Les organistes de Notre-Dame de Paris du XVIIe siècle à
nos jours
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The Organists of Notre-Dame Cathedral in Paris
From the 17th Century to Nowadays
Vol. 1 : Jusqu'à la Révolution
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Vol. 1 : Until the French Revolution
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Olivier Latry
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Order of CD
Program
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Descriptions of Organ Symphonies, Organ
Sites and Organist:
-
(French) The Organists of Notre
Dame
(English)
(French)
The Large Cliquot Organ
(English)
-
(French)
The Organs of
Poitiers Cathedral, 14th - 18th C.
(English)
-
(French)
Olivier
Latry
(English)
-
Organ Specifications
and Accessories
LES ORGANISTES DE NOTRE-DAME DE PARIS
du XVIIe siècle à nos jours Vol. 1 : jusquà la
Révolution
THE ORGANISTS OF NOTRE-DAME CATHEDRAL IN
PARIS
from the 17th century to nowadays Vol. 1 : until the French
Revolution
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CHARLES RAQUET (1598 -
1664)
-
1 Fantaisie 638
-
ANTOINE CALVIERE (1695 -
1755)
-
2 Pièce dorgue
227
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CLAUDE-BENIGNE BALBASTRE (1727 -
1799)
-
3 Noël Bourguignon
1022
-
4 Duo 235
-
5 Air 333
-
6 Marche des Marseillois et
lAir Ça-ira 526
-
7 Trio 311 LOUIS-CLAUDE
DAQUIN (1694 - 1772)
-
8 Noël étranger
332
-
9 Noël en récit en
taille 732
-
10 Noël sur les jeux
danches 550
-
JEAN-JACQUES BEAUVARLET-CHARPENTIER (1734
- 1794)
-
11 Magnificat du 2° ton
959
-
12 Noëls en Tambourin
257
-
ARMAND-LOUIS COUPERIN (1727 -
1789)
-
13 Dialogue entre le Hautbois
et le Basson 347
-
NICOLAS SÉJAN (1745 -
1819)
-
14 Noël Suisse
913
Total time : 7829
OLIVIER LATRY
Grand Orgue «Clicquot» de la Cathédrale Saint-Pierre de
Poitiers
Parlant de la vie musicale à Notre-Dame
dans les siècles passés, Bernadette Gérard et Roberte
Machard ont pu écrire(1) :
-
«Notre-Dame - qui a toujours eu de
remarquables maîtres de musique parce que la part donnée à
la musique vocale était essentielle - na connu que des organistes
de second plan. Les grands ont préféré aller ailleurs,
où ils pouvaient donner libre cours à leurs talents de virtuoses
et de compositeurs, et disposer dun instrument qui réponde mieux
à leur attente».
Il est vrai quentre la construction de
lorgue «gothique» en 1403 et les travaux de François
Thierry et de François-Henri Clicquot, lorgue de Notre-Dame,
loin davoir le prestige que nous connaissons à linstrument
actuel, fut toujours entretenu et rénové à
léconomie : ce fut un souci si constant que les facteurs Valeran
de Héman en 1609 et Alexandre Thierry, nauront commandé
ni lun ni lautre dun orgue neuf, et que, dès 1403,
on se contente dune simple tenture devant les tuyaux pour éviter
la dépense des volets peints dont on avait coutume en ce temps.
Quant aux organistes, il ne semble pas quils
aient jamais été de second ordre, malgré létat
parfois sommaire de leur orgue, et même si le service quon exigeait
deux pouvait être parfois bien peu gratifiant. En effet, au contraire
de lépoque moderne, il ne leur était consenti presque
aucune activité de concertiste et leur rôle se bornait à
improviser préludes et versets entre ceux exécutés par
le chur ou les chantres - à condition encore quon ne
décidât pas de commander au maître de chapelle une messe
ou un motet «en musique», cest-à-dire entièrement
chanté et accompagné à lorchestre, sur le modèle
de ce qui se pouvait faire à la Chapelle Royale.
Cependant, sans doute le prestige de la
Cathédrale était-il déjà assez grand pour attirer
des personnalités musicales telles que celles qui sont
représentées dans le présent enregistrement, et qui,
chacune à son époque, furent tenues pour des modèles
de virtuosité et de maîtrise technique. Il semble en effet que
ce soit une tradition de Notre-Dame quà la majesté du
lieu réponde, aux grandes orgues, le style décoratif dun
certain brio virtuose où, comme le dira le bénédictin
Dom Bedos de Celles, lorganiste paraît dautant mieux
quil fait paraître son instrument.
Cette virtuosité est sensible dans la grande
progression de la Fantaisie de Charles Racquet (titulaire entre 1618 et 1659),
qui, partant dun cantus firmus (chant donné
grégorien, en notes longues, peut-être ici lantienne mariale
Regina Cli), quil expose à la manière
dune fugue, lagrémente de guirlandes décoratives
de plus en plus rapides, jusquà une véritable ivresse.
Alors quon connaît le nom de chaque organiste de Notre-Dame depuis
1392, Charles Racquet est le premier dont il nous reste une uvre :
nous le devons à sa notoriété, et surtout à sa
collaboration avec le Père Marin Mersenne, lami de Descartes
et lauteur dune Harmonie Universelle pour laquelle,
jugeant Racquet «savant contrapunctiste» et «lun des
plus habiles de France», lui commanda cette pièce, ainsi que
des exemples de registration, «pour lexemple de ce qui se peut
faire sur lorgue». Les registrations furent publiées, la
pièce même arriva trop tard et resta dans lexemplaire
personnel de Mersenne, conservé à la Bibliothèque de
lArsenal.
Si, comme pour Racquet, lon ne connaît
quune uvre pour orgue dAntoine Calvière (1695 ?-1755),
cest du fait de la négligence de son successeur Daquin. Encore
lunique pièce subsistante, recopiée au XIXe siècle
par le musicologue belge Fétis, est-elle dune attribution fort
douteuse. La présence du jeu de hautbois, plus tardif, et surtout
son caractère de romance, avec sa mélodie charmante et
naïvement sentimentale, qui se déroule en mi mineur
sur un accompagnement de flûte et une basse convenue au clavier de
pédales, fait plutôt penser à une pièce de la
fin du siècle quà lart de Calvière, lequel,
à ce quon imagine, devait se rapprocher bien davantage de celui
dun François Couperin.
Après la mort de Calvière, et
jusquà la fin de lAncien Régime, les organistes
prirent à Notre-Dame lhabitude de jouer «par quartiers»,
cest-à-dire dêtre quatre titulaires présents
en alternance, ce qui leur permettait dexercer en même temps
lautre charge, aussi prestigieuse et mieux rétribuée,
dorganiste du Roi. Cest le cas de Louis-Claude Daquin, organiste
de Notre-Dame entre 1755 et sa mort en 1772, tout en étant organiste
de la Chapelle Royale depuis 1739. Son Livre de Noëls est
malheureusement le seul recueil dorgue gravé de son vivant,
et donc qui nous reste de lui : non content de perdre ses propres manuscrits,
Daquin laissa disparaître ceux de son prédécesseur
Calvière, quil possédait. Le genre de la variation sur
un chant de Noël, quil pratiquait en improvisant pour la plus
grande joie dun public parisien de connaisseurs qui ladulaient,
ny est pas seulement traité, semble-t-il, avec le souci du
divertissement ou du brio, mais aussi avec celui de préserver à
son instrument son style et sa dignité propres. Ainsi les traite-t-il
«en Duo», «en Récit en Taille», ou
«sur les jeux dAnches» comme un grand Dialogue, pour
montrer, en même temps que sa virtuosité dans un genre
réputé superficiel, sa maîtrise des différentes
composantes de la traditionnelle Suite pour orgue. Rameau, qui avait
été son concurrent malheureux, ne disait-il pas quiil
avait su «conserver à lorgue la majesté et les
grâces qui lui conviennent» ?
En même temps que Daquin furent nommés
René Drouard de Bousset et Charles Alexandre Jolage, qui ne
laissèrent à la postérité que leurs noms
Le quatrième était Armand-Louis Couperin (1727-1789), neveu
du «Grand» François Couperin. Contrairement à ses
pièces de clavecin, pleines de vie, son Dialogue entre le hautbois
et le basson, typique de lépoque «galante», ne
laisse que peu transparaître quelle pouvait être son style
propre.
Lorsque Drouard mourut, en 1760, il fut remplacé
par Claude-Bénigne Balbastre (1727-1799), dont le prénom porte
trace de son origine dijonnaise. La renommée de Balbastre avait
déjà attiré lattention du clergé
métropolitain, puisque lArchevêque avait dû interdire
ses séances dimprovisation à Saint-Roch, qui causaient
des embouteillages de carosses et nuisaient à la correction de la
liturgie. Comme pour renforcer cette réputation profane, Balbastre
fut aussi le premier organiste attitré du Concert Spirituel,
cest-à-dire, somme toute, le premier organiste officiellement
concertiste professionnel de lHistoire de la Musique ! On aurait tort
de prétendre que sa musique nen porte pas de trace
Les
pièces contenues dans le Livre dorgue manuscrit quil
composa lorsquil était encore organiste à Notre-Dame
de Dijon pourraient, tout comme ses Noëls, être
indifféremment joués à lorgue, au piano-forte
ou au clavecin, instrument du répertoire duquel lAir
semble caractéristique, tant par sa forme que dans son
caractère.
En cette fin du XVIIIe siècle, les trois
répertoires se rapprochent dailleurs plus que jamais, avec entre
autres un corpus commun de transcriptions dextraits
dopéras, de variations sur des airs populaires, voire de
pièces descriptives ou à programme. Déjà, Balbastre
jouait pour Mme du Deffand ses Noëls au pianoforte : lon
remplacera les vieux Noëls par des hymnes
«patriotiques». Une fois la Révolution survenue, le genre
de la Bataille connaîtra une nouvelle jeunesse, annonçant
directement la musique à programme romantique ; avant que Beethoven
lui donne ses lettres de noblesse à lorchestre dans la Victoire
de Wellington, le fils Beauvarlet ou le dernier des Couperin,
Gervais-François, sen font une spécialité. Batailles
ou pièces à variations seront jouées indifféremment
au pianoforte, souvent avec violon ad libitum, pour stimuler dans
lintimité du foyer lardeur sans-culotte du citoyen, ou
à lorgue, lors de pompeuses cérémonies qui singent
involontairement les fastes anciens de la liturgie quelles ont
remplacée. Cest par des pièces comme LAir des
Marseillois que des organistes comme Balbastre, plus par instinct de
conservation sans doute que par réelle conviction, se sont
préservés en préservant aussi leur orgue des purges
de la Liberté, au nom de laquelle, comme le disait Mme Roland en montant
à léchafaud, on commet généralement bien
des crimes
De ces périodes troublées émergea
un type dexpression inconnu des générations
précédentes mais que les plus jeunes adoptèrent sans
mal. Ainsi, Nicolas Séjan (1745-1819), qui fut privé de son
poste de Notre-Dame entre le début de la Révolution et la
Restauration. Son Noël Suisse montre son attachement aux anciens
genres, quil sait cependant revêtir du pathos devenu à
la mode. Il fut considéré comme le dernier représentant
de la grande tradition française classique de lorgue, ce qui
ne laisse pas de nous étonner. Cest à cela quil
doit, avant de retrouver Notre-Dame en 1814, davoir été
nommé à Saint-Louis des Invalides, et davoir été
le premier titulaire de la chaire dorgue du Conservatoire. César
Franck étudiera avec lun de ses élèves, si bien
quil y a en France, sinon une véritable tradition, du moins
un lien ininterrompu entre les maîtres anciens et les organistes
daujourdhui.
Oserions-nous en dire autant de lorgue de
Notre-Dame ? Il reste bien entendu beaucoup de la tuyauterie de
lépoque de Thierry et de Clicquot mais lensemble de
linstrument a été refondu en 1868 par Aristide
Cavaillé-Coll dans lesthétique «symphonique»
quil avait lui-même mis au goût du jour, et il serait illusoire
de penser quune restauration, si talentueuse fût-elle, pût
concilier les deux personnalités sonores. Aussi le présent
enregistrement fait-il appel à deux orgues qui peuvent nous évoquer
ce qua dû être linstrument de la Métropole
avant le XIXe siècle. Lorgue de Saint-Antoine lAbbaye,
en Dauphiné, nous donne une image vivante dun idéal sonore
prébaroque qui sincarne dans la musique de Charles Racquet,
tandis que le formidable instrument de Poitiers représente, et de
la manière la plus grandiose, les fastes sonores intacts de lorgue
classique français à son point daboutissement, avec les
couleurs que connurent et aimèrent Calvière et Daquin, et encore
après eux Balbastre, Beauvarlet et Séjan, dans un contexte
esthétique incontestablement plus décoratif que celui de leurs
prédécesseurs, mais qui ne nous semble pas pour autant prêter
le flanc à certains reproches de légèreté qui
leur ont été faits par daucuns au nom dun
hypothétique idéal, essentiellement post-romantique, de la
musique sacrée.
-Henri de Rohan-Csermak
(1) Le grand orgue et les organistes de Notre-Dame
de Paris, Béziers, 1980.
Du plus loin de ma mémoire denfant,
jai le souvenir visuel et auditif de lOrgue de la
Cathédrale.
Pendant près de cinquante ans, je men
suis imprégné, souvent à mon insu sans vraiment savoir
que cela me servirait peut-être un jour ou plus justement
jespère, «que je le servirai un jour».
Ce fut pour moi, et cela lest toujours,
La Référence, voire un réflexe. Quand on parle
dOrgue, je pense «Clicquot».
Cette gnose, cette imprégnation de la
beauté (qualité de la conception de la réalisation
mécanique et sonore), ce sentiment que cela ne peut pas être
autrement, cette évidence qui éblouit lil et
loreille, seul le Clicquot de Poitiers a pu me lapporter. Chaque
nouvelle visite au chef-duvre apporta une joie nouvelle, ne serait-ce
que par la découverte du détail que lon navait
pas encore remarqué.
Mais quelle angoisse de prendre la
responsabilité de le restaurer. En fait, après réflexion,
il ne sagissait pas de restauration, ni même de relevage, mais
de dépoussiérage et de recherche du ton initial et du
tempérament.
Deux années durant, lOrgue a
été muet et chaque jour ou presque, jappréhendais
la remise en harmonie de linstrument - Ma mémoire est-elle
infaillible ?
Je ne serai rassuré vraiment que dans
quelques années, quand en entendant le Clicquot sonner, je rechercherai
mes souvenirs denfance.
Quelques mots seulement de la technique :
Nayant pas subi loutrage des ans, des modes, ayant toujours
été respectés par les Facteurs dOrgues, et,
principalement par Robert Boisseau, notre intervention sest limitée
au débosselage des tuyaux. Il est difficile daffirmer que le
tempérament soit celui dorigine. Pour le ton, cest plus
évident, mais nous nous sommes efforcés de retrouver une
«certaine vérité historique».
-Jean-Loup BOISSEAU
Le grand orgue «Clicquot» a été
commandé par le Chapitre de la cathédrale en 1787 et livré
en 1791. Il a failli être brulé en 1793 pendant la
Révolution.
En effet, de 1793 à 1795, la cathédrale,
devenue temple de la Raison, connut des assemblées républicaines
et des fêtes révolutionnaires. Tandis que labside et la
partie orientale du chur servaient de dépôt de barriques
de vin pour les militaires, on dansait dans le grand vaisseau central au
son du grand orgue Clicquot encore tout neuf. Des révolutionnaires
exaltés parlaient dy mettre le feu. Pour le sauver de la
destruction, lorganiste eut la présence desprit dy
jouer la Carmagnole et la Marseillaise.
«Cet orgue est les résultat de plus
de 130 ans dateliers de la famille Clicquot ; cest une des gloires
de la facture française et lon vient du monde entier admirer
ce chef-duvre. Son renom lui vient aussi bien de ses admirables
sonorités que de la perfection de sa réalisation matérielle.
Relevant de lesthétique classique française, on y trouve
: le grand-Plein-jeu éclatant des Trompettes, Clairons et Bombardes
dune qualité et dun équilibre uniques au monde.
Mais les détails valent les ensembles et on ne saurait omettre de
mentionner les Flûtes, Nazards, Cornet, Voix Humaine et Cromorne,
poétiques ou goguenards, pittoresque ou tendres.
«La tuyauterie est en étain riche et
martelé, la mécanique suspendue et les buffets en chêne
de Hollande, immergé en eaux saumâtres, sont dune
exceptionnelle qualité. Partie sonore ou confection matérielle,
tout appelle le qualificatif de chef-duvre.»
Lorgue est donc en Grand Seize Pieds, comme
le précise F.-H. Clicquot, cest-à-dire que son tuyau
de façade le plus grand fait entendre un son dont la longueur donde
avoisine cinq mètres.
Notre première approche se fera avec la
console. Les quatre claviers manuels dorigine, enserrés dans
un bâti de chêne plaqué débène
rehaussé de baguettes divoire, frappent le visiteur par la couleur
éclatante des touches plaquées dos et la finesse des
hautes feintes noires. Si laccouplement «à tiroir»
a été conservé, le pédalier «à la
française» a disparu en 1871, remplacé par un autre, moderne
(et plus confortable), le banc dorigine, lui, est encore là.
De chaque côté des claviers, quarante-six boutons de registres,
avec les étiquettes dénominatrices, sont disposés dans
un désordre plus apparent que réel, dix-neuf jeux au Grand-Orgue,
douze au Positif, quatre au Récit, trois à lEcho, six
à la Pédale.
Devant les claviers, on aperçoit le départ
des vergettes des Grand-Orgue, Récit et Echo; la mécanique
en est en effet «suspendue», celle du positif est
«foulante» sous les touches du clavier, puis basculante (montée
sur chevalet, sous le parquet, et actionnant directement la laye du Positif).
LEcho, sil a des vergettes, est commandé par des bascules
en éventail, ce qui supprime labrégé (laye
inversée). Les vergettes sont en chêne, les crochets, en bout,
en laiton. Les abrégés, les claviers manuels sont plats ; ceux
de la Pédale «en brisure», cest-à-dire que
le mouvement transmis par un premier abrégé est communiqué
par une pointe, en bout de chaque rouleau, à une autre pointe située
en bout de rouleau dun second abrégé formant un angle
droit avec le premier. Chêne et fer sont les seuls matériaux.
Tous ces éléments sont dans le soubassement de lorgue,
et accessibles à souhait.
Au positif, pour les basses non chromatiques, on
a eu recours à ce qui était encore assez nouveau à
lépoque ; les rouleaux entièrement métalliques
aux extrémités recourbées à angle droit, tenus
par des «cavaliers» et aplatis en palettes. Dispositif de
fonctionnement parfait, qui a lavantage dêtre très
plat.
On aperçoit aussi les porte-vent venus de
chaque côté de la tribune. A lorigine, il y avait deux
alimentations en vent : lune composée de cinq soufflets
cunéiformes, destinée au Grand-Orgue, au Récit et à
lEcho, située au Sud ; lautre, au Nord, avec quatre soufflets,
destinée à la Pédale et au Positif. Les soufflets mesuraient
quatre pieds sur six et donnaient (dès lorigine) une pression
de plus de 120 mm : ils ont été remplacés par Merklin
en 1871 au profit dune soufflerie à plis compensés, un
réservoir au Sud, un autre au Nord. Aujourdhui la pression est
de 125 mm, nécessitée par des porte-vent (dorigine)
très étroite, de 20 cm sur 15 cm. Les deux réservoirs
alimentent lensemble de lorgue ; il y a donc une unique alimentation.
Sur chacun des porte-vent qui arrivaient des soufflets cunéiformes,
il y avait un Tremblant ; tous les deux étaient du même type,
à vent perdu. Un seul suffit aujourdhui.
Quand nous aurons dit que dans le grave du Grand-Orgue
et à la Pédale, les soupapes sont doubles (double gravure),
que les sommiers sont peu épais (6 cm), il restera à parler
de la tuyauterie.
Les quarante-quatre jeux de lorgue forment
un total de 3 018 tuyaux ainsi répartis : 1 465 au G.O., 1 020 au
Pos., 272 au Réc. ; 102 à lEcho et 159 à la
Pédale. Certains jeux sont incomplets : les Cornets (G.O et Pos.)
sont des Dessus en Ut 3 , la Montre du Positif ne parle quà
partir du Fa 1 (les cinq premières notes empruntées sur Bourdon
8), le Second Huit Pied du G.O du Fa 1. également (quoique sa
tuyauterie soit complète , la basse en façade) et le Second
Huit Pied du Pos parle du La 2.
Trois matériaux ont été
employés à la confection de la tuyauterie : létain,
le plomb et le bois (chêne). Les bases de Bourdon, de 16 et de
8, la Flûte ouverte de 8 de Pédale sont en bois,
le reste est en métal, soit en «étain fin anglais»
à plus de 90 % détain, «martelé, poli et
bruni», soit en plomb à 10 % détain.
Systématiquement, les pieds des tuyaux sont en plomb, sauf à
la façade, bien sûr. Sont en plomb les Bourdons de tout
lorgue, le Nazard et la Tierce du Positif. Sont aussi en plomb, sauf
dans les grandes Montres, les biseaux de tous les tuyaux de métal.
Dernier détail : lUt dièse
1 parie, chose rare même à lépoque.
Façade : au grand buffet, 52 tuyaux, dont
la tourelle centrale de 9 tuyaux muets ; au Positif, 27 tous parlant (les
tourelles ont 7 tuyaux, chiffre rare en France) ; les tuyaux en façade
nont pas été martelés, mais polis et brunis.
Moins de dix ans après la fin de ses
études musicales, Olivier Latry, né en 1962 à Boulogne
sur Mer, est déjà considéré comme lun des
organistes les plus marquants de sa génération.
Organiste de la Cathédrale de Meaux de 1981
à 1985, il est nommé par concours, à 23 ans, titulaire
des Grandes Orgues de Notre-Dame de Paris.
Olivier Latry mène parallèlement
une carrière de concertiste qui lamène à se produire
dans le monde entier ; il a été en outre le seul organiste
français invité à participer au congrès biannuel
des organistes américains à Houston en 1988.
In Le Grand Orgue et les Organistes de Notre-Dame
de Paris, published in Béziers in 1980, Mesdames Bernadette
Gérard and Roberte Cathedral across the centuries: «Notre-Dame
always had remarkable choirmasters because of the essential role played by
their vocal music, but it had only second-rate organists. The great interpreters
on that instrument accepted other posts where they could give free rein to
their talents both as virtuosos and as composers and where they had at their
disposal organs that better lived up to their
expectations.»
It is quite true that, between the construction
of the «gothic» organ in 1403 and the work carried out by
François Thierry and François-Henri Clicquot in the 18th century,
the Notre-Dame organ did not by any means have the prestige of the present
one, and it had always been tight-fistedly maintained and restored. This
was in fact such a constant problem that neither Valeran de Héman
nor Alexandre Thierry in the 17th century had obtained a commission to build
a new instrument and that from 1403 onward it had been necessary to cover
the pipes with curtains in place of the decorated panelling that was usual
at the time.
As for the organists, however, not one of them
appears to have been «second-rate», despite the often poor state
of their instrument and even though their services were sometimes badly rewarded.
Indeed, unlike what is now the case, they were refused almost all recital
activity, and their role was limited to improvising preludes or versicles
between those sung by the choir - provided that the choirmaster had not been
ordered to compose a mass or a motet «en musique» (i.e., entirely
sung and accompanied by an orchestra, along the lines of those performed
in the Kings Chapel).
Nevertheless, the prestige of the Cathedral must
have already been great enough to draw musical personalities like those presented
on this compact disc - each of whom, during his tenure, was considered a
model of virtuosity and technical mastery. One of the traditions at Notre-Dame
seems to have been that to the majesty of the building should correspond
the decorative organ style of a certain virtuosic brio, about which, as the
Benedictine organ-builder Dom Bedos de Celles once said, «the organist
shows himself off while showing off the instrument».
Such virtuosity is noticeable in the great élan
of the Fantaisie by Charles Racquet (titular organist from 1618
to 1659). Starting from a cantus firmus (i.e., a widely-known Gregorian
melody in long notes - here possibly the Marian antiphon Regina
Cli) presented in the manner of a fugue subject. Racquet ornamented
it with increasingly fast decorative garlands to attain a real state of
exhilaration. Although we know the names of all the organists at Notre-Dame
from 1392 on, Racquet was the earliest of whom a work has come down to us;
this resulted from his fame and above all from his joint efforts with Father
Marin Mersenne, one of Descartes friends and the author of a Harmonie
Universelle, for which, since Mersenne considerated Racquet a
«learned contrapuntist» and even «one of the
most skillful in France», he asked him to compose this Fantaisie
and to draw up models of registration «as examples of what can be
done an organ». The registrations were published, but the Fantaisie
arrived too late and was kept in Mersennes personal collection, now
at the Bibliothèque de lArsenal in Paris.
As in Racquets case, only one organ work
by Antoine Calvière (1695? - 1755) is said to have reached us. For
that matter, it exists solely in a 19th-century copy made by the Belgian
musicologist François-Joseph Fétis, and the attribution to
Calvière is definitely open to question: the anachronistic presence
of a Hautbois stop and especially the Romance-like character of
the naïvely senimental melody in E minor (accompanied by the
Flûte stop and a very ordinary bass line to be played on a
keyboard instrument having a pedalboard) suggest that this is a work from
the late 18th century rather than one by Calvière, whose music must
have sounded much more like that of François Couperin.
After Calvières death and until the
end of the Ancien Régime (i.e., up to the French Revolution),
the organists at Notre-Dame took the habit of playing «by
quarter-years», meaning that at any given time there were four titular
organists being in attendance by turns, thereby permitting each to hold a
second post that was as prestigeous and better paid - for instance, that
of Kings Oganist. Such was the case with Louis-Claude Daquin, an organist
at Notre-Dame between 1755 and his death in 1772, while he was also an organist
at the Kings Chapel from 1739 on. Daquins Livre de Noëls
3 (Book of Christmas Carols) was infortunatly the only collection of
his organ works published during his lifetime and the only works of his that
have come down to us (as if it was not enough for him to lose his own
manuscripts, Daquin also lost those of Calvière which he owned). His
variations on Christmas Carols - improvisations that delighted a Parisian
public of «connaisseurs», who heaped their admiration
on him - were apparently composed not only with a wish to entertain and show
off his brio but also with the intention of preserving the style and dignity
that suited the instrument. He thus composed them «en Duo»,
«en Récit en Taille», or «sur les jeux
dAnches» (on the reed stops ) as in a «grand
Dialogue», to exhibit his virtuosity in a genre often considered
superficial as well as his mastery of the different movements of the traditional
Suite for organ. Rameau, who had been his unlucky competitor,went so far
as to say that Daquin had been able to «keep to the majesty and
gracefulness called for by the instrument.»
René Drouard de Bousset and Charles Alexandre
Jolage were appointed simultaneously with Daquin, but nothing is known about
them except their names and dates. The fourth «titulaire», a nephew
of François Couperin the Great, was Armand-Louis Couperin (1727-1789).
Unlike Armand-Louiss very lively harpsichord pieces, his
«Dialogue entre le Hautbois et le Basson» is too typical
of the «Style Galant» to allow us to imagine precisely
what his personal organ style may have been like.
When Drouard died in 1760, he was replaced by
Charles-Bénigne Balbastre (1727-1799), whose double given-name bears
traces of his Dijon origin. Balbastre was a favorite of the churches and
the salons. He was also, par excellence, the musician of the transition
between two epochs: that of the harpshichord and that of the fortepiano -
the new instrument that Voltaire complained sounded like «a
boilemarkers shop.» Balbastres Noël were often
conceived more for the fortepiano than for the organ or even the harpsichord
(let us recall that Madame du Deffand, the well-known protectress of the
Encyclopédistes - Diderot, dAlembert, and so many others
- once invited Balbastre to her home to have him lay Noëls
for her on the fortepiano). As for the pieces he had written while still
in Dijon, they had brought into the classical language of French organ music
«galant» echoes of opéras-comiques, but
the Air included in this program is just as characteristic of the
style and form of pieces for the harpsichord.
For the generation of Balbastre and Jean-Jacques
Beauvarlet-Charpentier (1734 - 1794), the passage from the instrumental language
of the harpsichord to that based on fortepiano techniques was paralleled
by the passage from the Ancien Régime to the
«tornado» of the Revolution - which, alas, was far worse than any
descriptive formula can suggest. Beauvarlet, who replaced Jolage, began by
publishing religious music (Masses and Magnificats that
were collected in the instalments of a «Journal
dOrgue») in the same «galant» style as
Balbastre, and he, too, wrote Noëls. Both would soon improvise variations
on other themes: by then the problem was to demonstrate their patriotic fervor
by playing, instead of plainsong or canticles, the repertoire of revolutionary
songs. Thus, new aesthetics were born, in which naïvely imitative effects
of cannons and thunder evoked «the Fatherland-in Danger»
while, in the tradition of the Noëls, it was possible to write
variations on La Marsellaise or on «Ça ira»
(and, in the case of Balbastre, on both at the same time). In this way, new
and essentially descriptive narrative genres appeared, sometimes entitled
Batailles (Battles), which clearly announced Romantic program music
and were played, as circumstances permitted, either on the organ or on the
fortepiano, occasionally with a violin accompaniment. Before Beethoven adapted
this genre to the orchestra. Beauvarlets son had made a speciality
of it, as also did the last representative of a great family of musicians,
Gervais-François Couperin. This entire repertoire could be played
either on the fortepiano to stimulate, at home, the citizens
sans-culotte enthusiasm or on the organ during excessively solemn
ceremonies that oddly aped the old liturgical rites they had replaced. It
was with pieces such as La Marche des Marseillois that organists
like Balbastre (probably more from an instinct of self-preservation than
from real conviction) saved their lives and their instruments from the purges
of Liberty - in whose name (as Madame Roland said on her way to the guillotine)
so many crimes were committed.
From all this period emerged a type of expressiveness
that was unknown to earlier generations but that younger artists easily adopted.
There was, for example, Nicolas Séjan (1745 - 1819), who was deprived
of his post at Notre-Dame between the beginning of the Revolution and the
restoration of the Monarchy. His Noël Suisse showed his attachment
to old genres, although he knew how to add fashionable pathos to his music
and, under Napoléons Empire, was generally considered the last
representative of the great classical organ tradition. This explains why,
in the interval before returning to Notre-Dame in 1814, he had become the
organist of the église des Invalides and the first Professor
of Organ at the Paris Conservatory. César Franck would study with
one of his pupils, and we can thus imagine that their exists, if not a real
tradition, a direct linkage from masters to pupils between the organists
of the past and those of the present.
Dare we say the same thing about the Grand Organ
of Notre-Dame Cathedral? Of course it still contains some of Thierrys
and Clicquots pipes, but the whole instrument was completely overhauled
in accordance with Aristide Cavaillé-Colls 19th-century, purposely
«symphonic» aspirations, and it would be illusory to think that
any restoration can juxtapose two irreconcilable sound worlds. For this reason
the present recording was carried out on two instruments that are in fact
able to conjure up the sonic personality of the Notre-Dame organ before the
Romantic period. The organ of Saint-Antoine-lAbbaye (in souhteastern
France, approximately halfway between Grenoble and Valence) gives us a vivid
image of the Baroque and even pre-Baroque sonic ideal embodied in the music
of Charles Racquet, whereas the large Clicquot instrument in Poitiers represents
for us, in a truly grandiose manner, what may have been the sonic splendors
of the classical French organ at its peak, the instrument Calvière
and Daquin knew well and wrote for, as did after them Balbastre, Beauvarlet,
and Séjan, in an aesthetic context and a style which was different
- and probably less perfect - than that of their predecessors but which in
no way justified the sarcastic remarks showered upon it by abusive musicologists
in the name of some artificial, post-Romantic conception of what religious
music should be.
-Henri de Rohan-Csermark
Translation by Robert Cushman
As far back as my distant childhood, I can
recall the aspect and the sound of the Poitiers Cathedral organ.
I steeped myself in it for nearly fifty years,
often without consciously doing so and without realizing that it might perhaps
be useful to me some day, or - more exactly, I hope - that might be useful
to it.
The Clicquot organ has always been for me the
standard, the automatic reference : when someone speaks of an organ, I
immediately think of a Clicquot.
This initiation, this steeping in beauty (cf.
the excellence of the sonic and mechanical design and workmanship), the feeling
that nothing could have been otherwise, the evidence that dazzles the eye
and the ear have only been given to me by the Poitiers Clicquot. Every new
visit to this masterpiece brings me new joy, if only from the discovery of
a detail I had not noticed earlier.
But what anguish to take responsibility for
restoring it! In fact, upon reflection, what was involved was not restoring
or even renovating it, but dusting it off and finding the original pitch
and temperament.
For two years the organ was silent, and almost
every day I worried about carrying out its voicing. Was my memory
infallible?
I would not really be reassured until several
years later, when I heard the Clicquot again and could call back my childhood
memories.
A few technical explanations : since the organ
never suffered from the ravages of time of fashion and had always been respected
by organ-builders - and especially by Robert Boisseau - our action was limited
to «taking the dents out of certain pipes». It is difficult (perhaps
impossible) to affirm that the temperament is now the original one. As for
the pitch, that was easier, but we made an effort to return once more to
a certain historic thruth
-Jean-Loup Boisseau
The large Clicquot organ was commissioned by the
Poitiers Cathedral Chapter in 1787 and completed in 1791. It nearly went
up in smoke in 1793, during the Revolution.
In fact, from 1793 to 1795 the Cathedral was
«Temple of Reason» and the scene of various republican meetings
and revolutionary festivities. The apse and the eastern part of the choir
were used to store soldiers wine casks, and people danced in the nave
to the sound of the brand new Clicquot organ. Some fervent revolutionaries
indeed spoke of setting fire to the instrument, but the organist had the
presence of mind to play La Carmagnole and La Marseillaise
on it, thereby saving from destruction.
This organ was the result of over 130 years of
work by the Clicquot family: it is one of the glories of French organ building,
and people come from all over the world to admire its admirable sonorities
as well as the perfection of its design and workmanship. A paragon of the
classical French organ, it boasts a grand Plein-jeu of colorful
firmness, strong, singing foundation stops; savory Tierce stops
of a homogeneous warmth, and especially a brilliant Grand-jeu de
Trompettes, Clairons, et Bombardes of an excellence and a balance
unmatched elsewhere. But the solo stops are as marvelous as the combinations
and mixtures : here we must not forget the Flûtes, Nazard, Cornets,
Voix Humaine and Cromorne - some poetic, some humorous, some
picturesque, some tender.
The hammered pipes rich in tin, the suspended action,
and the organ cases in brine-soaked Dutch oak are all of exceptional
quality.Whether as to sonority or as to physical workmanship, everything
contributed to its being recognized as a masterpiece.
As François-Henri Clicquot once pointed
out, the organ in the Cathedral of Poitiers is a «Grand Seize
Pieds» instrument - that is, its tallest display pipe gives off
a tone having a wave-lenght of 16 feet or nearly 5 meters (in fact, it is
longer than 16 feet because the «foot» of the pipe alone is over
one meter or 3 feet tall, as well as for visually aesthetic reasons; also,
above the «foot», the «body» of the pipe goes beyond
the length of the wave stopped by the tuning slot opening at the back of
the pipe and rises to the top of the «round-tower.» As a result,
its overhall height is about 7 meters or some 21 feet and it weighs approximately
100 kg. or 220 lb.).
Let us first consider the console. Enclosed within
a framework of ebony-veneered oak embellished with stripes of ivory, the
four (original) manuals strike the visitor by the vivid aspect of their
bone-veneered white keys and their elegant black keys. Although the «shove
coupler» was retained, the French-type pedalboard was dismantled in
1871 and replaced by a more comfortable, modern one. The original organ bench
is still in place. On both sides of the keyboards are seen 46 drawstops with
their identification labels, arranged in an apparent yet deceptive disorder
(the arrangement was conceived so that only two quick movements - one to
the right, one to the left - are needed to select any standard registration):
19 drawstops for the Grand-Orgue, 12 for the Positif, 4
for the Récit, 3 for the Echo, and 6 for the
Pédale (there are also 2 drawstops for tremulants).
In front of the keyboard can be seen the heads
of the trackers for the Grand-Orgue, Récit, and
Echo: their action is «suspended». The Positif
has a «sticker» action beneath the keys of the manual, followed
by a backfall action (which is run on a comb-rail under the floor acting
directly upon the pallet box of the Positif). Although the Echo
has trackers, its backfall action is «splayed», thereby suppressing
the need for a rollerboard (inverted pallet box). The trackers are of oak,
and the hooks on the ends of the trackers of brass. The rollerboards of the
manuals are flat; those of the Pédale are «en
brisure» - that is, the movement transmitted by a first rollerboard
is relayed by a «pin» at the end of each roller to another
«pin» located at the end of the roller of a second rollerboard
and forming a right angle with the first. The only materials used are oak
and iron. All these items are located in the lower case of the organ and
are readily accessible.
On the Positif, a device was utilized
for the non-chromatic low notes that was still rather new at the time: the
metal rollers are held in place by «staples» and each extremity
is bent at a right angle and flattened. This device works perfectly, and
its overall flatness is very advantageous.
Also visible, on each side of the organ gallery,
are the wind-trunks. Originally there were two wind supplies: one located
to the south composed of five wedge bellows supplying the
Grand-Orgue, the Récit, and the Echo, the
other to the north with four bellows supplying the Pédale
and the Positif. These bellows measured four feet by six and provided
a wind pressure of 120 mm (4 inches); Merklin replaced them in 1871 by
compensated bellows, with one reservoir on the south side and another on
the north. Today the wind pressure is 125 mm. (5 inches), which was required
by the very small-bore - measuring 20 by 15 cm. (8 by 6 inches) - of the
wind-trucks (original). Now the two reservoirs supply the entire organ, and
there is thus a single wind-supply. On each of the wind-trucks coming from
the original wedge-bellows there was a fast tremulant, but only one is necessary
today.
Let us mention that, for the low notes on the
Grand-Orgue and the Pédale, the pallets are double (double
grooves), and the wind-chests are not thick (6 cm or 2 3/8 inches).
The pipes remain to be considered. The 46 drawstops
activate a total of 3,018 pipes distributed as follows: 1,465 in the
Grand-Orgue, 1,020 in the Positif, 272 in the
Récit, 102 in the Echo, and 159 in the
Pédale. Some of the stops are incomplete: the
Cornets (on the Grand-Orgue and the Positif) are
actually Dessus from c upwards; the Montre on the
Positif only speaks from F (the five lowest notes are
«borrowed» from the Bourdon Huit Pieds); the Second
Huit Pieds on the Grand-Orgue also speak from F (although the
low pipes exist among the display pipes), and the Second Huit Pieds on
the Positif speaks from A.
Three materials were used in constructing the pipes:
tin, lead; and wood (oak). The low pipes of the 16 foot and 8 foot
Bourdons (all the high pipes of the Bourdons have
«chimneys», the 16 foot stopped Flûte on the
Pédale, and the low pipes of the 8 foot open
Flûte on the Pédale are of wood; the others
are of metal - whether of «hammered, polished, and burnished, fine English
tin» (i.e., a higher than 90 % tin alloy) or of lead with 10 % tin.
The feet of the pipes are systematically of lead, except, of course, in the
case of the display pipes. All the Bourdons of the entire organ
are of lead, as are the Nazard and the Tierce of the
Positif. The languids of all the metal pipes (except the large display
pipes) are also of lead.
Another detail: the C# pipes speak; this was rate,
even at the time.
The display pipes in the main case include 52 pipes,
9 of which are in the central round-tower and are non-speaking. Those in
the Positif include 27 pipes, all of which speak (each of its
round-towers included 7 pipes, which is unusual in France). The display pipes
were not hammered but were polished and burnished.
-Jean-Albert Villard
Translation by Robert Cushman
Olivier Latry was born in 1962 in Boulogne sur
Mer, France. Within ten years of completing his musical studies he was already
considered one of the leading organists of his generation.
From 1981 to 1985 he had been the organist of the
Cathedral of Meaux, and in the later year, at the age of 23, he had won the
competitive examination that led to his appointment as titular organist of
the Grand Organ in Notre-Dame in Paris.
Olivier Latry has simultaneously followed the career
of concert performer, giving recitals worldwide. Furthermore he was the only
french organist invited to take part in the biennal American Guild of
Organist Convention in Houston, Texas in 1988.
-Translation by Robert Cushman
COMPOSITION
DE GRAND ORGUE
«CLICQUOT»
DE LA CATHEDRALE SAINT-PIERRE DE POITIERS
SPECIFICATIONS OF THE LARGE CLICQUOT ORGAN IN POITIERS,
FRANCE
La composition en jeux donnée ici est celle
dorigine. Celle de 1969 diffère en ceci : la Seconde Trompette
a été déplacée dune octave (par Dallery
?) et sonne en Bombarde 8-16 (la première octave et le dessus
étant de Clicquot, la seconde venant très problablement dun
autre orgue ancien déposé par Dallery à la fin de la
Révolution). Autre modification : la flûte de lEcho est
actuellement harmonique et sonne en 4 ; on peut attribuer cette octavation
à Henry ou à Mecklin même si le XVIIIe siècle
a connu ce procédé (voir Dom Bédos). Ces détails
exposés, tout le reste est dans létat de 1290.
We list below the original specifications.
The 1969 specifications differ from them only as follows. The Seconde Trompette
was lowered an octave (by Dallery ?) and now sounds as a Bombarde Huit Pieds;
the lowest and highest octaves are by Clicquot, whereas the second octave
very probably came from another old organ dismantled by Dallery at the end
of the French Revolution. Another modification: the Flûte stop of the
Echo Organ is at present «harmonique» and sounds like a 4-foot
stop; this modification can be attributed to Henry or to Merklin even though
such a procedure was known in the 18th century (cf. Dom Bedos). Except for
these details, everything else remains as in 1790.
POSITIF (CHOIR ORGAN)
Ut 1 à Ut 5 (C -c)
Montre 8
Second Huit Pieds
Prestant 4
Doublette 2
Plein jeu VII
Bourdon 8 |
Nasard 2 2/3
Tierce 1 3/5
Grand Cornet V
Trompette 8
Clairon 4
Cromorne 8 |
GRAND-ORGUE (GREAT ORGAN)
Ut 1 à Ut 5 (C-c)
Montre 16
Montre 8
Second Huit Pieds
Prestant 4
Doublette 2
Fourniture V
Cymbale 4
Bourdon 16
Bourdon 8 |
Nasard 2 2/3
Quarte de Nasard 2
Tierce 1 3/5
Grand Cornet V
1re Trompette 8
2e Trompette 8
1er Clairon 4
2e Clairon 4
Voix Humaine 8 |
RECIT (SOLO ORGAN)
sol2 à Sol5 (g - c)
Flûte 8
Cornet V |
Trompette 8'
Hautbois 8 |
ECHO (ECHO ORGAN)
Ut1 à Ut 5 (C - c)
Bourdon 8
Flûte 8 |
Trompette 8
|
PEDALE (PEDAL ORGAN)
Flûtes :
Ut1 à Ut3 (C - c)
Flûte (bouchée) 16
Flûte (ouverte) 8
Flûte (ouverte) 4 |
Anches (Reeds)
La0 à Ut3 (AA -c)
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4 |
Une nouvelle prise de son : le système
TTL
Inscrire le son dans son contexte naturel, lui
préserver sa couleur dorigine, sans recours à des
procédés de prise et de correction du spectre sonore propres
à le dénaturer, tel est lapport exceptionnel du système
TTL. Remarquablement adapté à lenregistrement de musique
pour orgue pour lequel il fut conçu et développé, le
système 4TTL7 permet, grâce à un procédé
unique de "spacialisation du volume sonore", de focaliser linstrument
afin den tirer toute la quintessence et dexploiter plus encore
les ressources dynamiques de lenregistrement numérique.
Enregistrements TTL réalisés
les 17, 18 et 19 mars 1995.
Recording Asst. : Jean Maya
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