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 ABSOLU

JEAN LEVEQUE : Abécédaire de la Philosophie, Flammarion : "L'absolu ne se livre que dans le jeu du retrait et de la donation. Il est donc toujours présent à chaque étape du chemin de la conscience"

ABSURDE

" Il y a l’évidence de la nuit et ce corps absurde qui ne cesse d'envisager sa propre disparition face au mouvement des langues et des paroles, face à sa propre impuissance à maintenir le soc dans l'espérance du sillon à venir".

" Du fond des âges, l’homme perçoit l’appel de l’absurde. Son destin inachevé, ses aspirations mal définies, ses questions sans réponse, tout contribue à faire naître en lui la tentation du désespoir, le sentiment de l’inutilité et jusqu’au goût amer de la dérision ".

ACQUIS

Jean Guitton, Le travail intellectuel, Paris, Aubier, 1993, p.178. : "Étant donné que, formule des problèmes de géométrie, qui est applicable aussi au problème de l'homme et de l'usage du temps : Ce qui t’es donné en ce moment accepte-le, améliore-le, approfondis-le. Alors tu vivras "

p.122. :"Il faut se méfier de toute acquisition, si elle n'est pas rapportée aux acquisitions anciennes, assimilée, comme dit le langage, c'est-à-dire rendue semblable à ce que nous possédions déjà. Une connaissance qui ne peut pas se relier à d'autres connaissances et faire corps avec elles, me semble plus nuisible qu'utile".

ACTE

HENRY MAVIT- FELIX ALCAN, L'intelligence créatrice : "Nos actes retentissent éternellement et sont nos juges".

ACTIVITE

SPINOZA : L'activité est indispensable au bonheur; il faut que l'homme agisse, fasse quelque chose si cela lui est possible ou apprenne au moins quelque chose ; ses forces demandent leur emploi, et lui-même ne demande qu'à leur voir produire un résultat quelconque".."Sous ce rapport, la plus grande satisfaction consiste à faire, à confectionner quelque chose, panier ou livre ; mais ce qui donne du bonheur immédiat, c'est de voir jour par jour croître son oeuvre sous ses mains et de la voir arriver à sa perfection".

AGE D'OR

SAINT SIMON : "L'âge d'or, qu'une aveugle tradition a placé jusqu'ici dans le passé, est devant nous"

ALCHIMIE

Gaston Bachelard, L’Air et les Songes, Le livre de Poche/Essais, 1996 : " Allons chercher nos images dans l’œuvre de ceux qui ont le plus longuement rêvé et valorisé la matière : adressons-nous aux alchimistes.

Jacob Böhme, exégète de l’alchimie : " Le Soleil extérieur a soif du soleil intérieur ".

Edward Edinger,  La création de conscience, Séveyrat,1989  : " Mais c’est dans l’alchimie qu’on rencontre le symbolisme le plus remarquable concernant la création de la conscience. Bien que s’exprimant dans des textes confus et obscurs, l’idée fondamentale de l’alchimie est simple. L’alchimiste doit trouver la matière de départ convenable, la prima materia. Il doit ensuite la soumettre, dans le vase alchimique, à la série appropriée d’opérations transformatrices dont naîtra la puissante et mystérieuse entité appelée Pierre philosophale. Nous savons maintenant grâce aux recherches inlassables de Jung, que le processus alchimique symbolise le processus d’individuation et que la Pierre Philosophale représente la réalisation du Soi ".

PIERRE A. RIFFARD, L'Esotérisme, Ed. Robert Laffont (Bouquins) 1993 : " Les véritables alchimistes ne poursuivent pas la richesse, ni les honneurs du monde. Leur but réel était la perfection, ou au moins le perfectionnement de l'homme. selon cette théorie, une telle perfection réside en une certaine unité, un sens actif de l'unité de la nature humaine et de la nature divine, et je ne peux mieux comparer l'assimilation qu'à l'expérience connue dans la religion comme la seconde naissance. La perfection ou l'unité désirée est un état de l'âme, une condition de l'être et pas seulement une condition de connaissance".

M.M. DAVY, Initiation à la symbolique romane, Flammarion. 1999 : "L'alchimie est à mi-chemin entre la poésie et les mathématiques, entre le monde du symbole et celui du nombre".

"Le but de la véritable alchimie est d'éveiller ce qui dort, de faire ruisseler l'eau prisonnière de la terre".

"Le miracle de l'alchimie correspond à la nature la plus fondamentale de l'homme, celle de coïncider d'une façon vivante et absolue avec tout ce qui est".

"C'est l'aspect cosmologique de l'homme qui rend possible l'ouverture des fissures de la coque qui entoure chaque être et le cloisonne à l'égard de tout ce qui n'est pas lui. Cette carapace est à la fois une prison et une armure. L'alchimie spirituelle, en arrachant cette carapace supprime les cloisonnements qui sont inhérents à l'amour personnel et à la dureté de coeur. L'être dont la carapace est brisée s'ouvre à la divinité, dans sa réalité en autrui et en soi-même. Il participe à la vie cosmique et la partage".

ALEATOIRE

ilya prigogine et isabelle stengers, Nouvelle Alliance, nrf. Ed.Gallimard. : " Nous nous trouvons dans un monde irréductiblement aléatoire, dans un monde où la réversibilité et le déterminisme font figure de cas particuliers, où l'irréversibilité et l'indétermination microscopique sont la règle".

ALLIANCE

JEAN LEVEQUE : Abécédaire de la philosophie, Flammarion : "C'est avec nous-mêmes que nous devons faire alliance pour annoncer le monde à ceux qui voudraient le détruire ou l'ignorer".

ALTERITE

Pierre Schneider, Traversées, Denöel, 1972 : "L'altérité de mon prochain me comprend et m'accueille à condition que mon propos ait subi dans son voyage vers lui, une altération telle qu'il ne soit déjà plus tout à fait le mien, déjà plus qu'un peu le sien".

ALTRUISME

JANKELEVITCH, Le sérieux de l'intention, Flammarion : " L'égoïste laissant dépérir son frère, engraisse tout seul dans un monde désertique ; tandis que le décentrement amoureux, transférant l'accent sur l'autre personne, ouvre devant la première un horizon infini".

AMBIGUITE

PAUL TILLICH : "Je suis convaincu que le caractère de la condition humaine ainsi que celui de toute vie est "l'ambiguïté": le mélange inséparable du bien et du mal, de la vérité et du mensonge, des forces créatrices et destructrices - individuelles ou sociales".

AMBITION

Goethe, Werther, G.F Flammarion, 1968  : " De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l’âme n’a pour assise que l’étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu’à avancer d’un siège vers le haut bout de la table? "

AME

RENE HUYGHE : "L'ivresse du seul progrès  matériel nous a fait oublier que nous possédons une âme".

LA BRUYERE :" Une grande âme est au dessus de l'injure, de l'injustice, de la douleur, de la moquerie : et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion".

LUCIEN : "La richesse de l'âme est la seule richesse ; les autres biens sont féconds en douleurs".

AMITIÉ

La Fontaine

"Qu’un véritable ami est une douce chose !
Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ;
Il vous épargne la pudeur
De les lui découvrir vous-même ;
Un songe, un rien, tout lui fait peur,
Quand il s’agit de ce qu’il aime".

Goethe, Werther. (Cf. Ambition)  : " Pourquoi, chacun de nous ne dit-il pas chaque jour: tu n’as d’autre pouvoir sur tes amis que de leur laisser leurs joies et d’accroître leur bonheur en le savourant avec eux. Es-tu en mesure, lorsqu' ils sont tourmentés jusqu’au fond de leur âme par une angoissante passion, intérieurement bouleversés par le chagrin, de leur apporter un peu de soulagement ? "

AMOUR

Nietzsche,  Ainsi parlait Zarathoustra : " Or voici la chose la plus difficile : fermer par amour la main ouverte et garder la pudeur en donnant ".

" Je vous conseille l’amour du plus lointain ".

Bernard de Clairvaux : "  J’ai pensé à lui, à celui que mon âme aime. Celui qui pense à vous en premier et qui vous aime en premier. L’amour est la source de la pensée, et la pensée le fruit de l’amour et sa garantie ".

Luc Ferry,  L’homme-Dieu, Grasset; 1996 : " L'amour est, par excellence, le sentiment qui anime, donne un souffle et une âme à la " structure personnelle du sens. "

Feuerbach : "  L’amour est le lien, le principe médiateur entre le parfait et l’imparfait […]entre Dieu et l’Homme "

André Comte Sponville : " Nous n’avons besoin de morale que faute d’amour "

Albert Camus : "  Je ne connais qu’un seul devoir, c’est d’aimer. "

Ibn Arabi : " Mon cœur est devenu capable de toutes les formes : il est un pâturage pour les gazelles et un couvent pour les moines chrétiens, et un temple pour les idoles, et la Kaabah du pèlerin, et la table de la Thorah, et le livre du Coran. Je suis la religion de l’amour, quelque route que prennent ses chameaux ; ma religion et ma foi sont les vraies religion ".

Edgar MorinMes démons, Stock, 1994, p 322 : "Dans cette nuit, l’amour est mon mythe, mon credo, mon pari".

" Je sens parfois le néant partout et je ressens parfois une plénitude extatique qui me fait chavirer. Je sais que notre seule réalité se trouve dans les phénomènes fugitifs qui ont si peu de réalité, mais que le plus fragile et le plus éphémère, l’amour, est aussi la réalité le plus sublime "

" Mon auto-éthique relève surtout de la " foi " en l’amour, en la compassion, en la fraternité, au pardon et à la Rédemption qui a marqué mon adolescence".

Albert Jacquard : " Nous nous rêverons peut-être parfaits et dévêtus comme dans le ciel ces grands ermites pris au piège de leur lumière, mais comment cacher le peu de part que nous avons aux desseins de l’amour". 

Saint Augustin : 

" Louée soit la force de la loi,
si le glaive qu’elle emploie est au service de la liberté!
Louée soit la sagesse du juge
si la balance qu’il utilise est réglée sur la valeur d’égalité!
Loué soit l’équilibre du juste,
si sa vertu a pour effet de perfectionner la fraternité!
Et donc : Loué soit l’amour, qui rend justice à l’humanité en nous ".

Stendhal : "L’amour est le miracle de la civilisation".

Orest Bedry, Vers une nouvelle conscience, Ed. Jean Boully, 1988, p.39 : "L’amour est une foi à la recherche de la compréhension. La compréhension en action devient de la sagesse et la sagesse en action devient de l’amour". 

" Les pierres du Temple adhèrent les unes aux autres grâce à un double ciment: une connaissance entière et un parfait amour".

Mère Marguerite Claret de la Touche, Le livre de l’amour infini  : " L ‘amour ne doit pas être pour l’homme un sentiment seulement, qu’il conçoit par sa sensibilité. Il doit être une connaissance reçue par ses facultés intellectuelles…L’amour infini, comme un feu divin, est chaleur pour le cœur de l’homme et lumière pour son intelligence". 

Yéhudi Menuhin : "Il faut toujours que de la tête au coeur, l’itinéraire soit direct".

"Les dons les plus brillants de l’intelligence et du vouloir ne font jamais qu’un faux mage de l’adepte qui n’aurait pas cultivé les qualités du cœur".

Épître de  Jacques : "  que celui qui fixe son regard sur la Loi parfaite, la Loi d’amour qui est la loi de liberté et qui l’y tient attaché, celui-là trouvera le bonheur en l’accomplissant. "

Mallarmé : " L'amour, quel autre mot pourrait donc venir donner une enveloppe verbale adaptée de nos spiritualités à l'intime accord qui compose la nature des choses et au rythme grave et grand qui réalise tout l'univers ".

SAINT AUGUSTIN :"La seule limite de l'amour est d'aimer sans mesure".

Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens :

L’amour prend patience ;
L’amour rend service ;
L’amour ne jalouse pas ;
Il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;
Il ne fait rien de malhonnête :
Il ne cherche pas son intérêt ;
Il ne s’emporte pas ;
Il n’entretient pas de rancune ;
Il ne se réjouit pas de ce qui est mal ;
Mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
Il supporte tout, il fait confiance en tout,
Il espère tout, il endure tout,
L’amour ne passera jamais.

SAINT JEAN : "La véritable réalité est que l'amour est une foi à la recherche de la compréhension".

JANKELEVITCH, Le sérieux de l'intention, Flammarion : "L'amour représente toute ce qu'il est nécessaire de savoir et de retenir. Il n'y a rien d'autre à apprendre. Celui qui sait cela, sait tout".

"Il ne s'agit pas de faire "beaucoup" mais de vouloir passionnément, ni d'accumuler les médailles, les titres et les décorations, mais de mettre tout l'amour humain dans son amour, et toute la souffrance humaine en sa souffrance".

GUYON, La Genèse de l'idée du temps : "L"Amour ! Quel autre mot pourrait donc venir donner une enveloppe verbale adaptée de nos spiritualités à l'intime accord qui compose la nature des choses, et au rythme grave et grand qui réalise tout l'Univers".

PAVESE Journal intime "Tu seras aimé, le jour ou tu pourras montrer ta faiblesse sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force".

ALAIN, "Aimer c'est trouver sa richesse hors de soi".

ANCIEN

Goethe .Werther. (Cf. Ambition)  : " Quand je suis assis là, l’idée patriarcale autour de moi prend vie : je les revois, tous les Anciens qui font connaissance et déclarent leur amour auprès de la fontaine, je sens les esprits bienfaisants planer autour des fontaines et des sources ".

ANGOISSE

MARTIN HEIDEGGER, Etre et Temps, Gallimard, 1996 : "Le fait que l'angoisse saisit la conscience morale est là pour confirmer phénoménalement que, en entendant l'appel, le Dasein est mis en face de l'étrangeté de soi-même. Le parti d'y voir clair en conscience aboutit à affronter l'angoisse" (Nota : certaines traductions de Dasein le conduisent à signifier :"l'être est là, présent à lui-même").

ANXIETE

Dalaï-Lama. Sagesse ancienne, monde moderne, Fayard, 1999 : "Nous devons être à l’affût de la plus petite négativité et nous demander continuellement : " Suis-je plus heureux quand mes pensées et émotions sont négatives et destructives ou quand elles sont saines ?  Pour vaincre l’anxiété, il s’agit donc d’abord de parvenir à une juste vision de notre situation. Nous pouvons espérer y parvenir par différents moyens. L’un des plus efficaces consiste à déplacer le centre de notre attention de soi vers les autres". 

APPARENCE

ALBERTARIO, Proverbes chinois pour méditer, Ed de Vecchi. " Quand l'âne entre dans le Temple, ce n'est pas pour autant qu'il deviendra moine".

APPRECIATION

SCHOPENHAUER, Philosophie de l'existence. Ed France Loisirs : "Une juste appréciation de la valeur de ce que l'on est en soi-même et par soi-même, comparée à ce qu'on est seulement aux yeux d'autrui, contribuera beaucoup à notre bonheur".

APPRENTISSAGE

Albertario - FESLIKENIAN, Proverbes Chinois pour méditer, Ed de Vecchi : "Quand l'âne entre dans le Temple, Ce n'est pas pour autant qu'il deviendra moine".

Jean Guitton, le travail intellectuel, (op.cit. acquis)  : "  Souvent la matière de nos études est futile :à quoi peut bien servir, se dit-on, de faire ce thème latin, puisque je ne parlerai jamais en latin ? raisonnement qui pourrait s’étendre presque à tout dans le détail de nos occupations. On ne peut le vaincre qu’en donnant une valeur absolue à l’acte d’attention, à la perfection formelle ou à la peine d’un jour, je veux dire en pensant que tout acte d’attention, de support, toute recherche de perfection minuscule, hors du profit et de tout résultat, trouve en elle-même sa récompense. Une âme poétique ici me comprendra ".

"L’universalité de l’apprentissage suffit à montrer que l’animal n’est pas mû par ses seuls instincts".

APTITUDE

Gaston Bachelard : " Une aptitude ne reste une aptitude que si elle s’efforce de se dépasser, que si elle est un progrès ".

ARBRE

Gaston Bachelard, (citant Rilke) (Cf.Alchimie):

" Vue des anges, les cimes des arbres peut-être
Sont des racines, buvant les cieux ;
Et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre
Leur semblent des faîtes silencieux " (Vergers)

ARCHÉTYPES

Jung :" Ils émergent de la conscience sous forme de symboles ou de systèmes symboliques".

ARELIGIEUX

Mircéa Eliade, Le Sacré et le Profane, Gallimard/folio-essais,1997 : "Il suffira de se rappeler ce que la cité ou la maison, la Nature, les outils ou le travail sont devenus pour l'homme moderne et areligieux, pour saisir sur le vif ce qui le distingue d'un homme appartenant aux sociétés archaïques".

ART

Vasarely,  Plasti-cité, Casterman, Poche, 1970, p. 101 : " Le moment crucial de chaque artiste est sa transmutation " d’être récepteur " en " être émetteur " : là, il devient créateur, être rarissime découvrant son rôle qui consiste à donner". 

Michel Le BrisRené Guénon, Dossiers H, 1997  : " Tout ce que signifie une poésie, se trouve en elle-même. En cela ajoute Moritz, elle s’oppose à l’allégorie, qui a sa fin hors d’elle-même. Mais tout signe ne désigne-t-il pas quelque chose d’autre que lui-même, tout signe n’est-il pas, par définition, transitif ? Or, l’œuvre d’art signifie, elle nous serait, sinon, indifférente : il nous faut donc supposer l’existence de signes " impossibles ", qui seraient peut-être à tous les autres comme la condition de leur sens, et qui seraient, eux, intransitifs – le symbole, précisément ".

HEGEL : "L'Art est ce qui révèle à la conscience la vérité sous forme sensible".

" L’évidence primaire en art, c’est le pouvoir qu’à l’oeuvre de mettre l’âme humaine en vibration. C’est pourquoi le principe essentiel de toute création artistique est le principe de nécessité intérieure, c’est à dire le principe de l’entrée en contact efficace avec l’âme humaine ".

Nietzsche : "  La mission suprême de l’art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires ".

"Une oeuvre d’art n’est lisible que par approfondissements successifs".

ASCENSION

Nietzsche, Le Crépuscule des idoles. (Le problème de Socrate) : "Tant que la vie est ascendante, bonheur et instinct sont identiques".

ASCESE

ERNEST BLOCH, Le Principe Espérance, Gallimard, 1982 : "Car l'ascèse ici tout particulièrement est ascèse d'éveil, de vigilance, refus des "passions" c'est-à-dire des idolâtries qui ferment le regard de l'homme aux "raisons" spirituelles pour instaurer entre l'homme et le monde un rapport d'entredévoration".

ATHÉISME

J.P. Proudhon  : " L’athéisme n’est qu’une protestation contre l’insuffisance de la notion de divinité".

Paul Laget : "L’athée croit plus qu’il ne pense. Nier, est au fond, une forme irritée de l’affirmation". 

AUDITEUR

GOETHE : "Le mot le plus heureux est déprécié quand l'auditeur a l'oreille de travers".

A PEU PRES (l')

JANKELEVITCH, Le sérieux de l'intention, Flammarion : "Tôt ou tard le néant de l'à peu près, dénoncera sa pitoyable irréalité et sa demi vérité et son verbalisme frivole à ceux qui veulent de tout leur vouloir".

AUMÔNE

Nietzsche,  Ainsi parlait Zarathoustra : " Je ne fais pas l’aumône, je ne suis pas assez pauvre pour cela ".

AUTHENTICITÉ

Jung : " L’homme doit être lui-même afin qu’il soit mieux le serviteur de tous".

AUTOCRITIQUE

Edgar MorinMes démons. (Cf.Amour) :" Il s'agit de donner consistance à cette conscience autocritique de contrôle apte à examiner avec le moins de discontinuité possible nos comportements et nos pensées pour y reconnaître les pièges du mensonge à soi-même et de l'autojustification".

JANKELEVITCH, Le sérieux de l'intention, Flammarion : "A défaut d'une réforme initiale de tous les jours, notre entraînement moral n'est que comédie ou pitoyable automatisme".

AUTOSATISFACTION

JANKELEVITCH, Le sérieux de l'intention, Flammarion : "Les illusions perfides du devoir accompli et le satisfactions rétrospectives de la bonne conscience".

"Une créature satisfaite d'elle-même est en péril mortel".

GABRIEL MARCEL : "Que tous nos sentiments s'oublient et que vers leur Eurydice ils ne se retournent jamais".

AUTRUI

PASCAL DIBIL, La passion du regard, Métailé, 1998 : "Pour déciller les yeux, je ne connais guère d'autre moyen que de mettre un Autre en face de nous".

MARIE DE SOLEMME, Innocente culpabilité, Ed A vive voix(Dervy) : "Il y a une infinie douceur à aller au devant de l'amour, au devant de la demande. Il y a une lumineuse noblesse à offrir ce qui nous manque et à nous réjouir d'un simple sourire".

Gaston Bachelard : "Nous vivons endormis dans un monde de sommeil, mais qu'un "Tu" murmure à votre oreille et le moi s'éveille par la grâce d'un toi. La dimension spirituelle de deux consciences réunies dans leur rencontre échappe à la causalité des choses pour déboucher sur la communion des personnes et sous leur connaissance réciproque. En ce sens on peut dire que "nous n'étions rien ou rien que des choses avant d'être réunis, c'est la rencontre qui nous créée".

Pascal,  Les pensées : " Personne ne parle de nous en notre présence, comme il en parle en notre absence ".

Henri Mavit : " Le droit de chaque être en diminuant le droit des autres suscite les querelles et les guerres, car chacun peut se croire arrêté injustement dans son progrès. Nous avons connaissances de nos contrariétés avant de prendre conscience de celles d’autrui ".

" La suprême victoire du moi, c’est de comprendre le moi d’autrui, et d’y participer en ce qu’il a de bon et de se grandir en fonction de l’univers spiritualisé par l’âme individuelle ".

" Le respect de la personne humaine se fonde sur son caractère irremplaçable ".

Michel Le BrisRené Guénon. (Cf.Art)  : "  Le point de départ : ce visage d’autrui qui me fait face. Hegel s’en inquiétait à juste titre : fragile, dérisoire devant l’écrasante puissance du monde, il n’en est pas moins ce qui excède toute totalité, brise l’unicité du monde, ruine toute prétention au Système. Simple chose en ce monde, il ne serait rien de plus qu’une masse de viande que je pourrais, comme toute chose, posséder, maîtriser, connaître. Mais précisément : regarder autrui, c’est éprouver d’abord qu’il n’est pas seulement cette bouche, ce nez, ces chairs que le temps déjà commence de meurtrir, mais un regard, qui me fait face – et qu’est-il, celui-là, sinon la manifestation de la présence dans mon monde, d’un " autre monde ", qui le dépasse infiniment ? Ces yeux devant moi, ne seront jamais miens, je n’épouserai jamais leur vision, en eux sont des espaces qui toujours m’échapperont, un univers à jamais inviolable, un autre monde, par rapport au mien incommensurable – cette " vie intérieure " qui, seule, fait d’une masse de chair ce visage par lequel un être, échappant à sa forme, se présente à nous dans son identité".

" voir un visage, c’est déjà entendre " tu ne tueras point ".

"Pour se connaître, dit-on, il faut sortir de soi – encore faut-il y être un jour entré. Mais on peut choisir, aussi, par peur de l’Autre, ou de soi, de s’ignorer, de s’égarer, de se fuir, de se perdre, en un " exotisme " vain, vers les mirages de l’Orient lointain. L’enjeu : l’épreuve de l’Autre, sans laquelle il est illusoire de prétendre se ressaisir, sans laquelle nous restons captifs de nous-mêmes, prisonniers aveugles d’une fausse " subjectivité ". L’épreuve de l’autre, l’épreuve du " Tu " sans laquelle il n’est pas de " je " concevable – ou bien le refus de l’Autre, et de cet autre en soi. Oui, c’est bien ce qui se joue, dans tout voyage vers l’Orient…".

Cornélius Castoradis : " Deviens autonome (et non pas respecte les autres en tant qu’êtres autonomes, mais contribue autant que tu peux au devenir autonome des autres) ".

Robert Misrahi : " L’individu fondateur doit opérer une conversion du regard sur autrui, qui ne va plus être perçu comme un objet, comme c’est le plus souvent le cas, mais reconnu comme un sujet. Et si chacun porte ce regard sur l’autre, les individus vont renoncer au conflit et construire leurs relations sur de nouvelles bases, sur la réciprocité et la générosité, alors qu’elles sont habituellement fondées sur la réversibilité, c’est à dire sur l’échange de type donnant-donnant, et sur les conflits de pouvoir ".

Jean-Loup Dherse – dom Hugues Minguet, l’Éthique ou le Chaos, Presses Universitaires, 1998  : " La contingence reconnue est culture de l’écoute et culture de la différence, non pas pour le plaisir d’être séparé ou d’exclure, mais par joie de ce qui chante en l’autre et qui n’est pas nous. La jalousie y apparaît comme une maladie. L’Autre est riche de ses talents pour nous, comme nos talents sont pour l’Autre. L’accueil de notre contingence devient dans cet esprit capacité d’émerveillement et de service ".

MICHEL SERRES : "Aime l'autre qui engendre en toi, une troisième personne, l'esprit".

AVENIR

TEILHARD DE CHARDIN, Le Phénomène Humain, Ed. Seuil, 1970 : "Ou bien la nature est close à nos exigences d'avenir : et alors la Pensée, fruit de millions d'années d'effort, étouffe mort née, dans un Univers absurde, avortant sur lui-même. Ou bien une ouverture existe - de la sur-âme au dessus de nos âmes : mais alors cette issue, pour que nous consentions à nous y engager, doit s'ouvrir sans restrictions sur des espaces psychiques que rien ne limite, dans un Univers auquel nous puissions éperdument nous fier".

AVEUGLEMENT

Henri Laborit : " Beaucoup d’entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l’innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur ".

Stéphen Spender : " Le temps balaie ces vies non vécues comme les marées poussent leurs débris sur les rives de la décomposition ".

"Ces somnambules errent dans l’immuable, à l’abri de toutes métamorphoses ".

PASCAL, Les Pensées : "Nous courrons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir".

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