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Les Ardennes sont-elles représentées au niveau national?
- En effet, depuis le dernier Congrès du Parti Radical de Gauche qui s'est
tenu en janvier dernier, j'ai été élu au Bureau National. Je représente
désormais la région au sein des instances nationales. D'autre part, la
fédération des Ardennes participe également aux réflexions de la commission
chargée de notre programme politique. Grâce à cette représentation, les
Ardennes peuvent se faire entendre au plan national et nous pouvons ainsi
relayer les attentes des Ardennais directement au sein de l'exécutif du
P.R.G.
Quelle est votre position sur l'échiquier politique ?
- Nous nous situons au Centre Gauche, à la droite du Parti Socialiste, même
s'il arrive que nous ayons des idées parfois plus à gauche que lui. Bien que
mettant l'individu au centre de nos préoccupations et profondément épris des
libertés individuelles, nous tenons à rappeler que liberté ne signifie pas
loi de la jungle.
Le PRG fait donc partie du gouvernement de Lionel Jospin.
- Dans le gouvernement de la Gauche plurielle, nous sommes la troisième
formation politique en terme d'élus et de militants. Nous avons deux
Ministres au sein du gouvernement : Emile ZUCCARELLI, chargé de la Fonction
Publique et Jacques DONDOUX, du Commerce Extérieur.
J.P.Nadaud, E.Zucarelli et C. Savard
Quelles sont les propositions du P.R.G. pour le développement rural ?
- Cinquante années d'exode rural et d'absence de politique de développement
autre qu'industrielle ont creusé le fossé entre la ville et la campagne et
mis à mal la cohésion sociale. La concentration des exploitations, afin
qu'elles puissent demeurer rentables, à provoqué la disparition de la
plupart des petites exploitations et des métiers qu'elles faisaient vivre
et dégradé en général les paysages. Les Radicaux de Gauche veulent que les
activités économiques essayent de se déconcentrer et qu'elles retrouvent un
caractère de proximité. Le logement en milieu rural devrait être aidé plus
qu'il ne l'est actuellement. Les équipements collectifs, éléments
structurants par excellence, doivent coûte que coûte, être maintenus.
D'autre part, nous appuyons le projet de loi d'orientation agricole qui
repose sur la reconnaissance des rôles fondamentaux des exploitants
agricoles: rôle de production, rôle dans l'aménagement du territoire et rôle
social.
un paysage naturel à préserver.
Une des grandes différences existant entre le P.R.G. et les autres formations
de Gauche repose sur votre programme en matière économique. Pouvez-vous nous
préciser d'avantage vos propositions ?
- Nous sommes favorable à la mise en place de la semaine de 4 jours dans les
grandes entreprises. Nous proposons pour cela de profondément modifier
l'ensemble de la fiscalité française. Nous préconisons, entre autres, de
remplacer l'assiette des cotisations sociales reposant actuellement sur la
seule masse salariale paautorités des communes, en devenant un échelon
obligatoire entre les communes et le département.
Sur le projet des 35 Heures ?
- La proposition gouvernementale n'est pas un xième plan destiné à faire
diminuer le nombre des personnes sans travail, mais représente bel et bien
une nouvelle façon de lutter contre le chômage. Je suis convaincu que la
réduction du temps de travail peut créer des emplois (environ 400.000
d'après les estimations les moins optimistes). Le passage aux 35 Heures peut
permettre de desserrer l'étau qui enserre l'économie en permettant un
meilleur emploi des investissements, en élargissant les horaires d'ouvertures
des services ou en répartissant mieux l'activité dans la journée. Si la
compétitivité s'en trouve améliorée, cela aura un impact sur la croissance et
l'emploi. Nous voulons une loi résolue dans ses objectifs et souple dans son
application. Il n'est pas réaliste d'imposer un carcan à l'économie française.
Les Radicaux de Gauche ont toujours prôné l'annualisation du temps de travail,
qui permet une amélioration de la productivité de l'outil de travail en
s'adaptant mieux aux commandes et permet aux salariés d'organiser leur
présence au travail dans un cadre plus large que la semaine.
Et sur les emplois-jeunes ?
- Depuis 1993, les Radicaux de Gauche préconisent la mise en place des
emplois que nous appelons du troisième type. Ces activités correspondent aux
activités de services non-marchands, et donc non rentables (aujourd'hui) en
terme économique. Nous avons totalement intégré l'économie de marché. Les
activités économiques doivent pouvoir se réaliser de manière libre et
efficace. Nous pouvons constater que le marché est actuellement défaillant.
La preuve : 3 millions et demi de chômeurs. Le marché ne crée pas suffisamment
d'emplois par rapport à la demande alors que des besoins ne sont pas
satisfaits. C'est donc à l'Etat de venir relayer le marché défectueux en
créant ces nouvelles activités, tout comme cela a été fait en son temps pour
le téléphone. Si France-Télécom avait été une entreprise privée, jamais elle
n'aurait été rentable avant ces dernières années. Désormais le marché des
télécommunications est peut-être le premier dans le monde!
La philosophie des emplois-jeunes reprend celle de nos emplois du troisième
type. Il nous faut cependant être vigilants afin d'éviter des dérives
tentantes de remplacer des emplois existants et correspondants à des
besoins actuellement satisfaits (services publics de proximité par exemple)
par des emplois-jeunes.
Quelles sont vos projets et vos ambitions pour le canton ?
En tant que Radical, ma première priorité consiste à créer de l'emploi. Sur
le canton, je veux mettre en oeuvre cette volonté tout en préservant les
emplois existants. Cela passe notamment par l'augmentation des aides
départementales à l'artisanat et par le maintient des soutiens ç l'agriculture.
Je veux aussi soutenir les différents projets des communes, tant dans le
domaine de l'aménagement que sur le plan du développement économique,
touristique ou de voies de communication.
Je souhaite poursuivre le développement de l'intercommunalité. L'Union fait
la force comme le disent nos amis Suisses, et permet d'obtenir des
financement supplémentaires des partenaires. Mais il ne faut pas cependant
que l'intercommunalité se substitue à l'autoriteacute des communes, en
devenant un &ecutechelon obligatoire entre ces communes et le département.
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