OBADIA (Y.), MOATTI (J.P.), TOUBIANA
(P.), VERNAY-VAISSE (C.), GASTAUT (J.A.), HIV testing,
HIV infection and associated risk factors among inmates in
South-Eastern French prisons, AIDS, 1994, Vol 8,
n°9, pp. 1341-1344.
15. ROTILY (M.),
VERNAY-VAISSE (C.), BOURLIERE (M.), GALINIER-PUJOL (A.),
ROUSSEAU (S.), OBADIA (Y.), HBV and HIV Screening, and
hepatitis B immunization programme in the prison of
Marseille, France, International J STD & AIDS 1997a
8:753-759.
16. VERNAY-VAISSE
(C.), ROTILY (M.), GALINIER-PUJOL (A.), ROUSSEAU (S.),
BOURLIERE (M.), OBADIA (Y.), Epidémiologie des
hépatites virales B et C : évaluation d'un
programme de dépistage et de vaccination au centre
pénitentiaire de Marseille, Rev Epidemiol
Santé Pub. 1997;45-Suppl 1:S42-43.
17. ROTILY (M.),
GALINIER-PUJOL (A.), OBADIA (Y.), MOATTI (J.P.), TOUBIANA
(P.), VERNAY-VAISSE (C.), GASTAUT (J.A.), HIV testing,
HIV infection and associated risk factors among inmates in
South-Eastern French prisons, AIDS, 1994, Vol8,
n°9, pp. 1341-1344.
18. ORS PACA.
Prévalence des pratiques à risque au centre
pénitentiaire de Marseille : une étude pilote.
1997.
19. ROTILY (M.),
WEILANDT (C.), GORE (S.), KALL (K.), JANDOLO (E.), DE
JONG(W.), VAN HAASTRECHT (H.). Prévalence des
pratiques à risque de transmission du VIH et des
virus des hépatites chez les usagers de drogues
intraveineuses en milieu carcéral : une enquête
multicentrique européenne.
Epidémiologie et évaluation en
toxicomanie. 25-26 septembre 1997, Lausanne, Suisse.
20. ORS PACA.
Prévalence des pratiques à risque au centre
pénitentiaire de Marseille : une étude pilote.
1997.
21. ROTILY (M.), Le
risque de transmission lié à l'usage de drogue
par voie intraveineuse en prison, Transcriptase Paris
Avril 1995. Pistes n° 34, pp. 4-6.
22. CARVELL
(A.L.M.), HART (G.J.), Risk behaviours for HIV Infection
among drug users in prison, Brit Med J
1990;300:1383-1384.
23. TURNBULL (P.J.), STIMSON (G.V.),
DOLAN (K.A.), Prévalence of HIV infection among
ex-prisoners in England, BMJ, Vol 304, pp. 90-91 january
1992.
24. DYE (S.), ISAACS (C.),
Intravenous drug misuse among prison inmates :
implications for spread of HIV, British Medical Journal
Vol. 302, pp. 1506-1508 22 juin 1991.
25. BIRD (A.G.), GORE (S.M.), JOLLIFFE
(D.W.), BURNS (S.M.), Anonymous HIV surveillance in
Saughton Prison, Edinburgh, AIDS n°6, pp. 725-733
1992.
26. POWER (K.G.), MARKOVA (I.), ROWLANDS
(A.), McKEE (K.J.), ANSLOW (P.J.), KILFEDDER (C.),
Intravenous drug use and HIV transmission amongst inmates in
Scottish prisons, British Journal of Addiction Vol. 87,
pp. 35-45 1992.
27. BATH (G.E.), DAVIES (A.G.), DOMINY
(N.J.), PETERS (A.), RAAB (G.), RICHARDSON (A.M.),
Imprisonment and HIV Prevalence, The Lancet p. 1368
27 novembre 1993.
28. TAYLOR (A.), GOLDBERG (D.), FRISCHER
(M.), EMSLIE (J.), GREEN (S.), McKEGANEY (N.),
Transmission of HIV in prison. Evidence of risk,
British Medical Journal Vol. 307, p. 623 4 septembre
1993.
29. BIRD (A.G.), GORE (S.M.), JOLLIFFE
(D.W.), BURNS (S.M.), Second anonymous HIV surveillance
in Saughton Prison, Edinburgh : prisoners give a lead to
other heterosexuals on being HIV tested, AIDS n°9,
Vol 7, pp. 1277-1279 1993.
30. BELLIS (M.), WEILD (A.), BEECHING
(N.), MUTTON KJ, SYED (Q.) Prevalence of HIV and
injecting drug use in men entering Liverpool prison. BMJ
n°7099, Vol 315, pp.30-31 1997
31. MALLIORI (M.), SYPSA (V.), PSICOGIOU
(M.) et al. A survey of bloodborne viruses and associated
risk behaviours in Greek prisons. Addiction n°2,
Vol 93, pp243-251 1998.
32. MULLER (R.), STARK
(K.), GUGGENMOSS-HOLZMANN (I.) et al., Imprisonment : a
risk factor for HIV infection counteractin education and
prevention programmes for intravenous drug users, AIDS
9, pp 183-90 1995.
33. DYE (S.), ISAACS
(C.), Intravenous drug misuse among prison inmates :
implications for spread of HIV, British Medical Journal
Vol. 302, pp. 1506-1508 22 juin 1991.
34. Cette
étude réalisée par l'équipe de
Sheila Gore, MRC Cambridge, UK est en cours de publication
au British Medical Journal et vient d'être
présentée lors du 2° séminaire
européen sur la prévention de l'infection
à VIH et des hépatites virales en milieu
carcéral, Bonn, Allemagne, 12-13 décembre
1997.
35. HOLSEN (D.),
HARTHUG (S.), MYRMEL (H.) Prevalence of antibodies to
hepatitis C virus and association with intravenous drug
abuse and tattoing in a nationalprison in Norway. Eur J
Clin Microbiol Infect Dis n°9, Vol 12 p 673-6 1993.
36. ROTILY (M.),
WEILANDT (C.), GORE (S.), KALL (K.), JANDOLO (E.), DE
JONG(W.), VAN HAASTRECHT (H.). Prévalence des
pratiques à risque de transmission du VIH et des
virus des hépatites chez les usagers de drogues
intraveineuses en milieu carcéral : une enquête
multicentrique européenne.
Epidémiologie et évaluation en
toxicomanie. 25-26 septembre 1997, Lausanne, Suisse.
37. GORE (S.), BIRD
(G.), HUTCHINSON (S.), Injector inmates and anal sex with
another man in prison, BMJ [Letter] (1997)
(soumis à publication).
38. Le taux de
séroincidence correspond aux nouveaux cas de
contamination, c'est à dire aux personnes dont les
anticorps viennent de se positiver. Un taux de
séroincidence de 0,4% par personne-année,
signifie qu'une personne suivie pendant une année a
0,4% de chance d'être contaminée ; ainsi parmi
1000 personnes incarcérées pendant une
année, 4 sont contaminées.
39. BREWER (T.F.),
VLAHOV (D.), TAYLOR (E.), HALL (D.), MUNOZ (A.) and POLK
(B.F.), Transmission of HIV-1 within a statewide prison
system, AIDS, 1988, 2, 263-367.
40. CROFTS (N.),
STEWART (T.), HEARN (P.), YI PING (X.), BRESCHKIN (A.M.),
LOCARNINI (S.A.), Spread of bloodborne viruses among
Australian prison entrants, Brit Med J
1995,;310:85-288.
41. TAYLOR (A.),
GOLDBERG (D.), EMSLIE (J.), WRENCH (J.), GRUER (L.), CAMERON
(S.) et al., Outbreak of HIV infection in a Scottish
prison, BMJ, 1995, 310 : 289-92.
42. INGOLD (F.),
TOUSSIRT (M). Transmission of HIV among drug addicts in
three French cities : implications for prevention. Bull
Narc n°1, Vol 45 p 117-34 1993.
43. BIRMINGHAM (L.)
Should prisoners have a say in prison health care?
BMJ n°7099, Vol 315 1997.
44. HARDING (T.W.)
HIV infection in prisons. What about the WHO guidelines?
BMJ n°6989, Vol 310 p1265 1995.
45. VIH/Sida et
prisons, Société Canadienne du SIDA,
Réseau Juridique Canadien VIH/Sida, 1996 (http://www.odyssee.net/~jujube)
46. NELLES (J.).,
HARDING (T.), Preventing HIV transmission in prison : a
tale of medical disobedience and Swiss pragmatism, The
Lancet Vol. 346, pp. 1507-1508 9 décembre 1995.
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